jeudi 9 avril 2009

Voile Islamique : Le MRAX Débouté. Et Demain ?


Le MRAX (Mouvement Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie) est dépositaire d'un bel et noble héritage, celui des personnes qui, peu après la Seconde Guerre Mondiale (1950), bouleversées par l'horreur révélée à la libération des camps, avaient fondé en Belgique un mouvement dédié à la lutte contre les haines qui avaient rendu cette abomination possible.
Ce même mouvement avait lutté pour que les travailleurs "importés" en Belgique au cours des années de prospérité se voient reconnus les droits et la considération qu'on leur devait.
Noble et bel héritage que la direction actuelle de ce mouvement a hélas écorné en se lançant, le 3 octobre 2005, dans un combat douteux.

Le MRAX a attaqué les réglements de l'Athénée royal de Gilly et de l'Athénée royal Vauban à Charleroi. Ces réglements interdisent le port du voile et, plus généralement, de "tout couvre-chef et/ou signe ostensible d'appartenance politique ou religieuse" dans ces établissements. La ministre de l’enseignement de l’époque (Marie Arena) les avait approuvés ; le MRAX affirmait que ces textes étaients porteurs de discriminations directes (atteinte aux droits fondamentaux des élèves musulmans) et indirectes (seul le foulard islamique aurait été visé). Le mouvement invoquait, pour agir, son objet social, "l'opposition aux discriminations, aux haines et aux préjugés". Le Conseil d'Etat vient de se prononcer. Il a estimé que les réglements attaqués étaient «loin de porter atteinte" à ces idéaux, et qu'au contraire ils y étaient favorables. La demande du MRAX a été déclarée irrecevable, parce que les réglements attaqués, au lieu d'être contraires à l'objet social du mouvement, ont "pour effet de le rencontrer et de le conforter". Cet avis rejoint celui de très nombreux progressistes : le port du voile porte atteinte à l'égalité hommes-femmes, en imposant à ces dernières une obligation qui n'a pas d'équivalent du côté masculin ; cette obligation repose sur une vision dévalorisante de la femme, réduite à un objet sexuel qui doit se protéger de la lubricité des hommes (pour qui cette vision n'est pas bien plus flatteuse). On peut ajouter que la pression du milieu sur les femmes musulmanes est terrible (lisez certains forums) et que cette "obligation religieuse" n'en est pas une, puisque, souligne la sociologue musulmane Leila Babès ("Le Voile Démystifié"), elle ne figure pas dans le Coran. La question a fait écrire des centaines de pages, nous en avons parlé ailleurs sur ce blog, n'égrenons pas à nouveau un chapelet d'arguments. Mais on peut s'étonner que le MRAX s'étonne de se voir renvoyer ses propres objectifs, et ne semble pas comprendre qu'il se mettait en porte-à-faux par rapport aux priorités que lui donnait sa première présidente Yvonne Jospa : "Lutter contre toute forme d'exclusion".

MRAX : Quelle Évolution ?

Le mouvement belge prend-il consciemment le risque de se décrédibiliser aux yeux de beaucoup d'antiracistes, de la même façon que l'a fait son correspondant français le MRAP ? La façon dont celui-ci s'aligne sur les revendications de certains courants musulmans lui a fait perdre beaucoup de partisans. En Belgique, le MRAX envisagerait de s'adresser à la Cour européenne des droits de l’homme, peut-être au Comité des droits de l’homme de l’ONU... Sa direction doit se prononcer le 22 avril sur ces options. Faut-il voir dans celles-ci une volonté d'exacerber au maximum le débat ? Faudra-t-il que, le dossier étant plus que jamais porté sur la place publique, les féministes et plus généralement les progressistes s'opposent plus frontalement à un mouvement pour lequel ils n'auraient dû avoir que de la sympathie ? Si l'on doit en arriver là, l'héritage des fondateurs aura été tristement perverti.
Cela dit, l'un des arguments avancés par le MRAX mérite qu'on s'y attarde un peu. Voyez l'article suivant ...


Mots-clef : mrax, voile, islam, laïcité, écoles, conseil d'Etat, arrêt, réglements

1 commentaire:

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

VIVE LE VOILE ISLAMIQUE !

Symbole de soumission féminine à une cause archaïque pour les uns, ornement vestimentaire pour les -rares- oiseaux d'envergure dont je fais partie, le voile islamique (que personnellement j'associe au voile marial d'un point de vue esthétique) empêche ses détracteurs de dormir pour la simple raison que, par-delà les prétextes politiques et culturels invoqués, le voile signe l'honnêteté de la femme bien éduquée qui le porte.

La vertu d'une femme de nos jours est considérée comme une régression, une sorte d'attachement pathologique à des valeurs périmées, tant notre "progrès moral" a été bêtement associé à la liberté de faire tout et n'importe quoi.

Nos femmes dévoyées par les chantres de la débauche devraient être jalouses de la dignité de leurs soeurs musulmanes.

Et de leur force de caractère.

Le voile (librement choisi, cela va sans dire) est le dernier rempart de la culture musulmane contre les agressions morales du monde. Les femmes voilées non seulement sont dignes, mais aussi courageuses. J'admire, autant sur le plan esthétique que moral, les femmes qui décemment se couvrent afin de ne point offenser le Ciel en excitant les mâles de la Terre -faibles par nature- avec leurs appas.

Ce voile de pudeur sur leur corps, leur visage, est une seconde peau, chaste, qui honore leur âme.

Le voile non seulement garantit leur vertu mais encore les pare comme des princesses. Artifice sobre des femmes bien élevée, le voile islamique agit comme l'écorce saine du pin : il repousse la mollesse, le vice, la puanteur et attire les hommes de bien. Les premiers trouvent le voile rude, âpre, austère, voire grotesque. Pour les seconds, il est la plus noble des bures...

L'homme sans goût préfère la fanfreluche à la parure monacale et c'est pourquoi il raille le voile islamique, tandis que l'ami des Arts affectionne l'expression noble des mœurs féminines.

Le voile islamique est un signe de grande classe féminine.

Raphaël Zacharie de IZARRA
raphael.de-izarra@wanadoo.fr