vendredi 19 juin 2009

Pérou : massacres d'Indiens ... et de la nature.


J'ai reçu ceci, d'une amie qui connaît les réalités locales. Les grands média d'information ont d'ailleurs fait écho aux terribles heurts qui se sont déroulés dans la région de Bagua et ont fait au moins 34 morts. Police et représentants des indiens s'accusent mutuellement d'avoir déclenché la violence et d'atrocités. Depuis, le décret contesté a été suspendu par le Parlement du Pérou, réuni en session extraordinaire, et le gouvernement s'est engagé à revoir la législation contestée, ce qui n'est pas une raison pour ne plus soutenir l'action des mouvements indigénistes, au contraire. Le président Garcia a simplement dit qu'il fallait "aller plus lentement". Les Indiens se disent lassés des promesses gouvernementales, selon eux jamais tenues :



Le courriel de mon amie :
"Vous avez dû entendre parler des récents évènements qui ont ensanglanté le Pérou...
De violents affrontements ont eu lieu entre des indigènes et l'armée. Le gouvernement péruvien a promulgué des lois qui pourraient autoriser les industries extractives et les exploitations d’agriculture à grande échelle à détruire encore plus rapidement la forêt amazonienne. Ces industries extractives n’ont pas pour effet (je peux vous montrer films et autres documents ramenés de mon séjour là-bas) de profiter aux populations locales ni de préserver l’environnement dans les pays concernés, bien au contraire!. C’est pourquoi les indigènes réclament au nom du droit international de tenir des consultations sur ces nouvelles lois.

Les populations autochtones manifestaient pacifiquement depuis deux mois, exigeant de pouvoir donner leur avis légal sur des décrets qui entraîneront la destruction de l’écologie et des populations de l’Amazonie, et auront sans nul doute des conséquences sur le climat de la planète. Mais la réponse du président Garcia a envoyé des forces spéciales pour réprimer les manifestations par la violence, et a qualifié les manifestants de terroristes !!
Un mandat d'arrêt a été lancée contre le président de l'Association Interethnique pour le Développement de l'Amazonie Péruvienne (Aidesep), Alberto Pizango, que le gouvernement d'Alan Garcia accuse de comportements de délinquant.

Pour avoir rencontré quelques uns de ces peuples en 2006 (les Harambukt, les Shipibo principalement) je peux vous dire qu'ils se battent tout simplement pour pouvoir continuer à vivre. Simplement vivre de et dans leur foret comme ils l'ont toujours fait.... Les dégâts causés par l'exploitation de pétrole et de gaz sont considérables : déforestation, pollution des eaux, du sol, terres stérilisées, stock de poissons diminués, contamination des fleuves, maladies...
C'est extrêmement touchant et bouleversant d'entendre ces gens parler et de voir tout ce qu'ils peuvent subir.
Tout ça pour quoi? pour du pétrole, du soja et du bois tropical ! Pas pour eux hein! non pour nous.
La plupart d'entre vous ont peut etre vu "Home" et ont été émus. Ça se joue en ce moment. Passons au cas pratique !

Je viens de signer une pétition qui exhorte le président Alan García à cesser immédiatement la répression des manifestations autochtones, à suspendre les lois qui ouvrent l’Amazonie aux industries extractives, et à engager un véritable dialogue avec les groupes autochtones.

Vous pouvez signer aussi.
Signer la pétition :
https://secure.avaaz.org/fr/peru_stop_violence
et envoyez une lettre au président péruvien :
http://amazonwatch.org/peru-action-alert.php

Merci !
Vous pouvez penser que ca ne servira à rien... Nous pensons que tous seuls nous n'y arriverons pas!
J'ai quitté le Pérou en 2006 avec de l'espoir, quelques bons résultats avaient été obtenus par les avocats de l'AIDESEP. Aujourd'hui, les contrats d'exploration et d'exploitation pleuvent. Les pistes se tracent inexorablement vidant la foret petit à petit de ses ressources et de ses habitants.
Vous pouvez voir 2 intéressantes vidéo ici où on voit mon ami Gregor d'Amazon watch avec qui j'ai bossé là bas. Il était à Bagua au moment des affrontements.
http://www.youtube.com/watch?v=wLvClIx6g-U
http://www.youtube.com/watch?v=gpu1bKiZ3Tc

L."


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Mots-clef : Pérou, Indiens, Forêt, Amazonie, Garcia, police, massacres

jeudi 18 juin 2009

Michel Moore Sauve (ra) les Etats-Unis.


Michael Moore était un bon cinéaste, le voilà économiste, et conseiller du Président Obama. Enfin presque. Avant "Bowling For Columbine", "Fahrenheit 9/11" et autres brûlots, l'impertinent réalisateur s'était fait connaître avec "Roger And Me", un film décrivant les ravages du chômage à Flint, une ville du Michigan qui vit de l'usine General Motors. Flint, Moore y est né, et sa famille voyait bien le petit Michael entrer un jour dans la firme qui semblait garantir l'emploi dans la région. Bosser chez GM était alors considéré comme une chance. Aujourd'hui General Motors a déposé son bilan.

Mais ce symbole va poursuivre ses activités et se restructurer à l'abri de ses créanciers, grâce à la loi américaine s sur les faillites. Le gouvernement des USA apportera à la société 30,1 milliards de dollars et contrôlera 60 % de son capital. Le Canada et la province d'Ontario verseront 9,5 milliards de dollars, et détiendront 12 % du capital. Mais que va-t-on faire de la firme ? Continuer à vouloir inonder le monde de voitures, en concurrençant les autres constructeurs ? Michael Moore a une meilleure idée, qu'il intitule très simplement :

Mon plan pour General Motors

J’écris ces lignes depuis Flint (Michigan), le berceau de General Motors, entouré d’amis et de membres de ma famille inquiets pour leur avenir et celui de leur ville. Quarante pour cent des logements et des entreprises de Flint sont à l’abandon. Quel serait votre état d’esprit si vous viviez dans une ville où près d’une maison sur deux est vide ? Nous voici aujourd’hui au chevet de General Motors. Le cadavre de l’entreprise n’est pas encore froid et je suis rempli de joie. Il ne s’agit pas d’une joie revancharde vis-à-vis d’une entreprise qui a ruiné ma ville natale et apporté misère, divorce, alcoolisme, détresse physique et mentale aux personnes avec lesquelles j’ai grandi. Je n’éprouve évidemment aucune joie non plus à l’idée que 21 000 salariés supplémentaires de GM vont se voir notifier la perte de leur emploi. Mais vous et moi et le reste de l’Amérique sommes maintenant propriétaires d’un constructeur automobile ! Qui diable peut donc vouloir gérer une entreprise automobile, de nos jours ? Lequel d’entre nous aimerait voir 50 milliards de nos impôts déversés dans le gouffre sans fond de GM pour tenter encore de le sauver ? Soyons clair : le seul moyen de sauver GM est de tuer GM. Mais préserver nos précieuses infrastructures industrielles doit être la priorité absolue. Si nous permettons que nos sites de production automobile soient fermés ou rasés, nous le regretterons amèrement quand nous nous apercevrons que ces usines auraient pu fabriquer les systèmes exploitant les énergies alternatives dont nous avons désespérément besoin. Et quand nous nous rendrons compte que les meilleurs moyens de transport sont le tramway, les trains à grande vitesse et les autobus propres, comment les fabriquerons-nous si nous laissons disparaître nos outils industriels et notre main-d’œuvre qualifiée ? Alors que le gouvernement fédéral et les tribunaux s’apprêtent à “réorganiser” GM, voici le plan que je demande au président Obama de mettre en œuvre pour le bien des salariés, des villes où l’entreprise est implantée et du pays tout entier.

A l’image de ce qu’a fait le président Roosevelt après l’attaque de Pearl Harbor, le président Obama doit dire à la nation que nous sommes en guerre et qu’il nous faut :

1. Convertir immédiatement nos usines automobiles à la production de transports en commun et à l’exploitation d’énergies alternatives.

2. Ne pas mettre 30 milliards de dollars supplémentaires dans les coffres de GM pour lui permettre de fabriquer des voitures. Il vaut mieux utiliser ces fonds pour maintenir les effectifs actuels – et réembaucher la plupart des salariés précédemment licenciés – de manière qu’ils se consacrent à la production des nouveaux modes de transport du XXIe siècle.

3. Annoncer que des trains à grande vitesse sillonneront le pays de part en part d’ici cinq ans. Confier partout la construction des nouvelles lignes de chemin de fer aux travailleurs en quête d’emploi.

4. Lancer un programme visant à doter toutes les villes, grandes et moyennes, de tramways et faire construire les rames dans les usines GM. Procéder systématiquement à l’embauche de main-d’œuvre locale pour l’installation et la gestion de ces transports.

5. Pour les zones rurales non desservies par les voies ferrées, faire produire par les usi­nes GM des autobus économes en carburant et non polluants.

6. Dans l’immédiat, faire fabriquer des véhicules hybrides ou tout électriques dans certaines usines. Il faudra quelques années pour que nous nous habituions aux transports en commun. Quitte à avoir des automobiles, autant qu’elles soient plus respectueuses de l’environnement.

7. Reconvertir certains sites GM désaffectés en unités de production d’éoliennes, de panneaux solaires et autres systèmes exploitant les énergies renouvelables.

8. Accorder des avantages fiscaux aux personnes qui se déplacent en véhicule hybride, en bus ou en train.

9. Créer une taxe de 2 dollars sur chaque gallon (3,79 litres) d’essence pour financer ces programmes. Elle poussera les automobilistes à se tourner vers des voitures moins gourmandes ou à utiliser les nouveaux transports que les anciens ouvriers de l’automobile auront construits pour eux.

Voilà pour commencer. Mais, s’il vous plaît, je vous en conjure, ne sauvez pas GM pour qu’une version réduite de la firme continue de fabriquer des Chevy ou des Cadillac. Ce n’est pas une solution viable à long terme.


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Mots-clef : Michael Moore, General Motors, automobile, économie, écologie, crise, transports en commun

"Got My Mojo Working" (Vidéos), Muddy Waters, Sonny Boy Williamson II etc.


"Got My Mojo Working" compte parmi les (nombreux) classiques du blues immortalisés par Muddy Waters . (Mojo = charme, amulette vaudou, mais aussi, par extension, magnétisme sexuel, séduction). Pourtant, c'est la chanteuse Ann Cole qui enregistra la première cette composition de Preston Foster, mais c'est Muddy qui la fit connaître, et le magazine Rolling Stone classa même sa version en 359ème position parmi les 500 meilleures chansons de l'histoire. Depuis, des dizaines d'interprètes ont pris le relais, mais sans jamais éclipser celle de Monsieur Eaux Boueuses. Mais lui-même interpréta le morceau de façons fort différentes...

La première de ces deux vidéos est extrêmement proche de la version que le disque a fait connaître : pleine d'une énergie proche du rock. Pas d'erreur de casting dans le line-up : Hollywood Fats et Bob Margolin, guitares; George "Mojo" Buford, harmonica; Pinetop Perkins, piano; Calvin Jones, bass; Willie Smith, drums : rien que des pointures. Extrait de l'émission "The Midnight Special", ce tournage date de 1973.



Mais dix ans plus tôt, Muddy avait interprété le même morceau avec un feeling extrêmement autre, plus nuancé. Parmi les musiciens, à l'harmonica, Sonny Boy Williamson II , Willie Dixon à la contrebasse, tricotant à toute allure, et (probablement, car on ne les voit pas assez pour vérifier), Otis Spann au piano, Matt Murphy à la guitare, Billie Stepney aux drums ! Comparez, entre autres, les patterns de batterie des deux versions. Ceci date de 1963 (American Folk Blues Festival) mais est parfois confondu avec la version de 1960 enregistrée et publiée sur disque au Festival de Newport.



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Mots-clef : Blues, Muddy Waters, Sonny Boy Williamson II, vidéos, mojo

Mourir dans l'indifférence à Naples (Vidéo).


Deux morts tragiques, un point commun : l'indifférence dans laquelle elles se déroulent. L'une des victimes est un musicien roumain qui habitait Naples, abattu par une balle perdue de mafieux. L'autre est une travailleuse qui s'est présentée dans un hôpital de Brooklin (New York), un hôpital où se rendent les personnes sans ressources.

Petru Birladeanu, roumain, 33 ans, était une figure connue de la station de métro Cumana, à Naples. Il y jouait d'un petit orgue. Le 27 mai dernier (l'histoire commence seulement à être connue), il passe près de la station avec sa compagne. Au même moment, huit hommes montés sur quatre scooters passent au même endroit. Ils tirent des coups de feu, apparemment pour marquer un territoire à cause d'une rivalité entre des bandes rivales de mafieux. Petru est touché, il assure à son amie qu'il ne s'agit que d'une égratignure et qu'il faut courir se réfugier dans la station. Sur la vidéo, on voit le couple y entrer à 1:07. En fait, la balle qui a atteint le jeune homme a endommagé le coeur et les poumons, Petru titube, puis s'affale. Autour de lui, les passants se précipitent vers leurs affaires, laissent la jeune compagne du Roumain s'affoler, personne ne propose une aide. Une première équipe médicale repart avec un blessé léger, on ne s'occupe de Petru Birladeanu, agonisant, qu'au bout d'une demi-heure, alors qu'un hôpital se trouve à 500 mètres.


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Mots-clef : Naples, camorra, maffia, roumain, métro, Italie

Mourir dans l'indifférence à Brooklin (Vidéo).


Puisque nous avons évoqué l'indifférence qui a entouré la mort d'un musicien roumain à Naples, on peut rappeler un autre exemple d'inhumanité. Celui-ci remonte à voici un an. Esmin Green, 49 ans, a été admise le 19 juin 2008 à la garde psychiatrique du Kings County Hospital pour dépression nerveuse et agitation.

On lui a administré des tranquillisants puis on l'a envoyée dans la salle d'attente. Dans la salle d'attente, ni médecin ni infirmière. Après près de 24 heures à patienter, Elizabeth Green s'écroule sur le sol. Les autres patients ne réagissent pas. Un surveillant entre, la contemple, puis s'éloigne. C'est après le passage d'un second surveillant que du personnel médical intervient (selon certaines sources, la vidéo accélérée visible ci-dessous n'est pas complète, et trois surveillants sont passés avant qu'une intervention ait lieu). Il ne peut que constater le décès. En 2007, une organisation, la New York Civil Liberty Union (http://www.nyclu.org/ ) , avait lancé une action contre ce même hôpital pour conditions d'accueil inacceptables et abus de sédatifs. Les autorités de New York City ont imposé de meilleures conditions de surveillance des salles d'attente, mais selon la New York Civil Liberty Union, les manquements sont toujours graves et nombreux.




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Mots-clef : Brooklin, New-York, hôpital, psychiatrie, décès

mercredi 10 juin 2009

La Lybie, la FN, Amnesty, les partis, les syndicats, et la morale...


Les armes de la FN seront bien exportées vers la Lybie. Onze millions et demi d'euros, cela pèse lourd. Plus lourd, finalement, que les scrupules de Rudy Demotte, qui aura hésité une dizaine de mois, avant de finalement trancher, sous la pression des partis traditionnels et des syndicats. Pas de licence aurait signifié pas de débouché pour ces 3.000 armes fabriquées spécialement pour le régime du colonel Kadhafi. Mais le feu vert wallon ne fait pas plaisir à tout le monde.

Amnesty International "déplore fortement la décision du Ministre Président wallon d'octroyer la licence d'exportation d'armes vers la Libye en contravention avec les règles prévues dans la loi fédérale du 05 août 1991, modifiée en 2003, et dans le cadre de la Position commune de l'Union européenne du 08 décembre 2008 (deuxième critère qui exige le respect des droits humains dans le pays de destination)".

Tout le monde n'a pas cette sensibilité. Les quatre partis traditionnels avaient demandé que le gouvernement wallon octroie à la FN la licence d'exportation d'armes vers la Libye. La ministre Marie-Dominique Simonet (CdH) estime que la Lybie s'est livrée à un travail de réhabilitation. Amnesty estime en revanche que "La Libye reste un pays où les violations massives des droits humains sont largement répandues, y compris les droits syndicaux. La population libyenne ne peut jouir d’aucun droit politique. Les droits fondamentaux y sont constamment bafoués. Aucune instance n’est capable de contrôler si la clause de non réexportation sera respectée ou non. Or certains rapports de l’ONU font état du fait que des armes destinées à la Libye auraient été retrouvées au Soudan".
Mais le commerce des armes reste ce qu'il est depuis longtemps : suffisamment lucratif pour baîllonner les consciences. "Le Soir" publiait le week-end dernier la longue, longue liste des pays qui se sont rués pour vendre du matériel militaire au gouvernement du Sri Lanka, très occupé par une guerre sanglante dont les civils ont largement fait les frais. Premier vendeur : la Chine, mais ce n'est pas la concurrence qui manquait : Israël et Iran, pour une fois d'accord, Pakistan, Russie, Ukraine... Côté européen, européen, la France, l’Italie, le Royaume-Uni, la République tchèque, la Slovaquie, la Lituanie, la Bulgarie, les Pays-Bas et la Pologne ont participé au festin, ceci, note "Le Soir", "en dépit des restrictions imposées par le Code de bonne conduite de l’Union".
Concernant le contrat FN-Lybie, les partis ont invoqué l'intérêt des travailleurs, notamment le risque "de dégâts collatéraux pour d'autres travailleurs" (Christine Defraigne, MR). Si ces partis sont si soucieux des intérêts des travailleurs, pourquoi ne poussent-ils pas la réduction du temps de travail avec embauche compensatoire que réclame la FGTB ?

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Mots-clef : Lybie, armes, FN, Wallonie, Amnesty International, éthique

vendredi 5 juin 2009

Bayrou - Cohn-Bendit : l'engueulade


"A Vous De Juger". C'est le nom de l'émission de débat politique qui a réuni, ce jeudi 4 juin 2009, Martine Aubry, Olivier Besancenot, Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou. Quel aura été le jugement des téléspectateurs sur les deux derniers ? Ceux-ci ont échangé des noms d'oiseaux, et Bayrou a tapé largement sous la ceinture, notamment en faisant allusion à un passage du livre "Le Grand Bazar" concernant la sexualité des enfants, passage que Cohn-Bendit a d'ailleurs désavoué depuis, passage écrit dans un contexte intellectuel extrêmement différent de celui d'aujourd'hui. On ne peut pas dire que le débat européen en sorte grandi...



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Mots-clef : politique, cohn-bendit, bayrou, europe, chabot

jeudi 4 juin 2009

Home Arrive ! (Vidéo)


Home déboule sur nos écrans à l'occasion de la Journée de l'Environnement. Il aura un impact. Un impact énorme. On est déjà encerclés par sa musique (que je trouve sirupeuse et ultra-commerciale, inspirée par ce que la world a de plus bâtard, mais tant pis), on peut regretter que, pour ce qu'on peut en juger avant de l'avoir vu, les vraies racines politiques et économiques de la menace ne sont pas assez dénoncées. Tant pis aussi. Le film d'Al Gore "Une Vérité Qui Dérange" pouvait prêter à des reproches semblables, mais son bilan était certainement immensément positif.
Le film vu par ses créateurs.



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Mots-clef : Home, Arthus, film, environnement

Home : la face cachée ? (vidéo)


"Home" doit bénéficier d'un impact exceptionnel. C'est une bonne chose, même si l'on peut émettre des réserves à l'égard du film, de son esthétisme, d'une vision un peu trop "C'est à nous tous de faire quelque chose" dont était déjà entouré le film d'Al Gore, vision qui risque de dissimuler les vraies clefs du problème. C'est une bonne chose, cela n'empêche pas les questionnements, comme celui-ci.




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Mots-clef : environnement, Home, green business, nous resterons sur Terre.

mercredi 3 juin 2009

Musique Acousmatique : qu'est-ce donc ?


"Tu fais de la QUOI ?" Répéter "De la musique acousmatique" n'éclaire généralement pas l'interlocuteur. Et le terme ne m'éclaire pas non plus tellement, malgré quatre années de pratique plus ou moins assidue sous l'égide de "Musiques et Recherches" et d'Annette Van De Gorne, car il est sujet à diverses interprétations.

Je préfère d'ailleurs parler de musique contemporaine électro acoustique - ce qui généralement ne suffit pas non plus à éclairer la lanterne de mon vis-à-vis. Pourtant ce type de musique est bien vivant, s'exprime à grands coups de CDs, de festivals et de concerts. Plutôt que de disserter, je préfère vous proposer quelques exemples variés pris aux meilleures sources. Vous trouverez facilement des renseignements sur chacun de ces compositeurs. Une remarque pour les musiciens : les sonorités sont bien différentes de celles soi-disant expérimentales proposées par les concepteurs de synthétiseurs... Pour écouter, cliquez ...

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Dieudonné rejeté par - entre autres - le Hamas


Ce n'est pas le grand amour envers Dieudonné et sa liste dans les milieux pro-palestiniens. Le mouvement EuroPalestine avait déjà rompu avec l'humoriste vu ses fréquentations d'extrême-droite, les Indigènes de la République avaient fait de même pour les mêmes raisons, dénonçant la collusion "avec une extrême droite française toujours fière d’avoir torturé en Algérie". Yahia Gouasmi, colistier de Dieudonné, a déclaré lundi avoir eu un contact téléphonique avec le mouvement islamiste palestinien Hamas et le mouvement chiite libanais Hezbollah, qui auraient, selon lui, apporté leur soutien à la liste controversée. EuroPalestine a voulu vérifier en s'adressant au Hamas. La réponse a été cinglante.

Voici le communiqué d'EuroPalestine :
Le Hamas ne soutient pas le "Parti Antisioniste"
Etonnés par les déclarations publiques faites par les candidats de la liste Dieudonné, Soral, Gouasmi, dite "antisioniste", qui affirment avoir le soutien du Hamas, à l’occasion des élections européennes, nous avons pris la peine de poser la question à des responsables du Hamas, dans la bande de Gaza.
La réponse du bureau de Ismaël Hanyeh a été simple et rapide : "Nous ne connaissons pas ces gens-là. Nous n’avons même pas connaissance de l’existence de cette liste. Nous militons certes contre le sionisme, dont l’objectif est de nous chasser de nos terres, mais nous n’avons jamais accordé notre soutien à cette liste. Nous en profitons d’ailleurs pour réaffirmer que nous ne luttons pas contre les juifs, mais contre l’occupant israélien et contre tous ceux qui emploient la terreur pour nous transformer en réfugiés".
Conclusion : c’est mal de raconter n’importe quoi aux gens et de les prendre pour des imbéciles.
CAPJPO-EuroPalestine

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Mots-clef : Dieudonné, Hamas, Europalestine, Palestine, Israël, antisionisme

mardi 2 juin 2009

Elections européennes : une voix d'ouvrier.


"Sûrement, vous avez entendu parler de ces séquestrations de patrons que des ouvriers français retiennent quelques heures ou une nuit parce que ces patrons les jettent à la rue". Celui qui parle n'est pas un habitué des tribunes, mais ses mots font mouche. Il s'appelle Yvan Zimmerman, il est ouvrier à Peugeot-Mulhouse et tête de liste du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) pour les élections européennes dans le Grand-Est de la France. Il était présent à Bruxelles le 15 mai, en solidarité avec la liste anticapitaliste belge LCR-PSL. Parole d'un travailleur.

Meeting LCR-PSL: discours d'Yvan Zimmerman from chris den hond on Vimeo.



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Mots-clef : anticapitalisme, lcr, npa, élections européennes, syndicalisme

La CGSP, les partis, et les élections européennes.

La FGTB (Fédération Générale du Travail de Belgique, l'un des deux principaux syndicats belges) a lancé voici peu une intéressante campagne "Le capitalisme nuit gravement à la santé". Semblablement, la Centrale Générale des Services Publics (CGSP, syndicat membre de la FGTB) fait preuve depuis quelque temps de plus de mordant dans les analyses publiées par son bulletin Tribune. Devant la dégradation des Services Publics, l'énervement monte, y compris face à certaines attitudes du "grand parti frère", le PS. Voici que la CGSP publie une analyse du programme des partis se présentant aux élections européennes de 2009, plus exactement, "quelques morceaux choisis des programmes communs'des partis politiques européens." Un texte qui ne manque pas d'intérêt.

Le syndicat y prend en compte la dimension internationale des formations concernées : il note ainsi que "le CDh qui sur le terntoire wallon, se présente comme un parti centriste, est membre du parti des conservateurs européens qui se positionne clairement à la droite de l'échiquier politique". La CGSP souligne aussi la mollesse d'Ecolo comme du PS face aux orientations de l'Union Européenne entérinées par le Traité de Lisbonne. Enfin, le texte note que le programme de la LCR "n'est pas le moins intéressant". Pour lire ce document, il suffit de cliquer ici.

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Mots-clef : élections, élections européennes, élections européennes 2009, partis, syndicats, cgsp, capitalisme, anticapitaliste

lundi 1 juin 2009

Brother Can You Spare A Dime ? La chanson de la Grande Crise


1929... Une folle bulle de spéculation s'effondre brusquement. Les épargnants, aux Etats-Unis, avaient cru que la valeur des actions ne pouvait que monter, monter encore. Quelques boursiers réalistes comprennent que les cotations ne peuvent plus poursuivre leur ascension, ils vendent, les cours s'effondrent, et le masque de la prospérité tombe. Par millions, les travailleurs se retrouvent chômeurs, vendant des pommes dans la rue, faisant la file pour du pain et de la soupe, et mendiant. "Brother Can You Spare A Dime ? ", "mon frère, tu peux me passer une tune ? ", une ritournelle entendue aux coins de rue qui deviendra un des titres les plus enregistrés dans l'histoire de la chanson. Ici, l'impressionnante version de Al Jolson, enregistrée en public, illustrée d'images de l'époque, et suivie des paroles .


They used to tell me I was building a dream
And so I followed the mob
When there was earth to plow or guns to bear
I was always there right on the job

They used to tell me I was building a dream
With peace and glory ahead
Why should I be standing in line
Just waiting for bread?

Once I built a railroad, I made it run
Made it race against time
Once I built a railroad, now it's done
Brother, can you spare a dime?

Once I built a tower up to the sun
Brick and rivet and lime
Once I built a tower, now it's done
Brother, can you spare a dime?

Once in khaki suits, gee we looked swell
Full of that Yankee-Doodly-dum
Half a million boots went sloggin' through Hell
And I was the kid with the drum

Say, don't you remember, they called me "Al"
It was "Al" all the time
Why don't you remember, I'm your pal
Say buddy, can you spare a dime?

Once in khaki suits, ah gee we looked swell
Full of that Yankee-Doodly-dum
Half a million boots went sloggin' through Hell
And I was the kid with the drum

Oh, say, don't you remember, they called me "Al"
It was "Al" all the time
Say, don't you remember, I'm your pal
Buddy, can you spare a dime?

On me disait que je construisais un rêve
Et donc j'ai suivi la foule,
Quand il y avait de la terre à labourer ou des fusils à porter,
J'étais parfait pour la tâche.

On me disait que je construisais un rêve
Qui menait à la paix et à la gloire.
Pourquoi dois-je faire la file
Pour simplement recevoir du pain ?

Jadis j'ai construit un train, je l'ai fait rouler,
Je lui ai fait faire la course contre le temps,
Jadis j'ai construit un chemin de fer, maintenant il est terminé,
Mon frère, tu peux me passer une tune ?

Jadis j'ai fait monter une tour vers le soleil,
Briques et boulons et chaux,
Jadis j'ai construit une tour, maintenant elle est terminée,
Mon frère, tu peux me passer une tune ?

Jadis nous avions fière mine, dans nos costumes kaki,
La tête pleine de l'air du Yankee Doodle,
Un demi-millions de bottes sont parties vers l'enfer,
J'étais le gamin au tambour.

Jadis, tu ne te souviens pas ? On m'appelait Al,
C'était "Al" tout le temps,
Tu ne te souviens pas ? Je suis ton copain.
Mon frère, tu peux me passer une tune ?


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Mots-clef : "Brother can you spare a dime", Al Jolson, crise, USA, Etats-Unis, 1929, chômage, dépression

vendredi 29 mai 2009

A Bon Chat, Bon Rat


Aïe ! Sous quel prétexte vais-je glisser cette vidéo dans ce blog ? Dans quelle catégorie ? On va pousser un tout petit peu, et décréter qu'elle relève du domaine "Environnement". Ce que je crois d'ailleurs sincèrement, dans la mesure où connaître et aimer les animaux est pour nous un chemin vers une meilleure compréhension de la nature et du monde.

Mais enfin, ma vraie motivation, c'est que tout bêtement, ces images sont craquantes. Quel sentiment pousse ce rat à littéralement poursuivre un chat de ses assiduités ? Perversion sentimentalo-sexuelle ? Le prend-il pour sa mère ? Il est extrêmement collant, et le chat est extrêmement patient ...



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Mots-clef : chat, rat, animaux

jeudi 21 mai 2009

Concert Vidéo à Bruxelles


La vidéo et certaines formes de musique contemporaine sont faits pour s'aimer. Ou du moins essayer. Vous pourrez assister à leurs amours, guidées par des artistes de haut niveau, ce mercredi 27 mai 2009, dans le cadre très agréable de l'Espace Senghor, à quelques mètres de la Place Jourdan, dans la portion piétonnière de la Chaussée de Wavre (N° 366).

Je cède la parole au communiqué : "Ce concert mettra en scène le lien intime qui existe entre la musique et l'image.
Le médium audiovisuel ayant une place extrêmement présente dans le monde d'aujourd'hui, cette soirée permettra d'illustrer à travers les travaux de différents artistes de ce siècle, les multiples façons d'aborder cette rencontre entre l'image et le son, ainsi que les nouvelles formes que peut faire naître cette collaboration.
Que ce soit dans le cadre de la vidéo ou du cinema, la musique peut accompagner, questionner ou provoquer le support, évoluer en parallèle ou en complète contradiction avec l'image.
Il s'agit donc d'une invitation à venir éveiller les deux sens les plus sollicité par notre société,... à jeter un nouveau regard... et à tendre une nouvelle oreille.
Au programme, entre autres :
- "Walk that Way" Vidéo et musique : P.A. Tremblay
- "Amarillo, azul y rojo". Vidéo : Inès Wickmann, musique : Beatriz Ferreyra
- "Presque bleu" Vidéo et musique : Horacio Vaggione
Interprétation spatialisée : Laurent Delforge".
information:
info@musiques-recherches.be
02/354 43 68
Prix:
8€. (étudiants 5€)
Réservation/inscription:
Du lundi au vendredi, entre 9h & 17h30
- Par téléphone: 02 230 31 40
- Par mail: info@senghor.be


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Mots-clef : musique, acousmatique, vidéo, concert, ferreyra, vaggione, tremblay

mardi 19 mai 2009

Taisez-vous, Jacques Sapir !


On se rappelle la phrase fameuse de Georges Marchais en plein débat télévisé, à l'un des journalistes "Taisez-vous, Elkabbach ! " (Il ne l'aurait, soit dit en passant, peut-être jamais dite). Jacques Sapir, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, auteur, collaborateur du Monde Diplomatique et de beaucoup d'autres publications, vient d'en vivre une version plus feutrée, mais tout aussi brutale, alors qu'il accordait une interview à « l'Hebdo des socialistes », bulletin du PS français.

La première question porte sur les délocalisations provoquées par les écarts salariaux entre les nouveaux membres de l’Union Européenne et les anciens. Question suivante, dans le sillage de la première : que penser de l'idée d'une directive européenne qui harmoniserait les conditions sociales et rendrait ainsi impossible le « dumping » social et salarial ? C'est ici que ça se gâte... Laissons raconter Jacques Sapir.
"On ne voit pas comment ni pourquoi ces pays accepteraient de sacrifier cet avantage qu’ils ont sur nous et qui est le produit du « grand marché », tel qu’il fut obtenu par l’acte unique. La règle de l’unanimité rend impossible un tel projet. D’ailleurs, les dévaluations auxquelles ces pays se livrent, et qui ont été tout à fait significatives ces dernières semaines, entraînent une nouvelle baisse du coût du travail qui ne correspond à aucune baisse de la productivité, bien au contraire.

C’est alors que mon interlocutrice me coupe la parole pour me dire qu’il était impossible de passer dans son journal une telle réponse. Elle était certes prête à conserver la première partie de mon interview, mais en aucun cas elle ne publierait la seconde, car elle était contradictoire avec la position du PS. Quand je lui fis remarquer que, n’étant pas militant ni sympathisant de ce parti, je pouvais avoir les positions qu’il me plaisait d’avoir ce qu’elle n’était pas sans ignorer au début de l’interview, elle me répondit qu’elle n’était point là pour faire de l’information mais de la communication."
L'interviewé constate : "Le stalinisme n’est pas mort, mais il a migré vers d’autres cieux politiques. C’est bien à un cas exemplaire de ce que j’ai appelé le « liberal-stalinisme » que l’on est confronté." Il note aussi à quel point le respect de l'Union Européenne telle qu'elle existe est chez les dirigeants du PS un dogme qu'on ne peut égratigner. Et cela démontre qu'une parole dénonçant l'évolution anti-sociale que suit l'Union est de plus en plus nécessaire - mais bien difficile à faire entendre -. Le texte complet de la tribune de Jacques Sapir se trouve ici .

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Mots-clef : Jacques Sapir, PS, censure, Union Européenne, Europe, social, délocalisation

lundi 18 mai 2009

Boycotter Israël ? Oui ! Mais pas bêtement !


Nous n'allons pas discuter en détail ici l'idée (que je soutiens) de mener une campagne pour le boycott des produits israéliens . L'Association Belgo-Palestinienne s'exprime à ce sujet ici . Encore que si boycott il y a, il ne faut pas le mener en se tirant dans le pied. J'ai reçu le courriel suivant :
"Je vous préviens que Colruyt vend des pommes de terre en provenance d'Israël. Elles sont vendues en sac de 5 kg à 4,99 €".

Faites moi plaisir, mettez les dans votre chariot et une fois arrivée à la caisse, vous demandez à haute voix au caissier: 'Monsieur, d'où viennent ces jolies pommes de terre? s.v.pl.?'
> Dès que le pauvre répond: 'D'Israël, Madame'
> Vous lui dites: 'Oh, non, merci Monsieur, elles sont cultivées sur des terres volées, je ne pourrai jamais manger un fruit provenant du vol. Merci'
> Et vous les remettez au caissier.
> Il vaut mieux être à plusieurs et vous remettez toutes vos patates israéliennes au caissier.

Brillante idée : le personnel, qui n'est sans doute pas suffisamment exploité, se retrouvera avec 5, 10, 15, 20 kilos de pommes de terre à remettre en rayon, et l'impression qu'on se fout de lui. C'est fou ce que ça va lui rendre la cause palestinienne sympathique, ainsi qu'aux clients à qui ça va faire perdre du temps.
Si l'on se met à plusieurs, il me semble qu'il serait plus efficace de se placer à l'entrée avec un tract (avec éditeur responsable et "prière de ne pas jeter sur la voie publique") demandant aux gens de ne pas acheter telle marque de pomme de terre pour telle raison...
PS : Ma proposition a donné lieu à l'échange suivant :
-L`un n`empeche pas l`autre...
-Ben non, si ça ne vous dérange pas de rendre la cause palestinienne antipathique aux travailleurs et aux clients.
- Vous m`inquietez Mr Goldsmith,
Les resistants auraient du craindre de se rendre antipathiques et envoyer leurs lettres de reclamations a Berlin!


- Les résistants ne rendaient pas la lutte anti nazie impopulaire. Vous rendrez la lutte palestinienne et le soutien à celle-ci impopulaire. Je trouve culotté de considérer le drame palestinien comme une occasion de faire des farces sur le dos des travailleurs, et ensuite de se comparer aux résistants, par exemple mon grand-père torturé à mort dans une cave de la Gestapo à Liège.
Par ailleurs, avec cette blague de potaches que vous préconisez, vous ne boycottez PAS les produits israéliens : aucun de vos faux acheteurs n'a eu l'intention d'acheter ces pommes de terre, donc le seul tort pratique que vous faites, c'est aux caissiers et aux magasiniers ainsi qu'aux clients. Cela ne change rien pour l'importateur des produits israéliens ni pour Colruyt. Distribuer des tracts incite les consommateurs à effectivement boycotter, c'est à dire faire baisser la rentabilité. C'est cela le but d'un boycott, pas de faire des farces qui font tort à une cause. Je serais ambassadeur d'Israël, je vous encouragerais.
J'essaye enfin de comprendre en quoi cela équivaudrait à "envoyer leurs lettres de reclamations a Berlin!" ???

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Mots-clef : Israël, Palestine, boycott

jeudi 14 mai 2009

Rolling Stones et Dylan (Vidéos) Like A Rolling Stone / Harlem Shuffle


1995... Je vois les Stones à Montpellier. L'excellent site de l' Espace Grammont accueille la tournée Voodoo Lounge et quelque 70.000 spectateurs. Avant les Pierres, la scène est occupée par un groupe +/- folk ; leur chanteur est un petit bonhomme nasillard tout vêtu de noir.

Sa venue a été annoncée dans la presse, mais pas sur l'affiche, et apparemment nous ne sommes pas nombreux à en être prévenus, parce qu'à côté de moi j'entends : "Tieng, c'est une changsong de Dylane"" "Ouais, et le mecqueu, y changte un peu comme Dylane". Moment de flottement, puis " Putaingcong ! C'EST DYLANE !". Après son set, Bob Zimmerman est revenu jammer avec les Stones sur "Like a Rolling Stone". Dans la douceur de la nuit montepelliéraine, un grand moment de bonheur.
Trois ans plus tard, les mêmes se retrouvent, au Brésil, pour le même morceau, dans le cadre de la tournée Bridges To Babylon... Le début du morceau est un peu bordélique, d'autant que le micro de Dylan est beaucoup trop faible. Mais ensuite, tout tombe en place, et Mick épanoui nous envoie dans les gencives un solo d'harmo simple mais qui arrache. Ladies and Gentlemen, the greatest rock'n roll band in the world...






Dans un tout autre genre, sur le très soul "Harlem Shuffle" (créé en 1963 par Bob and Earl), un clip studio des Stones, mêlé d'animations, un peu caricature de certains clips de Michael Jackson. Néons roses, rues mal famées en carton-pâte, mauvais garçons de pacotille, filles de mauvaise vie et d'excellente plastique, et des chats de gouttière tout à fait dans leur élément. Il est vrai qu'ils sont signés par Ralph Bakshi, qui porta jadis Fritz The Cat à l'écran. La version des Stones, sur l'album Dirty Work, date de 1986. And it's foonky, man !



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Mots-clef : Rolling Stones, Bob Dylan, harmonica, Like A Rolling Stone, Harlem Shuffle, vidéo

Danser avec les grands requins blancs !


Des humains qui jouent, dans / sous l'eau, avec de grandes créatures marines, on connaît : par exemple, avec d'aimables dauphins, dont on célèbre souvent la gentillesse à notre égard. Mais avec de grands requins blancs ? Ces sinistres machines à tuer, juste bonnes à se nourrir et à se reproduire, comme nous les dépeignait Spielberg dans "Les Dents de la Mer" ? Pas question n'est-ce-pas ?
Pourtant si. Il est possible de se livrer avec eux à un petit ballet sous-marin. La preuve.
Attention cependant : avant d'imiter le plongeur filmé, lisez les commentaires placés sous la vidéo !



Sur Youtube, ces images ont suscité des commentaires élogieux, mais aussi quelques mises en garde. Des connaisseurs estiment que le plongeur a pris des risques inutiles en s'accrochant à l'aileron et à la nageoire arrière du requin. Celui-ci montre des signes d'agacement et fait même mine de mordre (6:13). Mais rien du comportement de tueur d'hommes que l'on nous a souvent présenté.

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Mots-clef : requin, vidéo, plongeur, grand requin blanc, homme

samedi 9 mai 2009

Finance Islamique : Scandale ? Acceptable ? Normal ?


Une Carte Blanche publiée cette semaine dans "Le Soir" provoque (quelques) remous. Imane Karich, Présidente de l’Association belge des professionnels musulmans (ABPM), y demande au monde politique d'étudier l'introduction en Belgique d'organismes pratiquant la "finance islamique". Cette Carte suscite l'indignation. Enfin, une certaine indignation. Y a-t-il de quoi s'indigner ?

Les cadres et entrepreneurs musulmans se voient selon l'auteure partiellement bloqués dans leurs activités financières parce que "les produits bancaires de la finance conventionnelle proposés en Belgique ne répondent pas à leurs attentes(...)". En effet, les musulmans ne peuvent acheter un bien par le biais d’un crédit traditionnel. (...) puisque l’islam ne reconnaît pas à l’argent le rôle de bien réel et n’accepte donc pas que celui-ci puisse être acheté ou vendu moyennant le paiement d’un intérêt. Ils ont dès lors besoin de trouver une solution. Elle existe et circule de plus en plus dans les sphères économiques européennes : elle s’appelle la finance islamique".

Une finance qui "manque d'intérêt"

Retenons qu'il s'agit, concernant les prêts, d'un système de partenariat, où celui qui prête participe aux bénéfices, mais aussi aux risques. Il ne touche pas d'intérêt prédéterminé semblable à celui dont nous avons l'habitude.
Parmi les arguments évoqués : "l’accès à la propriété privée pour les personnes musulmanes désirant acquérir un bien conformément à leurs souhaits permettra d’augmenter le nombre de propriétaires et de résoudre la crise du logement à Bruxelles". Là, l'auteure m'étonne : dans mon quartier, certains musulmans n'éprouvent apparemment aucune difficulté morale ni financière à acheter des maisons.
Je lis avec intérêt un commentaire de lecteur : "La finance islamique a été pensée en irak dans les milieux chi'ites afin de créer leur propre économie (iqtisâdunâ "notre éco"). En réaction les freres musulmans et les gens du golf ont créé leur version sunnite. L'économie islamique est tout aussi "capitaliste" ce qui la différencie c'est l'élément civilisationnelle. Le but est un repli communautaire et une mainmise sur l'argent de l'immigration. Le coran comporte tout au plus une dizaine de versets relatifs à l'économie au sens large. Le coran insiste sur l'aspect moral de l'économie. Le coran interdit l'intérêt au sens "usuraire". L'ABPM est lié au parti islamiste marocain PJD qui s'est opposé au micro crédit au Maroc. " Un des auteurs de Comprendre l'islam" est "pjdiste " .
Voilà des arguments intéressants qui méritent enquête. Cela dit, à l'argument " Le coran interdit l'intérêt au sens "usuraire"", je trouve une réponse ici : "Dans la pensée occidentale, il existe traditionnellement une distinction entre "usure" et "prêt à intérêt", l'usure étant un prêt à un intérêt très fort. Dans la pensée musulmane il n'existe aucune distinction entre ces deux termes, ceux-ci recouvrant la même pratique".Ce site rappelle également les critiques qui ont frappé le prêt à intérêt dans bien d'autres milieux que les milieux musulmans. Un autre site musulman présente également comme licite le seul prêt sans intérêt. Ce troisième confirme : "Le système financier islamique interdit tout profit fondé sur un taux d'intérêt prédéterminé, et propose un partage des profits ou des pertes." On y apprend aussi que "outre les banques islamiques, les plus grandes banques internationales ont également commencé à développer un secteur islamique: HSBC, Citigroup, UBS, Deutsche Bank, etc. "

Réaction explosive

Mais mon propos n'est pas de commenter la "finance islamique". Il est de m'interroger sur la réaction, certainement représentative d'un milieu, de Nadia Geerts, militante républicaine et du Réseau d’actions pour la promotion d’un Etat laïque (RAPPEL) sur son blog .

Le ton est pour le moins agressif. Sur le fond, l'article adresse à l'auteure de la Carte Blanche, entre autres, les reproches suivants :
- "Culpabiliser les musulmans, très nombreux j’en suis sûre, qui recourent jusqu’ici au prêt à intérêt". Sorry, mais si jamais c'est vrai, il me semble que cela les regarde. Depuis quand les défenseurs de la laïcité - ou la puissance publique - sont-ils chargés d'éviter tout problème moral aux croyants ? En plus, certains théologiens autorisent les musulmans à recourir au prêt bancaire tel que nous le connaissons, pour acquérir des biens nécessaires qu'ils ne pourraient acquérir autrement.
- "Essentialiser les musulmans : un musulman, ce n’est plus quelqu’un qui croit en un Dieu qu’il appelle Allah, avec toutes les infinies nuances et divergences que cela implique quant à la traduction concrète de cette foi. Non, c’est quelqu’un qui respecte le Coran à la lettre, sans aucune mise en contexte." D'abord, il est curieux de vouloir, du haut de son donjon laïque, dire aux musulmans ce qui est bon ou mauvais islam. Deuxièmement, respecter un précepte du Coran ne signifie pas respecter "le Coran à la lettre, sans aucune mise en contexte". Enfin, une chose est de s'opposer à telle lecture d'un livre saint en faveur d'une autre lecture (ce qui est, encore une fois, inattendu d'une source aussi ostensiblement laïque). Autre chose est de prendre position sur la place publique en disant : "Et donc, je demande que ne soit pas permise l'existence de tel type d'établissement financier, ceci en vertu de ma lecture d'une religion. Mais en même temps, je récuse cette religion et toutes les autres".
"- En conséquence, promouvoir le fondamentalisme musulman". Je crains que le blog de Nadia Geerts offre, avec cet article, du gâteau au dit fondamentalisme musulman, par exemple quand on y lit, en caricature du texte paru dans Le Soir : "Autrement dit : il faut d’urgence faire cesser cette situation où, une fois de plus, nous discriminons volontairement ou non des pauvres musulmans qui ne demandent qu’à vivre à la fois comme tout le monde et dans le respect de leur sensibilité islamique." La question des discriminations n'est pas de celles qu'on peut écarter d'un haussement d'épaules, depuis la discrimination à l'emploi au délit de faciès dans les manifestations, et ce genre d'ironie envers les "pauvres musulmans" ne fera qu'empoisonner les blessures, au plus grand profit des pêcheurs en eau trouble.

(PS : Par contre, je ne puis qu'approuver le commentaire ajouté par Nadia Geerts à son propre article : "(...) je trouve assez amusants les scrupules de conscience qui semblent animer certains musulmans lorsqu'il s'agit de refuser le prêt à intérêt, mais pas lorsqu'il s'agit de commercer avec le grand Satan américain et d'engranger ainsi de plantureux bénéfices... ").

L'Inaudible Tonnerre

Nadia Geerts encore : "Et de l’aveu même de Madame Karich, « la finance islamique est une finance éthique développée sur base des principes découlant des sources de l’islam (…) ».
Voilà, elle l’a dit : cette idée géniale découle des « sources » de l’islam. Donc d’il y a environ 14 siècles. Et ce sont des principes datant Mahomet – qui n’est pas Mathusalem, mais presque – qu’elle voudrait voir appliquer au vingt-et-unième siècle.
"
Est-ce un argument dans une discussion où l'on s'adresse à l'autorité politique ? Les musulmans ont le droit de croire à des principes édictés il y a 14 siècles, les chrétiens 20 siècles, les juifs 32 siècles, etc . (A mes yeux d'agnostique, ces idées étaient d'ailleurs déjà erronées il y a 14, 20, 32 siècles ; leur valeur ne dépend pas du "nombre des années"). L'idée qu'on ne doit pas tuer son prochain est encore plus ancienne, on ne la ridiculise pas pour autant. L'autorité politique doit examiner les conséquences concrètes, économiques, sociales, juridiques, de l'autorisation des établissements que Madame Imane Karich appelle de ses voeux, mais elle ne doit pas le faire sur base d'une datation idéologique au carbone 14. On n'a pas à interdire toute pratique privée qui s'appuierait sur une lecture littérale d'une religion. Il convient par exemple de refuser toute place au créationnisme dans l'enseignement, mais ce n'est pas parce qu'il relève d'une lecture littérale ! C'est parce qu'il prétend mettre dans l'enseignement, à la place de la science, une croyance religieuse contraire à la science. Libre à certains croyants, par ailleurs, d'adhérer en privé à cette lecture littérale. Libre à moi de trouver cette adhésion regrettable et de réfléchir aux meilleurs moyens d'y faire face, et l'agressivité ne figure pas parmi ces moyens.
"Tout ce que j’espère, c’est un tonnerre de protestations de musulmans dans les prochains courriers des lecteurs du Soir, disant leur ras-le-bol qu’on les enferme dans une interprétation rigoriste, littérale et passéiste de leur religion, et leur droit de vivre avec leur temps. " La Carte a recueilli en deux jours 4 brefs commentaires, qui ne vont pas du tout dans ce sens, dont deux minuscules. Par ailleurs, je suis un peu étonné d'apprendre que "vivre avec son temps", ce serait emprunter à intérêt - et faire confiance à nos chères institutions financières qui viennent de ruiner une partie de leur clientèle et saignent l'Etat qui leur allonge actuellement des milliards -.

Du Prêt Sans Intérêt à l'Excision ?

Là où Nadia Geerts dérape sérieusement, c'est quand elle en arrive à comparer l'idée de la finance islamique à la pratique de l'excision, de la lapidation, à la limitation du droit à l'héritage des femmes, ou à la validité moindre du témoignage des femmes (sous prétexte que ces pratiques trouvent aussi leur source dans l'islam "littéral"). Faut-il vraiment rappeler des évidences ? Ces pratiques reposent sur une oppression inadmissible, contraire aux droits humains élémentaires. Il ne peut être question de leur accorder un pouce de terrain dans notre société. Les objections au port du voile à l'école sont elles aussi d'un ordre fondamental. Ceux qui sous couleur de relativisme seraient prêts à des concessions préparent la perte d'acquis indispensables, qui relèvent des droits humains et qui ont coûté des dizaines d'années de lutte. Mais l'éventuelle mise en place d'institutions de finance islamique ne me semble - à première vue - pas comparable. Elle n'attente pas à l'égalité femmes-hommes ou à un équivalent. Elle repose sur une condamnation de l'intérêt, ce qui me paraît une idée respectable (j'ignore ce qu'en vaut l'application) qui rappelle plus ou moins l'idée de "placements éthiques" mise en pratique par certaines institutions récentes. Elle n'implique pas de propagande auprès des non-croyants pour une vision philosophique. Elle ne me semble pas mettre en jeu l'espace public. Elle repose sur une vision communautaire ? Oui, mais accepter l'existence actuelle des communautés et raisonner à partir de cette réalité me paraît la seule attitude permettant de lutter contre le communautarisme, qui veut dévoyer cette réalité pour creuser des fractures et manipuler. Si l'on refuse la finance islamique, il faut exiger, me semble-t-il, la dissolution des Mutualités Chrétiennes, Socialistes, Libérales... puisqu'elles font transiter une assurance relevant, elle, de la chose publique (assurance obligatoire maladie-invalidité) par des organismes définis sur des bases religieuses, philosophiques ou politiques, des organismes liés à des communautés.
Attention : ceci n'est PAS un plaidoyer en faveur d'un feu vert à cette "finance islamique", ni d'ailleurs d'un feu rouge : je ne connais pas le problème et espère que ceux qui le connaissent éclaireront notre lanterne. Par exemple, sur ces questions soulevées par un commentaire : "Mais si une telle banque, "confessionnelle", est ouverte à tous, ne tombe-t-on pas dans la concurrence déloyale ? Que demande-t-on exactement, un régime légal spécifique (dérogatoire) pour les musulmans ? "

"Encore Les Musulmans !"

Le raisonnement de Nadia Geerts me paraît surtout exprimer un grand cri d'indignation : "Encore les musulmans ! ". Ben oui, fallait pas les appeler en Belgique - à cor et à cri, rappelons-nous quand même les accords des années 60 avec la Turquie, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie - si c'est pour s'apercevoir ensuite qu'ils sont musulmans, et donc quelque peu différents. Un constat parallèle nous attend au niveau planétaire : ce que nous croyons bon n'est pas bon aux yeux de tout le monde, oh que non. Ce n'est pas une raison pour renoncer à des idéaux, mais nous ne pouvons plus aisément les imposer à l'aide de canonnières, et d'ailleurs nos canonnières ont plus souvent été utilisées pour bafouer des droits que pour en défendre, ce qui crée aujourd'hui, à notre égard, une certaine défiance. C'est regrettable mais compréhensible.
Il nous reste donc à frayer la voie étroite entre l'existence incontournable de communautés et le progrès de la coexistence, le respect de la liberté de religion et la laïcité de l'espace public, et pour les libre-penseurs, la défense de la libre pensée et le dialogue avec les croyants. Pour atteindre ces buts, le style coup de poing me paraît contre-productif.

Documentation : La Finance Islamique Commence A Intéresser Les Entreprises"
Une recherche vous fournira de nombreux articles.

Mots-clef : finance islamique, banque, belgique, immigration, islam, laïcité, "le soir",


mercredi 6 mai 2009

11 septembre : LA Preuve, enfin ?


Ce n'est pas la première, mais cette fois, nous dit-on, c'est pour de bon : un article scientifique prouverait que ce serait bien l'administration Bush qui aurait organisé les attentats du 11 septembre ! La nouvelle et l'article sont recopiés de site en site tels quels. Il est urgent de vérifier tout ça ... Mais nous n'allons pas le faire sur ce blog.


Rendez-vous sur cette page Et si vous voulez prendre le dossier "11 septembre" par le début (ce n'est pas petit) commencez ici .
.
Mots-clef : 11 septembre, attentats, wtc, conspiration, bush, al qaïda

vendredi 1 mai 2009

L'Internationale en anglais (vidéo)



C'est le 1er mai, non ?
Quelques libertés avec l'harmonie originale, un parfum "folk des années '70...
"Then, comrades, come rally!
And the last fight let us face.
The Internationale unites the human race
."
Interprétation : Alistair Hullet et Jimmy Gregory.
L'image représente Eugène Pottier, auteur des paroles originales de l'"Inter"
Les paroles anglaises figurent sous la vidéo.



Verse 1 :
Arise ye starvelings from your slumbers
Arise ye criminals of want
For reason in revolt now thunders And at
Last ends the age of cant
Now away with all your superstitions,
Servile masses arises arise!
We'll change forthwith the old conditions
And spurn the dust to win the prize!

Chorus :
Then comrades come rally
And the last fight let us face.
The Internationale unites the human race,
Then, comrades, come rally!
And the last fight let us face.
The Internationale unites the human race.

Verse 2 :
No more deluded by reaction
On tyrants only we’ll make war
The soldiers too will take strike action
They’ll break ranks and fight no more
And if those cannibals keep trying
To sacrifice us to their pride
They soon shall hear the bullets flying
We’ll shoot the Generals on Our Own Side.

Chorus :
Then comrades come rally...

Verse 3 :
No Saviours from on high deliver,
No faith have we in prince or peer.
Our own right hand the chains of must shiver,
Chains of hatred, of greed and fear.
Ere the thieves will out with their booty
And to all give a happier lot,
Each at the forge must do his duty,
And strike the iron while it's hot!

Chorus :
Then comrades come rally


Mots-clef : Internationale, mouvement ouvrier, internationalisme, 1er mai

No reform, no sex !


2400 ans après sa mort, Aristophane a encore des lecteurs - ou en tout cas des lectrices - . L'auteur grec nous a laissé entre autres une comédie, Lysistrata, qui continue à faire des vagues. Le thème : alors que Sparte et Athènes sont en guerre, la belle et pacifiste Lysistrata en a marre et propose aux femmes des deux camps un moyen de pression qui sera peut-être plus efficace, pour imposer la paix, que les discussions : faire la grève de la sexualité. Après pas mal de rebondissements, les femmes atteignent leur but.

Onze associations de femmes kenyanes, à l'appel de la Women's Development Organization, ont lancé le même mot d'ordre : pas de rapports sexuels si le pays, empêtré dans la crise, ne connaît pas de réformes significatives. Qui plus est, elles remettent un salaire aux prostituées pour que les messieurs ne trouvent pas dans les rues chaudes ce qu'on leur refuse à la maison. La prostitution n'est pas la seule menace : la polygamie est répandue au Kenya, et il faudra beaucoup de solidarité pour qu'une épouse n'accorde pas discrètement ce qu'une autre refuse. Plusieurs milliers de femmes ont juré publiquement de suivre l'appel. Mais ... parmi ces milliers, combien d'épouses de leaders ? Et quel poids auront ces milliers ? Le pays compte presque 35 millions d'habitants.
Ces dernières années ont connu plusieurs grèves du sexe, énumérées ici , et l'auteur y ajoute même une grève du ... thé - en Grande-Bretagne, bien sûr, où les membres du Marylebone Cricket Club refusaient l'accès de leur confrérie aux femmes, priées de rester hors du terrain et de préparer le five o' clock tea à l'intérieur -. Coutume moyenâgeuse ? Que nenni, nous étions en 1990 ! Il fallut neuf ans pour que le club modifie son réglement.
Les Lysistrata kényanes sont moins radicales que leur modèle grecque ou que les "cricket widows" : leur mot d'ordre est lancé pour une semaine. "C'est un peu court, jeune homme" (enfin, "jeune homme" n'est pas le terme) : les réformes risquent d'être bâclées. Or, si le moyen choisi peut faire sourire, l'enjeu n'est pas drôle. Le Kenya a connu en 2008 des affrontements qui ont fait plus de 1000 morts, et patauge dans le chômage et les dissensions.

Mots-clef : Kenya, sexualité, féminisme, politique, grève du sexe,insolite

Vidéos Musicales et Drôles : Animal, Rita Moreno, Buddy Rich


Deux vidéos de l'ignoble et adorable Animal (du Muppet Show), brute au faciès rougeâtre et hirsute qui torturait avec brio une batterie. Ses créateurs se sont paraît-il inspirés de feu Keith Moon, longtemps drummer des Who. Le premier clip le montre en duo avec Rita Moreno, actrice et chanteuse née à Porto-Rico sous le nom de Rosa Dolores Alberio - qui se fit un nom entre autres grâce à son rôle dans West Side Story - . La dernière phrase du clip signifie "Vous êtes mon type de femme".




Mais Animal est un fabuleux batteur - qui fit héroïquement face à un autre fabuleux batteur : Buddy Rich - . Qui a gagné ? Jugez par vous-même. En tout cas, j'ai vu Buddy Rich sur scène : ce n'est pas du trucage, il jouait vraiment comme ça ! Il était donc aussi bon batteur que mauvais coucheur, car son second motif de célébrité était son caractère de cochon. Il avait aussi de la répartie, puisqu'avant qu'il soit opéré, une infirmière lui demanda s'il était allergique à quelque chose, et il répondit "Yes. Country Music.".



Mots-clef : Animal, Muppet Show, Buddy Rich, drums, batteur, batterie, keith moon