"Je crois que chaque enfant d'Amérique a droit à des repas scolaires frais et nourrissants, et que chaque famille mérite une nourriture vraie, honnête, complète. Trop de gens sont victimes de ce qu'ils mangent. Le temps est venu d'une révolution nationale. L'Amérique doit entrer en lutte pour une meilleure nourriture !" Sympathique profession de foi. Mais celui qui l'a lancée n'est pas très bien reçu. L'obésité est un problème national aux Etats-Unis, paradis de la malbouffe. L'épicentre de celle-ci se situe en Virginie, à Huntington. Près de la moitié des adultes y sont obèses. Diabète et accidents cardio-vasculaires y battent des records. La chaîne de télévision ABC tente une opération sauvetage, bien sûr réalisée localement mais diffusée nationalement. Le «Jamie Oliver’s Food Revolution » , télé-réalité culinaire et pédagogique, a pour star Jamie Oliver, un cuisinier qui officie entre autres sur la BBC. Le voilà chargé, après avoir déjà mené campagne en Grande-Bretagne, de bouleverser les moeurs alimentaires des élèves de Huntington - et de là, celles des USA. Arrivé sur place, il a été confronté à une situation pire que ce qu'il imaginait. La Suite De L'Article :
A l'école, la pizza est servie dès le petit déjeuner. Ce que les enfants connaissent le mieux comme nourriture : hamburgers, nuggets, beignets et autre fast-food. Quand on leur montre des tomates, ils disent qu'il s'agit de pommes de terre. Distribuer des couteaux à table crée l'inquiétude : on n'en utilise généralement pas, puisque les nourritures molles se consomment avec les mains. Oliver fait venir devant l'école un camion rempli de graisse pour faire comprendre aux écoliers que cette masse équivaut à la consommation annuelle de la cantine. Mais le dégoût suscité alors ne suffit pas pour ensuite changer les habitudes alimentaires. Un sondage réalisé par l'université de Virginie Occidentale dans l'école-test montre que les élèves préfèrent à 80% leur façon habituelle de s'alimenter. Depuis que Jamie Oliver a fait modifier les menus, une partie des enfants a simplement cessé de fréquenter la cantine scolaire. Auprès des adultes, l'accueil n'a pas l'air plus chaud, même si des spécialistes signalent aux parents que leurs enfants voient leur espérance de vie raccourcie par leur alimentation, même si l'on montre un garçon dont le médecin dit que si son alimentation ne change pas, il risque de mourir entre l'âge de 30 et l'âge de 40 ans. Lors d'une émission radio, Oliver s'entend dire : "Nous n'avons pas l'intention de manger de la laitue toute la journée". Pourtant, ses recettes n'ont rien d'austère, viande, poisson, pâtisserie y ont une très large place, mais décidément la junk food a intoxiqué bien des papilles, désormais fermées à d'autres saveurs que l'abus de sel, de sucre et de graisse. Le personnel des cuisines ne comprend pas ce qu'on lui veut. Au bord des larmes, Oliver déclare : "Ils ne comprennent pas. Je ne sais pas pourquoi je suis ici". Bien sûr, ceci est une bande annonce (ô combien efficace !), l'émission en est à son début, et il faut bien, pour bouleverser, que le héros, homme de media chevronné, commence avec toutes les chances contre lui, mais avec aussi le soutien de supporters passionnés, ceux qui l'approuvent quand il s'exclame : "Si vous pensez que ceci n'est pas important, alors HONTE SUR VOUS ! ", ceux qui crient : "Yeaah ! " quand il leur lance : "Allez-vous m'aider ?". L'ennui, c'est que le sujet n'a rien d'une fiction. La situation est devenue telle que le Sénat des Etats-Unis se penche sur l'assiette des élèves. Elle vaut actuellement, signale la correspondante de Libération, 2.68$. Pour y ajouter un peu de fraîcheur, on envisage d'investir 6 cents d'argent public par élève - le Président espérait obtenir le double -. Pour soutenir Jamie Oliver, les citoyens des Etats-Unis sont appelés à signer une pétition ; à l'heure où j'écris ces lignes, elle a réuni 143.878 signatures. Pas mal. Mais le pays compte 308.470.703 habitants.
Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : nourriture, santé, diététique, écoles, Etats-Unis, Jamie Oliver, ABC
"Piece Of My Heart" fut créée par Erma Franklin - très belle chanson et très belle, très puissante interprétation... mais Joplin, ici en public, nous emmène encore un étage plus haut. A part cela, c'est un peu dur de trouver quelque chose à écrire à propos de Janis Joplin qui n'ait déjà été écrit. Un peu dur de trouver quelque chose d'autre à exprimer que son émotion. Sauf à citer ce commentaire glané sur Youtube : "Why do I always get tears in my eyes when I hear that song ?" Janis, you died in 1970. You were 27. And you really took a piece of our heart. La Suite De L'Article :
Oh, come on, come on, come on, come on!
Didn't I make you feel like you were the only man -yeah! Didn't I give you nearly everything that a woman possibly can ? Honey, you know I did! And each time I tell myself that I, well I think I've had enough, But I'm gonna show you, baby, that a woman can be tough.
I want you to come on, come on, come on, come on and take it, Take it! Take another little piece of my heart now, baby! Oh, oh, break it! Break another little bit of my heart now, darling, yeah, yeah, yeah. Oh, oh, have a! Have another little piece of my heart now, baby, You know you got it if it makes you feel good, Oh, yes indeed.
You're out on the streets looking good, And baby deep down in your heart I guess you know that it ain't right, Never, never, never, never, never, never hear me when I cry at night, Babe, I cry all the time! And each time I tell myself that I, well I can't stand the pain, But when you hold me in your arms, I'll sing it once again.
I'll say come on, come on, come on, come on and take it! Take it! Take another little piece of my heart now, baby. Oh, oh, break it! Break another little bit of my heart now, darling, yeah, Oh, oh, have a! Have another little piece of my heart now, baby, You know you got it, child, if it makes you feel good.
I need you to come on, come on, come on, come on and take it, Take it! Take another little piece of my heart now, baby! oh, oh, break it! Break another little bit of my heart, now darling, yeah, c'mon now. oh, oh, have a Have another little piece of my heart now, baby. You know you got it -whoahhhhh!!
Take it! Take it! Take another little piece of my heart now, baby, Oh, oh, break it! Break another little bit of my heart, now darling, yeah, yeah, yeah, yeah, Oh, oh, have a Have another little piece of my heart now, baby, hey, You know you got it, child, if it makes you feel good. Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : Janis Joplin, Erma Franklin, blues, piece of my heart, lyrics, video
C'est une vidéo culte, mais il lui a fallu un bout de temps pour le devenir. La mini-pièce, d'un quart d'heure, ne compte que deux protagonistes... tout en en comptant six. Je m'explique : Miss Sophie, une lady digne mais bonne vivante, fête son anniversaire. Le 90ème. Elle n'imagine pas le fêter sans ses meilleurs amis : Sir Toby, l'amiral von Schneider, Mr. Pommeroy et Mr. Winterbottom. Problème : plus aucun d'entre eux n'est encore vivant. Solution : comme chaque année depuis un certain temps, le majordome de la lady va jouer le rôle des quatre absents, qui seront donc virtuellement présents. Evidemment, être à la fois quatre des cinq convives et celui qui les sert ne peut aller sans quelques complications, de difficultés et de cocasserie croissantes. La Suite De L'Article :
Freddie Frinton, qui joue le majordome, était un comédien britannique sans grande renommée. La gloire ne lui sourit que quatre ans après sa mort. "Dinner For One" fut acheté par la chaîne allemande NDR (Norddeutscher Rundfunk) et programmé pour le réveillon de Nouvel An en 1972. Le succès fut tel que cette diffusion annuelle devint une tradition, et que la renommée de "Dinner For One" s'étendit aux pays scandinaves, aux Pays-Bas, et à l'Australie où le réseau SBS le programme chaque année. Freddie Frinton, dans la réalité, ne buvait jamais une goutte d'alcool ! Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : frinton, "dinner for one, humour, vidéos
Depuis tout à l'heure (lundi 29/3), les éléments graphiques de ces pages ne s'affichent plus, sauf exception). Il m'est impossible de les replacer. Le problème semble se situer au niveau du serveur, dont je vous transmets les excuses, en espérant que le problème soit temporaire. D'autres blogs hébergés par Blogger sont dans la même situation. PS : Semi-panne terminée ! Corps de l'article ici Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef :
Une nouvelle manifestation contre l'interdiction des signes religieux à l'école publique a eu lieu à Bruxelles hier (samedi 27 mars 2010). La police a dénombré 300 manifestants. Curieusement, on ne trouve aucun chiffre de participation sur le site ni sur la page Facebook du Mouvement Pour Les Droits Fondamentaux (MDF), principal organisateur. Principal, mais pas seul, c'est le moins qu'on puisse dire. Avaient également signé l'"Appel à manifester contre l'interdiction du foulard dans l'enseignement" : Baas Over Eigen Hoofd ; Collectif Féministe Interculturel et Laïc ; Egalité ; Jeunes Anti-Capitalistes ; LCR-SAP; MOC-Bxl; MRAX ; Steunpunt Allochtone Meisjes & Vrouwen ; Vrouwen Overgleg Komitee. Cela fait une longue liste. De plus la manif. en question était la deuxième sur ce thème, et avait été précédée d'une assez longue mobilisation. Le moins qu'on puisse dire, c'est que dans ces conditions, les organisateurs n'ont pas obtenu un succès de foule. Cet insuccès amène à une autre constatation. La Suite De L'Article
Si l'on retire de ces quelques centaines de participants les militants des organisations mentionnées ci-dessus, il reste vraiment peu de monde. Or, la question du voile à l'école - même si l'obligation de porter le voile n'est pas coranique - concerne les musulmans. Les musulmans, en Belgique, sont 3 à 400.000. La capacité de mobilisation des mosquées est énorme. Si les musulmans de Belgique soutenaient massivement ce genre de mobilisation, il y aurait eu 30 ou 40.000 manifestants. Je ne suis pas dans les secrets de l'Exécutif des musulmans de Belgique ou autres aéropages, mais la conclusion qui semble sauter aux yeux, c'est que les milieux musulmans n'apportent absolument aucun soutien à ce genre de mouvement qui leur apparaît probablement comme une dangereuse mouche du coche, exacerbant des tensions face auxquelles ces milieux semblent pour l'instant manoeuvrer très prudemment. Auquel cas ils auraient raison : les initiateurs de la manifestation d'hier jouent avec des allumettes (certains dans l'espoir de recruter sympathisants et électeurs), mais ce sont les musulmans qui risquent les brûlures. Pour rappel, en décembre 2009, lors de l'installation du Conseil des leaders religieux au Parlement fédéral, les musulmans ont choisi de faire dire leur texte par une femme non voilée. Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : voile, signes religieux, laïcité, femmes, féminisme, manifestation, bruxelles
En cinquante ans, 80 à 90 % des éléphants d'Afrique ont disparu. Bien sûr, avant tout, on tue l'éléphant pour l'ivoire de ses défenses. Si elles ne servent plus à fabriquer comme jadis des boules de billard, elles sont toujours extrêmement recherchées : on les transforme en bijoux, en tampons personnalisés (Asie), en sculptures, principalement appréciées par les touristes. Mais la peau fournit un cuir qu'on retrouve dans des bottes, des ceintures. Les poils de la queue sont transformés en bracelets, auxquels on prête un pouvoir magique. La chair est comestible, mais souvent on la laisse pourrir sur place. L'éléphant ayant pris place dans la triste cohorte des espèces menacées d'extinction, la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (Cites), avait imposé en 1989, par une convention signée à Lausanne, un moratoire sur le commerce de l'ivoire. La Suite De L'Article
Mais ce moratoire a été partiellement levé, en 1997 : Botswana, Namibie et Zimbabwe ont pu transférer les éléphants en "Annexe 1" de la Convention, autorisant son commerce moyennant certaines conditions. Rebelote en 2002 : la Cites a autorisé l’Afrique du Sud, le Botswana et la Namibie à écouler en 2004 leurs stocks d’ivoire, quelque 60 tonnes provenant d’éléphants morts de cause naturelle, amassées depuis l’interdiction du commerce de l’ivoire en 1989. Le Zimbabwe et la Zambie n'y ont pas été autorisés, jugés incapables de contrôler leur marché intérieur. Mais selon de nombreux observateurs, la relance du commerce agit comme un aspirateur, et relance le trafic, local comme international. Le braconnage fait à nouveau des dizaines de milliers de victimes. (Les défenses de l'éléphant d'Asie sont beaucoup plus petites que celles de son cousin africain, et seul le mâle en porte. Mais sur ce continent, c'est surtout la déforestation qui fait des ravages sur la population de pachydermes, qui voit disparaître son habitat). La Cites est réunie au Qatar depuis hier 13 mars, jusqu'au 25. Tanzanie et Zambie demandent à bénéficier d'une nouvelle exemption (donc à pouvoir commercer). 23 autres pays africains s'y opposent, pas seulement au nom de la biodiversité et des écosystèmes : l'éléphant, par la fascination qu'il exerce sur les touristes, représente pour eux une source essentielle de revenus. Une pétition circule, elle aurait réuni déjà quelque 360.000 signatures (le serveur semble d'ailleurs peiner, il faudra peut-être un peu de patience si vous voulez signer), je reproduis le communiqué qui l'accompagne. Quelques liens utiles y figurent sous les signatures.
"Chers amis,
L'interdiction mondiale du commerce de l'ivoire par l'ONU pourrait être levée -- une décision qui pourrait décimer les éléphants d'Afrique. Mais un certain nombre de nations africaines font pression pour obtenir le maintien de cette interdiction. Exprimons-leur notre soutien pour sauver les éléphants. Signez la gigantesque pétition ci-dessous, et diffusez largement ce message:
Signez la pétition!
Incroyable -- les chiffres de la pétition pour protéger les éléphants du braconnage sont en train d'exploser -- en seulement 3 jours, plus de 300 000 d'entre nous ont signé l'appel aux Nations-Unies pour renforcer l'interdiction sur le commerce de l'ivoire et ainsi protéger des populations entières d'éléphants. Le vote crucial au sommet de l'ONU est attendu cette semaine.
La Tanzanie et la Zambie font pression sur les Nations-Unies pour obtenir une exemption de cette interdiction, mais ce serait envoyer un signal clair aux trafiquants d'ivoire leur indiquant que la protection internationale faiblit et leur laisse les mains libres pour perpétrer leurs crimes. Un autre groupe d'Etats africains a contre-attaqué en demandant une extension de l'interdiction mondiale pour 20 ans.
Pour sauver les éléphants encore vivant sur le continent, la meilleure option est d'agir avec les écologistes africains et obtenir leur protection. Il ne nous reste que quelques jours et l'organisme de l'ONU en charge des Espèces Menacées ne se réunit que tous les 3 ans. Cliquez ci-dessous et signez notre pétition urgente pour la protection des éléphants, puis diffusez largement ce message pour que nous puissions remettre des centaines de milliers de signatures au sommet de l'ONU à Doha:
Il y a plus de 20 ans, La Convention sur le Commerce International des Espèces Menacées a adopté une interdiction du commerce international de l'ivoire. Le braconnage et les prix de l'ivoire ont alors chuté. Mais en raison d'une faible mise en oeuvre du texte et de 'ventes uniques expérimentales', similaires à ce que la Tanzanie et la Zambie sont en train de demander, le braconnage a repris et le commerce illégal est devenu une activité lucrative -- les braconniers peuvent blanchir leur ivoire obtenu illégalement en l'intégrant dans les stocks autorisés par la convention.
Aujourd'hui, malgré l'interdiction mondiale, plus de 30 000 éléphants sont abattus chaque année et leurs défenses découpées avec des haches et des tronçonneuses par les braconniers. Si la Tanzanie et la Zambie obtiennent leur dérogation, ce commerce criminel pourrait prendre encore plus d'ampleur.
Nous avons une chance unique à saisir cette semaine pour prolonger l'interdiction mondiale du commerce de l'ivoire et contenir le braconnage et les prix de vente, avant que ne disparaissent encore plus d'éléphants -- signez la pétition maintenant et faites suivre ce message à tous:
Au cours de l'histoire et dans toutes les cultures et religions du monde, les éléphants ont été vénérés et ont nourri notre imagination -- de Babar, Dumbo à Ganesh, Airavata et Erawan. Mais aujourd'hui, ces animaux magnifiques et intelligents sont proches de l'extinction.
Tant qu'il y aura de la demande sur le marché de l'ivoire, le braconnage et le trafic continuerons, mais cette semaine nous avons la possibilité d'obtenir la protection des éléphants et d'anéantir les profits criminels des trafiquants -- signez la pétition maintenant:
Organisations partenaires Bloody Ivory et Born Free (en anglais)." Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : éléphants, biodiversité, commerce, ivoire, moratoire
"J'ai rien à dire, ou alors trop..." chante Anne Sylvestre. Jean Ferrat est mort. Une lumière s'est éteinte. Un phare de la chanson qui dit, de la chanson qui parle, qui s'émeut, qui se bat ("Je ne chante pas / Pour passer le temps", répondait-il amicalement au "Je Chante Pour Passer Le Temps" d'Aragon et de Ferré). De la chanson qui a de la voix, juste, puissante et pure comme les mélodies. A quoi bon en dire plus, vous trouverez dans tous les media - qui l'ont si souvent ignoré - des évocations et des biographies. Signalons un site plein de sympathie qui évoque tant l'artiste que son cadre de vie, son aimée Ardèche, son Antraïgues sur Volanes. La Suite De L'Article
Antraïgues (ou Antraigues, mais c'est moins chantant), il y fut, si pas maire comme le veut la légende, conseiller communal, puis premier adjoint à la mairie. Il vivait là, à plein temps, depuis 46 ans. Evidemment, même s'il était loin d'être une superstar, sa présence avait contribué à faire connaître cette agglomération qui lui faisait chanter "Que la montagne est belle !". On l'y appelait "La Tour Eiffel du village", si j'en crois un affectueux article qui replace dans le cadre rural qu'il affectionnait cet homme calme qui avait depuis longtemps renoncé à l'agitation des tournées. Je ne rencontrerai jamais Jean Ferrat. J'écris cela parce que cette rencontre devait avoir lieu : le chanteur copinait avec mon ami Albert Faust, lui aussi Antraïgain, mais bien sûr pas à plein temps puisque la vie d'Albert était dévorée par sa passion syndicale et son bureau surchargé de la place Rouppe, à Bruxelles. "Quand viens-tu à Antraïgues ? Tu rencontreras Ferrat", me répétait-il. J'aurais dû accepter plus vite. Albert est mort en juillet 2004. Son amie, Thérèse Mangot, grande militante elle aussi, ne lui survécut pas deux ans.
"Il m'a fallu naître Et mourir s'en suit J'étais fait pour n'être Que ce que je suis Une saison d'homme Entre deux marées Quelque chose comme Un chant égaré"
Espérons que Ferrat aura pu penser jusqu'à ses derniers moments de conscience ce qu'il avait écrit et chanté :
"Je meurs d'une petite fièvre Avec un prénom sur mes lèvres Et quelques souvenirs heureux Quelque part au fond de mes yeux"
Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : Ferrat, chanson, Antraigues, Faust, Ardèche
Elisabeth Badinter n'a jamais eu peur de secouer le cocotier. Jadis, ses thèses sur la convergence des sexes l'avaient amenée à rêver du jour, qu'elle voyait relativement proche, où la science permettrait aux hommes de porter des enfants. Elle est la seule personne qui m'ait demandé (j'avais eu le plaisir de l'interviewer à l'époque) quel effet cela me faisait de m'imaginer enceint. Peut-être l'avais-je déçue en répondant que cela ne m'en faisait aucun, vu que la question se situait pour moi hors du champ du possible. C'était l'époque du livre "L'Un Est L'Autre", paru en 1986, auquel j'avait largement préféré ensuite "XY, de l'identité masculine". Elisabeth Badinter s'est brouillée avec une partie du mouvement féministe, en publiant "Fausse route : Réflexions sur 30 années de féminisme" (2003). Elle prenait ses distances avec une vision qui selon elle figeait les femmes dans un rôle de perpétuelles victimes. « À vouloir ignorer systématiquement la violence et le pouvoir des femmes, à les proclamer constamment opprimées, donc innocentes, on trace en creux le portrait d'une humanité coupée en deux peu conforme à la vérité. D'un côté, les victimes de l'oppression masculine, de l'autre, les bourreaux tout-puissants ». Ces propos lui avaient valu de copieuses volées de bois vert, par exemple de la québecoise Elaine Audret, qui écrivit :"La méthode d’ "analyse" d’É. Badinter est simple, efficace et malhonnête."
"Le conflit, la femme et la mère", qui vient de paraître, a lui aussi fâché, mais les coups viennent plutôt d'autres milieux. La députée UMP Edwige Antier, pédiatre, traite l'auteur d'"archéo-féministe", qui ignorerait que "l’éducation d’un enfant est une grande source d’épanouissement pour un adulte. La femme d’aujourd’hui revendique, avec sa nouvelle liberté, le droit d’élever son enfant comme une vraie personne." La députée glisse sur le fait que, dans son propos comme dans la société, ce rôle - et le retour au foyer - reste assumé par les femmes. En tout cas, si certains estiment que E. Badinter n'est plus féministe, la marée de haine qui accueille ses propos actuels sur certains sites est certifiée "beauf machiste 100%".
Elisabeth Badinter a défendu son dernier livre sur les ondes de - entre autres - France Inter. Son discours ici sur l'allaitement et ses enjeux cachés est plus qu'intéressant, son couplet en défense des couches (pour bébés) jetables (actuellement non dégradables) semble poser question (la libération que ces couches a apporté aux femmes est-elle plus importante que le respect de l'environnement ?), mais l'auteur - qui l'a précisé ailleurs - ne souhaite pas qu'on se fiche de l'environnement, simplement que l'on s'empresse de créer des couches biodégradables. En tout cas, c'est certainement utile qu'une voix mette en lumière les progrès d'une "régression douce" dans la condition féminine.
La "Journée Mondiale De La Femme", si elle n'a pas changé grand'chose, a été abondamment célébrée avec plus ou moins de bonne volonté. Alors qu'elle n'existe pas. Wikipedia précise : "La journée internationale des droits de la femme (ou journée internationale des femmes) est célébrée le 8 mars et trouve son origine dans les manifestations de femmes au début du XXe siècle en Europe et aux États-Unis, réclamant l'égalité, de meilleures conditions de travail et le droit de vote. Elle a été officialisée par les Nations unies en 1977, invitant chaque pays de la planète à célébrer une journée pour les droits des femmes. " Il s'agit donc d'une journée internationale des droits de la femme ou d'une journée internationale des femmes. Journée de la femme, ça sonne comme "journée mondiale du Nutella" (ça existe, 5 février) : la femme serait un produit standardisé - ou un concept - . (Cela dit, il y a aussi une "journée mondiale du malade", ce qui n'est pas mieux). La Suite De L'Article Le français porte-t-il au sexisme ? On me fait remarquer que les Nations-Unies parlent bien, en anglais, par exemple de "Commission on the Status of Women" (pluriel), mais que les traductions françaises glissent vers le féminin singulier et réducteur. Pourtant, l'Assemblée Nationale française dispose d'une Délégation aux droits des femmes....
Un tract distribué à Lille ce 8 mars clamait entre autres : « LA FEMME » n’existe pas !
Nous sommes diverses, multiples et mouvantes.
Nous sommes femmes, lesbiennes, gouines, trans, féministes…
Nous sommes bisexuelles, hétérosexuelles, autosexuelles, asexuelles, homosexuelles…
Nous sommes précaires, pauvres, salariées, ouvrières, étudiantes, chômeuses, femmes au foyer, mères célibataires, organisées ou isolées…
Nous sommes noires, blanches, métisses, asiatiques, arabes, latinas, berbères…
Nous sommes grosses, maigres, fortes, minces, rondes, poilues, rasées, plates ou à gros seins…
Nous sommes jeunes, vieilles, avec handicap ou pas pour l’instant…
Reprenez votre journée, rendez-nous nos vies !
Aujourd’hui, c’est le 8 mars, la journée dite de « La Femme » ; demain, on sera le 9, et alors ? Rien n’aura changé. Nous ne voulons pas de vos fleurs alors que nous prenons des claques au quotidien. Nous ne sommes pas « La Femme » aimante, souriante et docile qui devrait être heureuse qu’on lui consacre une journée par an. Cette journée se référait au départ à des luttes de femmes pour leurs droits. Elle a été instrumentalisée pour nous enfermer, canaliser nos révoltes et porter nos revendications un seul jour dans l’année." Le texte complet figure ici . Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : femmes, féminisme, journée internationale, Nations-Unies
Une dépêche AP nous apprend (ou nous confirme, car on s'en doutait) que "Les femmes ayant des enfants gagnent en moyenne un tiers de moins que leurs homologues masculins, et rencontrent des obstacles dans leur carrière, d'après une étude globale des syndicats publiée ce lundi. Le déséquilibre dans la participations aux corvées du ménage a un effet sur la progression professionnelle, souligne l'étude de l'International Trade Union Conféderation (confédération internationale dee syndicats). Les mères reçoivent 68% du salaire des hommes de même qualification, et les femmes en général 74%.(...) Les employeurs n'hésitent pas à défier les lois en payant les femmes moins que les hommes, et en rognant sur les congés maternité, d'après l'enquête. Les femmes ayant des enfants sont moins promues, et certaines doivent passer des tests de grossesse illégaux avant l'embauche ". Ce sont les conclusions d'une étude réalisée par la Confédération Internationale des Syndicats. Les données ont été récoltées dans une quarantaine de pays. Les détails sont repris par la Libre. Pas une surprise, donc, sauf ... les commentaires parus sur le site de ce journal. La Suite De L'Article :
Pour une partie appréciable des commentateurs, un salaire inférieur pour les femmes n'a rien de choquant, et d'ailleurs "en moyenne les femmes choississent des domaines moins rémunérateurs que les hommes. Ce qui fait qu'en moyenne les femmes gagnent moins que les hommes. " (sic), "Dans la majorité des cas, pour un même travail, le salaire est égal, qu'on soit un homme ou une femme", "Que les féministes arrêtent de dévaloriser le travail de la femme au foyer", "A qualification et expérience égale et pour un même boulot, il n'y pas de différence de salaire entre un homme et une femme", "Ce n'est pas une injustice, c'est un choix de société. Car enfin, voulons-nous vraiment que les femmes deviennent des hommes? ou que les hommes deviennent des femmes?"... On en passe, mais épinglons encore que "les femmes mettant l'entreprise pour laquelle ils travaillent en danger parce que leur horloge biologique les démange", il est normal qu'elles le paient, et la répétition de "EN MOYENNE elles gagnent moins, parce que EN MOYENNE elles travaillent moins pour un employeur parce que EN MOYENNE elles travaillent plus chez elles".
Ne nous étalons pas sur le fond idéologique, sauf pour le signaler à ceux et celles qui estiment qu'il n'y a plus guère de raison d'être féministe aujourd'hui, le boulot étant pratiquement terminé. Mais signalons à ceux qui soutiennent que les femmes gagnent moins parce qu'elles travaillent plus chez elles l'étude récemment publiée par l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE), en France. Elle constate que "En moyenne, entre 2003 et 2008, les hommes non diplômés gagnent en début de vie active 23 % de plus que les femmes de même niveau. Chez les diplômés du supérieur long, cet écart est de 21 %". L'étude note que c'est tout autant le cas là où le travail à temps partiel n'intervient pas. "Le Monde" écrit : "En 2008, l'écart de salaires en faveur des hommes apparaît à tous les niveaux de diplômes, dans toutes les disciplines : qu'il s'agisse d'un titulaire de CAP travaillant dans la production, ou les services. Ou d'un diplômé d'école d'ingénieurs ou de commerce. Le salaire médian d'un médecin, ayant donc tout juste soutenu son doctorat est de 2 980 euros s'il est un homme et de 2 205 euros, s'il est une femme. Soit 26% de moins… ". Cette étude corrobore les résultats d'une autre étude de l’INSEE , "Regards sur la Parité", réalisée en 2008. De même, en 2004, l'INSEE constatait dans une étude réalisée en Champagne-Ardennes que "Même à profil identique, les écarts de salaires subsistent". Par ailleurs, le butor selon qui les femmes mettent "l'entreprise pour laquelle ils travaillent en danger parce que leur horloge biologique les démange" semble ignorer que son espoir de pension se dissipera le jour où cette horloge biologique s'arrêtera, et que par ailleurs, les femmes ne sont pas seules à pouvoir souhaiter un enfant. Tant qu'on y est, mentionnons encore une étude, plus exactement un rapport de la Délégation aux droits des femmes de l'Assemblée nationale, selon lequel les femmes vivent plus souvent sous le seuil de pauvreté que les hommes. Si l'écart se maintient entre hommes et femmes face à la précarité, il se creuse entre femmes bien insérées d'une part, travailleuses en temps partiel et bas salaires d'autre part. Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : femmes, salaires, égalité
Prévert avec un P comme Poésie ... mais aussi comme Paris. Prévert, Paris, on ne peut qu'associer l'un à l'autre. Paris où Prévert nageait dans les courants littéraires en poisson fort indépendant, où il fut le voisin du dessous de Boris Vian (les deux hommes partageaient une terrasse), Paris où il eut de multiples adresses, Paris dont il écrivait : "Paris est tout petit C'est sa grandeur Tout le monde s'y rencontre Les montagnes aussi Même un beau jour l'une d'elles Accoucha d'une souris Alors en son honneur Les jardiniers tracèrent le parc Montsouris". La Suite De L'Article C'est sur un zinc parisien qu'on imagine entendre, "terrible le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim". Et une exposition à la mémoire de Prévert s'intitulait "Paris La Belle" - voir la vidéo au bas de cet article -. Pourtant, né à Neuilly-Sur-Seine, Prévert vécut ensuite à Toulon, pour n'habiter la capitale qu'en 1907 - il a sept ans - . A Paris, "un serpent se casserait les reins à suivre son sillage (Kipling) tant il multiplie les déménagements. Entre 1940 et 1943, il vit au soleil de Cannes, de Saint-Paul-de-Vence et de Tourette-sur-Loup, du cap d'Antibes. En 1971, sa femme et lui s'installent en Basse-Normandie, à Omonville-la-Petite (Manche), "ce drôle de patelin où il n’y a pas de bistrot" dira-t-il. L'auteur des "Paroles" n'a plus alors que six ans à vivre. C'est dans le cimetière de ce lieu paisible qu'il repose, aux côtés de son épouse Janine et leur fille Michèle. Un jardin Jacques Prévert existe non loin, à Saint-Germain-des-Vaux . Pourquoi vous entretiens-je de ces détails géographico-biographiques ? Tout simplement parce qu'une amie me ramène de vacances quelques photos (cliquez ces deux ci pour les voir en grand format !), et que je les trouve émouvantes. Elles ont été prises dans le cimetière d'Omonville. Petit sourire pour constater que grand dévoreur de papes, Prévert repose à l'ombre d'un clocher...
A propos de l'exposition "Paris La Belle", de 2009, je trouve la vidéo suivante, concernant les rapports entre Prévert et Paris.
John Lennon fait de la pub. Bien sûr, il n'en saura rien, puisqu'il a été assassiné en 1980. Mais il fait quand même de la pub, pour la DS3 de Citroën. Une agence de publicité a retrouvé des images du musicien, tournées peu avant le meurtre. Lennon y dit quelques phrases, en gros : "Pourquoi cette nostalgie, ce retour aux années '60 et ''70 ? Faites quelque chose d'original !". Et hop, on insère ces quelques secondes, on colle ensuite trois plans de la bagnole, musique : "W.A.R.R.I.O.R" des Ebony Bones, et passez muscade ! L'agence H a également retrouvé trois phrases de Marylin Monroe, mises à la même sauce. Que certains trouvent indigeste. La Suite De L'Article :
Les fans britanniques de l'ex-Beatle sont enragés, et lancent une campagne de protestation. Certains veulent appeler au boycott de Citroën. La firme se défend en soulignant qu'elle a obtenu les autorisations nécessaires des ayants droit, c'est à dire, concernant Lennon, de Yoko Ono, qu'on applaudit bien fort (elle serait déjà la cible de 80.000 messages furieux sur Twitter).
Il me semble que cette colère est justifiée, et digne, ce que le spot n'est pas. Si Lennon avait voulu jouer l'homme sandwich dans des pubs, ce n'est pas l'occasion qui lui aurait manqué de son vivant. Et qu'un conseil qu'il lançait aux artistes soit transformé en réclame pour une automobile, cela ne ressemble pas à ce qu'aimait l'auteur de "Imagine" ou "Woman Is The Nigger Of The World". Ce genre de procédé permet - à qui en a les moyens - de mettre n'importe qui au service de n'importe quelle cause, de modifier l'image que cette personne aurait voulu laisser. Je trouve d'ailleurs anormal qu'une autorisation des ayant droits puisse le permettre : ceci me semble d'une autre nature que ce qu'on entend généralement par ce genre de droits. Mettre quelqu'un dans pareille situation après sa mort, cela n'a plus rien à voir avec par exemple une adaptation d'une oeuvre, une interprétation d'un morceau. C'est tout aussi respectueux que déterrer un cadavre.
Enfin, "ça se fait, coco". Donc, "If you can't beat them, join them", je suis le mouvement, et je fonde illico l'agence P.M.P. (Post Mortem Pub), qui vous annonce d'ores et déjà les premiers produits de sa ligne "S'ils l'avaient su !" :
- Jacques Brel dans un spot du Vlaams Belang ; - Igor Stravinski annonçant le prochain Tokyo Hotel ; - Baudouin 1er recommandant un Centre Extrahospitalier pratiquant des avortements ;
et notre triomphe assuré :
- Jean-Paul II bénissant les préservatifs Durex.
Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : lennon, ono, citroën, publicité, droit d'auteur
Bruxelles n'est pas trop riche en lieux de musique et de contes, raison de plus pour connaître et faire connaître ceux qui existent, comme le Café de la Rue. Café des années 30, qui a gardé toute son authenticité, situé dans le bas Molenbeek, près du canal, on y organise depuis 1981 des "dîners spectacles" de qualité : Claude Semal, Bruno Coppens, Jacques-Ivan Duchesne, Pierrette Laffineuse, Jean-François Maljean, Véronique Castanyer, Allain Leprest, Gilles Servat, Goun, Marc Lelangue, s'y sont produits, excusez du peu. Le lieu est adorable, avec son vieux poêle et le tableau de bois où l'on affichait les résultats du Daring et de l'Union Saint-Gilloise. De plus, un repas facultatif précède chaque spectacle. Jetez un oeil sur le programme, et réservez.
Suite de l'Article :
Suis-je bête ! Le programme n'est pas ici ! Il est là ! Mais ce n'est pas loin... Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : café de la rue, musique, contes, bruxelles
Cela paraît tellement énorme qu'on se dit d'abord : ce doit être un hoax, un mauvais canular. Mais France 3, Libération et Le Monde reprennent l'info, qui est parfaitement authentique. Une jeune fille battue, qui s'est adressée aux forces de l'ordre, s'est retrouvée expulsée de France.
Najlae a quitté son pays, le Maroc, quand elle avait 14 ans. Elle voulait échapper à un mariage arrangé par son père. Elle avait trouvé en France un accueil, des amis, une scolarité, des études qu'elle menait avec sérieux dans un lycée professionnel, près d’Orléans ("une élève qui donnait toute satisfaction", dit l'un de ses professeurs). Elle y avait trouvé aussi un frère, qui l'hébergeait quand elle n'était pas à l'internat, mais qui se montrait régulièrement violent envers elle. La dernière fois qu'elle a pris des coups, Najlae, maintenant âgée de 19 ans, s'est rendue à la gendarmerie. La Suite De L'Article :
Mais là, la plaignante est devenue accusée, puis condamnée. Comme ses papiers n'étaient pas en règle, au lieu de trouver dans les gendarmes des défenseurs, la jeune fille a été mise en garde à vue. La préfecture du département du Loiret a ordonné son expulsion. Le lendemain, elle a été mise dans un avion, destination le Maroc. Pourtant, les autorités régionales / départementales n'avaient pas le droit de l'expulser ainsi : elle devait passer devant un tribunal, et l'on ne pouvait l'expulser avant que celui-ci se soit prononcé. Plus précisément, suivant la Cimade (Comité Inter Mouvements Auprès Des Évacués, une organisation non gouvernementale qui accueille et défend les demandeurs d'asile et tous les migrants), la jeune fille avait reçu l'ordre de quitter le territoire après l'expiration de son visa. Elle avait déposé une demande d’aide juridictionnelle, pour pouvoir payer un avocat qui aurait déposé un recours sur lequel un tribunal aurait dû se prononcer. Tant qu'il n'y avait pas eu décision d'un tribunal, il ne pouvait y avoir expulsion. Najlae a passé 24 heures dans la prison de Casablanca, a comparu au palais de justice puis a été libérée .
Mouvement De Soutien
En état de choc, l'étudiante a été recueillie par des membres du Réseau Education Sans Frontière (RESF). Elle déclare que c'est grâce aux preuves de soutien qui lui parviennent qu'elle parvient à tenir le coup. En effet, un mouvement se dessine pour exiger son retour, une manifestation est prévue le 6 mars à Château-Renard. Des mandataires Verts ou de gauche ont protesté. Le Collectif Orléanais des Droits des Femmes rappelle que l’année 2010 a été déclarée grande cause nationale dans la lutte contre les violences faites aux femmes, alors qu'il s’agit, en quelques mois, du quatrième cas de femme battue et menacée d’expulsion – ou expulsée - dans le Loiret. On rappelle la phrase de Nicolas Sarkozy : "À chaque femme martyrisée dans le monde je veux que la France offre sa protection, en lui offrant la possibilité de devenir française. », et une pétition est disponible en ligne, à l'adresse http://unpeudetao.over-blog.com/ext/http://resf.info/P1445
Ci-dessous, un sujet consacré à l'affaire par France 3.
Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : femmes battues, violence, expulsion, cimade, éducation sans frontière, loiret, France, Maroc
Plusieurs magasins Carrefour sont en grève ce mercredi en Belgique. Faut-il le rappeler, le groupe compte supprimer 1 672 emplois dans ce pays sur environ 15 000, et y fermer 21 magasins. La direction annonce qu'une partie de ceux-ci seraient repris par Mestdagh, mais chez Mestdagh les réactions sont extrêmement prudentes. Quant aux barèmes, ils seront modifiés. Les commentaires vont bon train, et l'on lira avec intérêt (mais avec un très gros grain de sel) ceux d'un gestionnaire de magasin franchisé. Il commence bille en tête par un tonitruant : "C'est la faute des syndicats, le salarié Carrefour est trop cher". Il faut longtemps pour qu'il finisse par reconnaître ce que tous les spécialistes de la distribution soulignent - le modèle hypermarché a fait son temps, et en plus Carrefour a commis des bourdes en Belgique comme d'ouvrir deux magasins à 600 mètres l'un de l'autre à Charleroi -. L'interviewé passe aussi sous silence ce que les consommateurs soulignent unanimement - Carrefour est trop cher par rapport aux hard-discounteurs, et la qualité comme la diversité de ses produits sont inférieures à celles d'autres concurrents -.
La Suite De L'Article
Dans certains commentaires sur divers forums, l'attaque anti-syndicale se porte également bien. Un lecteur de Libération remarque : "C'est bizarre cette multiplication de posts anti syndicats; A croire que le monde du travail n'en a plus besoin, que c'est devenu "has been" de défendre les droits des gens qui bossent. Pourtant, l'actualité nous apporte tous les jours son lot de restructuration et de fermetures d'entreprises. En revanche, pas un commentaire malveillant sur les syndicats de patrons; Pas plus sur le morcellement du code du travail, sur les différences de salaires hommes/femmes (à travail égal), sur le travail précaire (notamment celui des hôtesses de caisse)."
Si "c'est la faute aux syndicats", il faudrait quand même expliquer pourquoi Carrefour France a annoncé une chute de 74,2 % de son bénéfice net 2009 ! Les conquêtes syndicales avaient-elles augmenté de 74,2 % ? La Libre épingle les multiples erreurs de gestion qui ont pavé cette descente aux enfers : "L’inventeur de l’hypermarché s’est reconverti dans les supermarchés, mais n’a pas vu venir la crise de ceux-ci, victimes successivement de la vogue du commerce de proximité, de la baisse du pouvoir d’achat et du retournement de la conjoncture lié à la crise mondiale. Il n’a pas toujours su anticiper, voire a tardivement réagi aux nouvelles modes de consommation (bio, équitable, Internet, drive-in, etc.). Dans la guerre des prix bas, il s’est fait dribbler par Leclerc ou par les maxidiscount." Michel Libouton a longtemps été permanent du Setca, le syndicat FGTB des employés, techniciens et cadres. Il nous a envoyé ce commentaire : "Que de bêtises annoncées aux infos ! Que de manipulations de la part de la direction de Carrefour ! Non, les travailleurs de Carrefour ne sont pas "trop" payés, et non, ils ne gagnent pas 30 % de plus que ceux de COLRUYT ou DELHAIZE. La différence est que Colruyt et Delhaize sont gérés par des épiciers, qui, de plus, connaissent le marché belge. En France, Carrefour cible sur les prix meilleurs marchés, ici, la place est prise par Colruyt, pour les produits frais, la place est prise par Delhaize et Carrefour, qui aurait pu se positionner sur la plan du service à la clientèle a échoué là aussi par une politique des ressources (in)humaines catastrophiques. Quand ils ont repris GB, à l'époque les conditions de travail, y compris salariales, y étaient bien plus avantageuses qu'aujourd'hui (grâce; entre autres, à un syndicat fort à l'époque avec le SETCa et Albert Faust) et pourtant GB était leader en Belgique. Carrefour s'est fait aussi rouler par les patrons de GB lors de la reprise, notamment en n'achetant pas les bâtiments mais en les louant à GB (leasing)... Un peu facile de la part de ce français suffisant de mettre sur le dos des travailleurs les incompétences de ses prédécesseurs et les erreurs graves de gestion de leurs dirigeants, mauvais épiciers, mais aussi mauvais commerciaux et mauvais financiers. L'annonce de la même catastrophe se prépare en France". Et en effet, Carrefour a entamé des négociations avec les représentants du personnel sur le regroupement de ses différents sièges en Ile-de-France. Le nouveau PDG du groupe, Lars Olofsson, ancien numéro deux de Nestlé, veut regrouper les équipes sur un lieu unique. Les syndicats craignent que ce regroupement mène à un "dégraissage", donc à des suppressions d'emplois. Olofsson est là pour restaurer le bénéfice.
Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : grande distribution, emploi, carrefour, delhaize, colruyt, aldi
On ne s'y serait pas attendu, mais apparemment, l'aspect le plus important des prochaines élections régionales françaises ne concerne pas l'UMP, ou le PS, ou le Modem... Non, les projecteurs se concentrent sur le NPA, le Nouveau Parti Anticapitaliste. - Ah, l'Ile de France, où Besancenot est tête de liste ? - Tu n'y es pas. L'essentiel se joue dans le Vaucluse. Et encore : ce n'est pas la tête de liste qui joue son intéressante dans les media, c'est la quatrième place. - Attends, tu plaisantes, les feux de l'actu pour la quatrième place, non éligible, sur la liste du Vaucluse d'un parti qui a fait 5 % aux européennes ? - Ben, on dirait. En tout cas, je n'entends parler que de ça.
Cette campagne a en effet créé une nouvelle vedette, fait connaître une tête, celle d'Ilham Moussaïd. Parce que cette tête porte un voile.
La Suite De L'Article
Ilham Moussaïd, Avignonnaise, 22 ans, a adhéré au NPA il y un an, devenant rapidement - tâche ingrate - trésorière départementale. Ce n'est donc pas une militante aguerrie formée sur les bancs de la LCR, dont descend (partiellement) le NPA. Ses camarades ne cachent pas que sa place sur la liste est partiellement due à son profil de musulmane issue des quartiers populaires. L'un de ses proches politiques déclare à Libération : «On savait que ça allait lancer le débat. On ne l’a pas proposée à la candidature seulement parce qu’elle a un voile sur la tête. Mais c’était un élément on va dire complémentaire.»
Question de lancer le débat, la section avignonnaise est servie. Si l'on peut parler de débat. L'éruption ne fait pas dans la nuance. Le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand parle de manipulation, de provocation et d'"attitude profondément répréhensible" (était-il aussi indigné quand Nicolas Sarkozy déclarait fort peu laïquement que “l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur” ?). Aurélie Filippetti, députée PS, déclare que les ouvriers de France "n'ont pas besoin qu'on leur dise d'aller lire le Coran ou la Bible", ... ce que la candidate du NPA n'a pourtant jamais fait ! Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la Famille et de la Solidarité dénonce «un coup médiatique contre les valeurs de la République» et accuse le NPA ... de trahir Marx (Nadine Morano s'est illustrée voici peu en déclarant qu'elle attendait, d'un jeune musulman français, "qu'il trouve un travail, qu'il ne parle pas le verlan, et qu'il mette pas sa casquette à l'envers"). Président du conseil régional d'Île-de-France, Jean-Paul Huchon (PS) déclare : "Ça me paraît énorme! (...). C'est le signal d'une curieuse conception de la République". "Incompréhensible et inadmissible", affirme François Hollande, PS. La palme du délire revient à Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes et représentante de Riposte Laïque, un mouvement qui glisse régulièrement dans l'islamophobie, la vraie : pour elle, le NPA "adhère à un symbole, le voile islamique, qui, sous toutes les latitudes, signifie ségrégation entre les sexes, invisibilité du corps des femmes dans l’espace public, statut de second rang pour les femmes. (...) Le NPA se solidarise avec les pires dictatures, au premier rang desquelles la République islamique d’Iran". Dernière Minute : la palme du délire n'appartient plus uniquement à Annie Sugier. Elle la partage désormais avec Sihem Habchi, puisque je découvre dans Libération : "Sihem Habchi, la présidente de Ni Putes ni soumises veut porter plainte «contre cette liste du NPA sur laquelle figure une femme voilée qui a annoncé son intention de rester voilée»: Ilham Moussaïd, étudiante portant un foulard, en quatrième position sur la liste du parti d’Olivier Besancenot dans le Vaucluse. «Il n’est pas question d’arborer un symbole religieux alors qu’on a, en tant qu’élue, une obligation de neutralité et de réserve», a-t-elle invoqué hier, dénonçant à l’AFP une «attitude antiféministe, antilaïque et antirépublicaine». Sur son site, l’association annonce son intention de «porter plainte auprès de la juridiction compétente contre cette liste antilaïque, antiféministe et antirépublicaine!». Marie-George Buffet (PCF) s'est dite choquée. Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de Gauche, énonce : "Il ne faut pas se tromper : elle a le droit de pratiquer, mais pas dans la sphère politique." Il faut « tirer les leçons de l'Histoire de France (…) parce que nous avons connu trois siècles de guerre de religion » (Il me semble que si on craint leur retour, interdire à une candidate un signe de sa foi est plutôt propre à les rallumer) et ajoute : "Lorsqu'on veut être élu, il faut pouvoir représenter tout le monde. C'est donc une erreur de participer à une élection en affichant une appartenance religieuse qui rend impossible cette représentation du souverain dans son ensemble". Nous touchons ici à un grand mythe qui est que l'élu représente la Nation dans son ensemble. Qu'il est porteur d'une tâche qui émane de la collectivité, c'est une chose. Venir affirmer pour autant qu'un député du Front National représente les immigrés après avoir scandé "Deux millions d'immigrés, c'est deux millions de chômeurs ! ", ou que les grands patrons se sentaient représentés par Alain Krivine quand celui-ci siégeait au Parlement Européen, tient évidemment de l'absurdité. La Belge Mahinur Özdemir a évidemment raison de dire : "Un parlementaire ne peut pas représenter la nation à lui seul. C'est le Parlement dans son ensemble qui est censé le faire". Par ailleurs, quand Jean-Luc Mélenchon discourt avec hauteur, il arbore fort ostensiblement son costume-cravate, symbole de conformisme, de sujétion à l'uniforme imposé, symbole phallique, et pour d'innombrables colonisés symbole du colonialisme. Je ne vois pas pourquoi je pourrais me sentir représenté par un homme qui porte cravate mieux que par une femme qui porte foulard.
PS et PCF Aussi !
Bref, un front de la colère réunissant des composantes fort diverses. La surprise est d'autant plus grande pour l'observateur naïf quand il lit que malgré leur indignation, le PS "a une conseillère municipale voilée à Creil (Oise) (Maïmouna Mbaye, photo de gauche) et le PCF à Echirolles (Isère)" (Mechta Besma, photo de droite). Cette intéressante information est fournie par Vincent Tiberj, chercheur à Sciences-Po et au Centre d'études européennes, que "Le Monde" présente comme spécialiste de l'extrême gauche et de l'immigration en publiant une intéressante interview de ce chercheur, sous le titre "Si les partis considèrent que les quartiers ne doivent plus être des déserts politiques, ce débat va se poser". V. Tiberj ajoute : "Les musulmans représentent une minorité qui vont vouloir aussi s'insérer dans un parti. Il ne faut pas s'arrêter aux préjugés : selon nos études, les musulmans sont autant sinon plus attachés à la laïcité que les catholiques !" On pourrait répondre que le voile n'est pas une obligation coranique, contrairement à ce que répètent de nombreux prédicateurs, mais hélas cette vérité - qui progresse - mettra encore un certain temps à s'imposer largement. Peut-on attendre que la majorité des femmes musulmanes renoncent à se voiler pour leur permettre de s'impliquer dans la vie citoyenne ?
Or, il faut être logique : ce qui compte, est-ce le bout de tissu ? Non, répondent en choeur les détracteurs, c'est ce qu'il représente, l'aliénation de la femme imposée par une religion. OK. Louable radicalisme. Pourtant, Ilham Moussaïd se présente comme féministe, pour la laïcité, le droit à la contraception et l’avortement, contre l'homophobie. N'empêche, parce que et uniquement parce qu'elle s'affiche comme musulmane, la voilà présentée au contraire comme symbole de ce qu'une lecture fondamentaliste de l'Islam porte, effectivement, d'oppresseur pour les femmes. Mais enfin, l'islam n'est pas la seule religion porteuse d'aliénation pour celles-ci. Entre le Vatican et les convictions féministes, il y a un gouffre. Mais alors, il faut, au nom de la lutte contre l'aliénation des femmes, ne pas accepter sur les listes de député chrétien ! A moins bien sûr de tomber dans l'hypocrisie extrême de dire "Ce qui importe, ce n'est pas ce qu'ils pensent, ce qu'ils vont voter, c'est simplement le signe extérieur". D'ailleurs, où commence le signe extérieur ? A-t-on bien vérifié qu'aucun/e candidat/e ne porte au cou une petite croix ? Qu'aucun d'entre eux n'a fait sa communion ? Qu'aucun ne va à la messe - signe parfaitement ostentatoire, puisque tous les assistants pourront constater que madame la conseillère ou monsieur le député sont de bons pratiquants ? Ce qui ne veut pas dire qu'ils suivent pour autant les préceptes de Rome : Ségolène Royal, catholique pratiquante, défend néanmoins l'accès à la contraception. Le blog qui nous le fait remarquer ajoute l'exemple de "François Bayrou, fondateur de feu “Parti Démocrate Chrétien”, un autre croyant proclamé et assumé, pourtant favorable a l’adoption par les couples homosexuels", Il rappelle aussi que l'Abbé Pierre siégea comme député - en soutane - avant de fonder le Mouvement Emmaüs, association laïque.Ajoutons l'immense différence entre la papauté et la Théologie de la Libération, si active en Amérique Latine, ce continent où des prêtres prirent les armes dans les mouvements révolutionnaires. Comme quoi ce n'est pas parce qu'on pratique une religion qu'on est nécessairement courroie de transmission de ses dirigeants et ennemi de la laïcité.
Un Débat Interne Houleux
Ce qui n'empêche qu'à l'intérieur du NPA même, le débat a également été et est houleux. La présence d’Ilham Moussaïd - qui refusa de retirer son foulard - sur la liste a fait démissionner trois colistières, après une assemblée plus que tendue. Une douzaine de candidats démissionnent à leur tour des listes, dans d'autres régions. Pourquoi ? Parce que le voile reste aux yeux des militants un symbole d'oppression à l'égard des femmes, mais aussi parce qu'est en jeu une tradition laïque puissante dans l'héritage de la LCR."Même si des camarades ont une interprétation progressiste de leur foi, que nous saluons, il n'empêche que les systèmes religieux demeurent de terribles instruments d'oppression.", écrit la minorité vauclusienne dans un communiqué. La direction nationale zigzague, défend (elle n'a guère le choix) les majoritaires vauclusiens, mais regrette publiquement que la décision ait été prise au niveau régional sans que l'ensemble du parti en ait été informé, ajoutant que le choix d'Avignon "ne peut faire office de position pour l'ensemble du NPA". Et le ton de Besancenot déplorant les relents d'islamophobie a des accents défensifs qui sentent la gêne aux entournures. Il ajoute “Ilham est la preuve qu'on peut être au NPA et porter le voile”. Le parti rappelle néanmoins que "le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes ". Le communiqué publié par le NPA ne nie d'ailleurs en rien les remous internes. Il rend simplement quelques coups, sous le titre "Le Bal Des Hypocrites", renvoyant Aurélie Filipetti au texte de Marx, ou notant : "Mais sur la question de la laïcité, on croit rêver ! N’est-ce pas le Parti socialiste qui a subventionné main dans la main avec la droite à coups de millions d’euros les écoles privées confessionnelles, notamment catholiques ? "Quant à l'entretien accordé par Alain Krivine, dirigeant historique, au "Monde", on demandera poliment au quotidien de ne pas le publier - signe qu'il aurait pu révéler trop crûment quelques tensions internes -.
En novembre, un congrès du parti devra se pencher sur les rapports complexes entre militantisme, laïcité et religion. Ce sera chaud : les enjeux sont lourds. Si le NPA parvient à gagner quelques positions dans les quartiers populaires, d'autres filles voilées rejoindront ses rangs. Peut-on imaginer leur dire : "Tu peux adhérer, militer, mais pas être candidate ? ". C'est pratiquement impossible. Mais, peut-on répondre, le voile est bel et bien un signe infériorisant, même si certaines musulmanes progressistes ne le vivent pas ainsi. Le NPA, qui se veut héritier de la tradition féministe de la LCR, peut-il être représenté par des femmes qui portent pareil symbole ? Sans compter un danger, potentiellement mortel, de lâcher la proie pour l'ombre. Pour les trotskistes, dont ceux membres de la LCR mais aussi d'autres courants ont rejoint le NPA, le travail au sein des syndicats est central, vital. C'est l'ancrage au sein de "la classe" qui s'y joue, c'est là qu'on noue un rapport organique avec les travailleurs. Or, dans les organisations syndicales (et a fortiori dans leurs commissions "Femmes"), le foulard, ça ne passe guère. "Ce matin, je suis passé à mon syndicat. Aussi sec, on m’a interpelé sur le voile", note un militant. Et il n'est certainement pas seul à craindre que l'orientation vers "les banlieues" éloigne le NPA de ce qui a coûté des décennies d'investissement aux militants de la LCR, l'enracinement dans les organisations de travailleurs. L'Histoire se répète plus ou moins : au début des années '70, la Quatrième Internationale (trotskiste, dont la LCR faisait partie) avait donné une priorité à l'orientation vers l'Avant-Garde Large : mouvements étudiants et lycéens, féministes, d'homosexuels, anti-militaristes, anti-nucléaire. Le projet n'était pas d'abandonner l'idée du rôle central du prolétariat, des salariés, mais de construire un parti révolutionnaire "de la périphérie (NB : l'Avant-Garde Large) vers le centre (NB : les salariés)". N'empêche qu'il fallut corriger le tir dans les années '80 face à un manque d'implantation dans les grandes entreprises. Ce fut l'époque du "tournant ouvrier", avec priorité renforcée au travail syndical et envoi de militants vers les usines, ceci comme les maoïstes - mais beaucoup plus tard et beaucoup trop tard, ne serait-ce que parce que s'implanter était bien plus difficile alors, à cause du manque d'emplois - . Aujourd'hui, le NPA - par définition - ratisse plus large que la feue LCR : la place prise dès lors par écologie, homosexualité, sans-papiers, intervention vers les quartiers populaires, semble susceptible d'inquiéter certains militants qui craignent que l'on perde à nouveau la boussole. L'un d'entre eux s'étrangle quand il entend lors d'une réunion proférer « Ne nous emmerde pas avec tes syndicats ! », phrase inimaginable à la LCR, mais qui passe ici sans réaction.
Les musulmanes non voilées n'aiment pas !
Pierre-François Grond, membre de la direction nationale : «Si une femme voilée vient nous voir et porte un discours inégalitaire, il n'y a pas de problème, elle n'a pas sa place chez nous. La difficulté politique, c'est quand une femme voilée nous rejoint et porte un discours en adhésion avec nos principes. Ici, il ne s'agit pas de la laïcité à l'école, mais d'un choix religieux d'adulte consentant.» (NB : comme nous l'avons rappelé ailleurs, Grond est un peu le parrain de la loi bannissant les signes religieux des écoles, faisant exclure d'un lycée deux élèves qui refusaient d'enlever leur foulard). Anne Leclerc, membre du comité exécutif du NPA, qui déclare qu'elle a mené des formations au féminisme «très enrichissantes et pas du tout passionnées» avec Ilham Moussaïd, explique : : «Il y a aussi chez nous des musulmanes non voilées, qui sont croyantes mais opposées au foulard. Et elles vivent très mal, peut-être même plus mal que nous, le fait de voir une candidate du NPA voilée. Pour une fille comme Fahima Laidoudi, qui est membre du comité politique national, les vraies questions sont la précarité et le chômage, et le voile une diversion.» Elle constate : «Rien n'a été codifié sur cette question au lancement du NPA. On a bien sûr comme principes fondateurs la laïcité et le féminisme, mais on ne s'est pas posé la question de la religion». Ce n'est pas la première à constater que la question de la laïcité et du rapport entre religions et libération a été, au NPA, laissée dans les tiroirs. La chose est encore compliquée par le fait que dans les "quartiers" aussi, des progressistes, des féministes, sont choqué/es par le voile, choqué/es aussi par une attitude qui suppose que les banlieues sont dominées par des musulmans plutôt fondamentalistes. L'en voilà sortie. Le congrès prévu du 11 au 14 novembre 2010 ne sécrétera pas l'ennui. On ne peut accuser en tout cas le NPA de pratiquer la langue de bois, mais les circonstances ne lui ont guère laissé le choix. En tout cas, il y a débat. Il y a reconnaissance des difficultés, des contradictions. Il y a réaffirmation que "le foulard est non seulement un symbole religieux visible mais il est également un instrument de soumission des femmes". On comparera avec intérêt cette attitude à celle de la LCR belge, qui s'est inscrite sans ombre de distanciation dans le sillage des islamistes en faisant totalement l'impasse sur cet aspect oppresseur, et sur la nécessaire solidarité avec les jeunes filles qui dans les écoles sont obligées, par une pression souvent violente, à s'habiller comme le veut une tradition non pas coranique mais machiste. Cela dit, je ne sais pas - manquant quand même d'informations de première main - ce que j'aurais voté si j'avais été militant NPA du Vaucluse : Ilham sur la liste ou pas ? Ce qui ne change rien à l'impérieuse nécessité d'obtenir l'interdiction du port des insignes religieux ostentatoires dans les écoles de la Communauté Française de Belgique. Comme l'écrivait un membre du NPA, partisan de la loi "Ecoles-Foulards" française, mais indécis face au "cas Ilham" : "Ilham, avec son foulard, elle est à la télévision, pas à l'école".
Ilham, à la télévision, la voici :
Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef :
Blues is here to stay ... Johnny Winter passe par la Belgique, puisqu'il jouera le 26 mars au centre culturel de Lessines. Il y a quarante ans que le célèbre albinos publiait son premier album. Depuis, il est resté considéré comme un geyser d'énergie et un grand guitariste (il figure, 74ème, dans la liste des cent plus grands gratteux de l'histoire publiée en 2003 par Rolling Stone). Son jeu en slide n'aurait pas été renié par Elmore James lui-même. Les gènes Winter étaient décidément chargés de notes bleues, puisque Edgar Winter, frangin du premier, a lui aussi réussi un beau parcours à travers scènes et studios. La Suite De L'Article :
Le premier des deux extraits qui suivent date de 1981, et l'on envie les spectateurs puisque Johnny Winter y est accueilli par Muddy Waters en personne et son band. Premier morceau, le classique "Going Down Slow". L'Empereur de Chicago se tient en retrait et laisse en souriant toute la place au blondinet du Texas. Mais les rôles sont répartis dans l'autre sens dans la vidéo suivante (date ?). Waters garde les rênes dans son "19 Years Old". Dans chacun des deux morceaux, celui qui a la vedette se lâche et se permet une petite démonstration à la guitare. Mais les résultats sont extrêmement différents ... Quel style préférez-vous ?
Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : blues, musique, johnny winter, muddy waters, guitare, slide guitar
Faites-vous vos emplettes avec un camion de 20 tonnes ?
La réponse est très probablement : "Non". Mes connaissances seraient certainement surprises que je les imagine manoeuvrant dans le parking du supermarché aux commandes d'un véhicule interminable marqué "Convoi Exceptionnel".
Pourtant, une grande partie de mes connaissances utilisent un poids lourd pour une tâche pas plus exigeante que les achats hebdomadaires. Mais sur ce poids lourd, il n'est pas inscrit "Convoi Exceptionnel". Il est marqué "Word". La Suite De L'Article
Le traitement de texte signé par Microsoft est souvent traité de "bloatware", de logiciel inutilement gonflé de fonctions et de menus inutiles. C'est un peu injuste. Word convient à sa tâche réelle, à ses destinataires réels : les professionnels, et avant tout les professionnels d'entreprises. Word est fait pour ceux qui créent, sauvegardent et utilisent divers "styles" (ensemble de polices, de tailles, de couleurs, de caractéristiques telles que les grasses ou les italiques) destinés chacun à divers types de documents ou de circonstances. Ceux qui se servent de colonnes, de tableaux, de mises en page complexes. Ceux qui ne confondent pas un pied de page et une note de bas de page ; qui doivent créer, à partir d'un document de centaines de pages, un index, une table des matières, insérer des signets, des liens hypertexte ; qui travaillent en mode plan ; qui jonglent avec les zones de texte, les déroulants, les formulaires, les fusions de cellules ; qui font exécuter au logiciel des calculs mathématiques, maîtrisent l'éditeur d'équations, créent des macros, insèrent des graphiques, définissent avec précision l'ancrage d'illustrations et l'écoulement du texte autour de celles-ci, et comprennent l'intérêt du langage XML. Ceux qui pratiquent l'art du mailing automatisé, avec fusion de critères et impression d'enveloppes. Et qui collaborent, car Word est conçu pour que plusieurs personnes se partagent la création et le suivi d'un fichier, le plus souvent au sein d'une même société. Word n'est pas "un programme qui sert à écrire", c'est un traitement de texte complexe, souvent utilisé au sein d'un ensemble, d'une suite bureautique qui s'appelle "Microsoft Office".
A Marketing Wonder...
Par un miracle de marketing, par aussi l'attrait des accords avec les fabriquants d'ordinateur qui incluent dans leur prix une licence et un Word préinstallé, Microsoft est parvenu à faire de cette complexe machine de guerre l'un des programmes les plus populaires au monde. Des millions de gens enregistrent leurs documents sous le format de fichier "*.doc", créé pour Word, alors qu'ils auraient très souvent plutôt intérêt à utiliser le format "*.rtf", beaucoup plus universel. Surtout, des millions de gens paient quelque 250 euros pour Word, ou 450 pour la suite Office (Word, le tableur Excel, Powerpoint pour créer des présentations, Outlook comme agenda et gestionnaire de mails. Des versions plus chères comprennent des programmes supplémentaires. Si vous ne craignez pas l'anglais ni de commander aux USA en calculant les droits de douane, si vous zonez sur eBay, vous trouverez des prix plus intéressants, surtout si vous pouvez prouver que vous êtes enseignant ou étudiant, ce qui vous donne droit à une version "edu"). Après quoi, ces acheteurs utilisent souvent une part infime des fonctions disponibles. Mais pour dénicher la précision dont ils auront besoin à un moment ou l'autre pour travailler, ils vont devoir se colleter avec une aide en ligne conçue pour des professionnels formés, et qui leur apparaîtra comme un fouillis décourageant. Bilan : lassitude, découragement, conviction que "l'informatique, c'est compliqué", achat de livres moins rébarbatifs que l'aide, et pour les plus courageux (et fortunés), inscription à un cours.
Le Ruban Fait Des Noeuds.
Word avait déjà la réputation d'un labyrinthe, la version 2007 nous a apporté une interface nouvelle (encore plus présente dans Microsoft Office 2010) : menus et barres d'outils ont été remplacés par le ruban. (Cliquez les images pour les agrandir).
Je cite Microsoft : "Le Ruban (NB : notez la majuscule) a été conçu pour accélérer la recherche des commandes dont vous avez besoin pour effectuer une tâche. Les commandes sont classées en groupes logiques, lesquels sont regroupés dans des onglets. Chaque onglet a trait à un type d'activité (comme l'écriture ou la mise en forme d'une page). Pour éviter l'encombrement, certains onglets ne s'affichent que lorsqu'ils sont nécessaires". Contraint à utiliser Office 2007 pour Access et Publisher, je ne ressens pas que cette invention à l'aspect confus a "accéléré ma recherche des commandes" et je regrette les menus. L'aspect le plus sympathique du ruban, à mes yeux, c'est qu'on peut le faire disparaître en cliquant sur un de ses onglets, en ne conservant que les titres, comme ci-dessous. Moins intelligible que les menus, ce ruban doit aggraver la panique de l'innocent usager qui recherche une fonction simple. C'est du moins l'impression que j'éprouve après avoir longuement guidé tout à l'heure, par téléphone, une usagère égarée. Après l'avoir entendue se promettre de suivre une formation, et après avoir raccroché, je me suis demandé : "Mais a-t-elle besoin de Word ?". Et je suis persuadé que la réponse est non. Ni besoin de Star Office, suite bureautique bon marché, ou de Open Office, suite bureautique gratuite. Ces décalques de Microsoft Office ne sont pas plus légers que leur concurrent (Est-ce le manque d'habitude ? Je trouve Writer plus embrouillé que son modèle). L'humble Wordpad, par exemple, livré gratuitement avec Windows, suffira à de très nombreux utilisateurs. Il est néanmoins assez limité pour qui veut dépasser un usage basique. Avec le document ci-dessous, nous l'avons poussé dans ses derniers retranchements. Oui mais... Il existe des solutions situées entre le modeste Wordpad et le babylonien Word. Si vous aimez fouiller dans des rayons virtuels, télécharger, tester et comparer, prenez le chemin d'une mine, le site dédié au logiciel libre Framasoft. Par ici pour la page "Bureautique" - qui n'est pas celle des éditeurs de texte, car un éditeur de texte (comme Notepad) ne répond pas aux mêmes besoins qu'un traitement de texte -. Mais si vous préférez aller à l'essentiel, commencez par Abiword.
Abiword
Ce traitement de texte gratuit tourne sur toute une série de plates-formes : Windows, Mac OS X, GNU/Linux, FreeBSD, NetBSD, BeOS, QNX. Vous pouvez l'installer en version française (entre autres). Il importe et exporte aux formats Microsoft Word (.doc .dot), RTF (Rich Text Format), TXT (format texte), LaTeX (le TEX), Internet (HTML et XHTML 1.0), OpenDocument (.odt), format natif Abiword .abw, Abiword template .awt, GZippedAbiword .zawb. Vous pourrez insérer dans vos textes un document extérieur, une zone de texte, des sauts de page, des signets, des liens hypertexte, des notes, des en-têtes et pieds de page, une table des matières, des images (les options de disposition n'ont pas toutes les possibilités qu'offre Word, mais suffiront à la plupart d'entre nous), créer des styles et des tableaux. Statistiques (combien de mots, de paragraphes, de lignes ?), dictionnaires, correction orthographique sont au rendez-vous. L'interface est classique (menus et barres d'outils - celles que vous choisissez d'afficher -) et logique. Abiword est léger, stable et rapide. Point faible : l'aide en ligne francophone est insuffisante et certaines pages manquent sur le serveur. La version anglophone semble plus satisfaisante. En tout cas, si vous consultez cette page, vous constaterez que je ne suis pas le seul à chanter les louanges d'Abiword - dans lequel est né à l'instant l'exemple ci-dessous - . Cliquez ici pour recevoir chaque mois une liste des nouveaux articles de ce blog. Vous pouvez être prévenu/e de chaque parution en cliquant "Messages (Atom)" tout en bas de la page d'accueil. Mots-clef : traitement de texte, bureautique, Word, Microsoft, Microsoft Office, logiciel libre, suite bureautique, Abiword.