mardi 21 avril 2009

La Fonte des Glaces Nous Menace


Si vous envisagez d'acheter un appartement à la côte belge (Vlaamse Kust, pardon), attendez un peu, en tout cas si vous êtes jeune et que vous espérez en profiter pendant encore de très longues années. Car si la fonte des glaces se poursuit, votre investissement risque fort de tomber à l'eau, dans tous les sens du terme. L'un des passages les plus frappants du film "Une Vérité Qui Dérange" ("An Inconvenient Truth"), de l'ex vice-président étatsunien Al Gore, est celui où des cartes révèlent ce qu'il risque d'advenir d'une série d'endroits en cas de montée des eaux. De Manhattan à Shanghaï, ce sera la fuite devant l'inondation, la fuite de réfugiés climatiques qui seront des millions (les gens que les mouvements de population actuels dérangent vont déguster !).
Ce scénario de cauchemar, on en prend gaillardement le chemin.

Fred Pearce, un journaliste et conférencier qui collabore au Daily Telegraph, au Guardian,à l'Independent, collabore avec le Programme Environnement des Nations Unies, le World Wildlife Fund etc. et a écrit plusieurs livres sur l'environnement. Il a publié l'article qui suit le 25 mars (2009) dans le New Scientist.

"La Fonte des Glaces Arctiques Menace l'Humanité"


La disparition progressive de la banquise arctique est un processus dont les conséquences pourraient bouleverser les équilibres subtils que le système Terre a ajusté durant les temps longs de son évolution. Loin d’être un événement local, le réchauffement de cette région du globe - bien supérieur à la moyenne observée ailleurs - pourrait entraîner des conséquences dramatiques sur l’ensemble de la planète.

D’une part, le pergélisol des régions polaires emprisonne des quantités gigantesques de carbone et de méthane dont le dégazement dans l’atmosphère - déjà entamé - pourrait déclencher un processus incontrôlable d’emballement du réchauffement climatique.

D’autre part, l’apport en eau douce est susceptible de ralentir la circulation des courants océaniques, ce qui pourrait perturber gravement les moussons d’Asie, indispensables aux cultures qui nourrissent plus de deux milliards d’humains. Le New Scientist fait le point sur les dernières connaissances scientifiques en la matière et explore ces scénarios inquiétants, mais hélas de plus en plus vraisemblables.

« Je suis choquée, vraiment choquée », déclare Katey Walter, spécialiste de l’écologie à l’Université de l’Alaska à Fairbanks. « Je suis allée en Sibérie, il y a quelques semaines, et je suis maintenant de retour en Alaska. Le pergélisol est en train de fondre rapidement dans tout l’Arctique, des lacs se forment partout et le méthane en sort en bouillonnant. »
En 2006, dans un article publié par la revue Nature, Mme Walter avait averti que la fonte du pergélisol en Sibérie et l’augmentation des émissions de méthane pourraient accélérer les changements climatiques. Mais même cette chercheuse ne s’attendait pas à un tel changement rapide. « Les lacs de Sibérie sont cinq fois plus étendus que lorsque je les avais mesurés en 2006. C’est sans précédent. C’est désormais un événement d’importance mondiale, et la dynamique conduisant à une fonte plus importante du pergélisol s’accélère. »
Les changements spectaculaires dans l’océan Arctique ont souvent fait l’actualité au cours des deux dernières années. Il y a eu une énorme augmentation de la fonte de la banquise chaque été, et certains prévoient aujourd’hui que dès 2030, elle aura complètement disparu en Arctique durant l ’été.

Les discussions sur les conséquences de la disparition des glaces, sont généralement centrées sur l’ouverture de nouveaux domaines pour le transport maritime et l’exploitation minière, ou sur le sort des ours polaires qui chassent sur la banquise. L’enjeu majeur a beaucoup moins retenu l’attention : un réchauffement de l’Arctique transformera toute la planète, et certaines de ses conséquences potentielles sont rien moins que catastrophiques.

Les changements dans la circulation des courants océaniques pourraient par exemple perturber la mousson d’Asie, où près de deux milliards d’êtres humains comptent sur ces pluies pour cultiver les plantes qui les nourrissent. Comme si cela ne suffisait pas, il est également possible que les rétroactions du dégazement de méthane provenant de la fonte du pergélisol puissent entraîner un emballement climatique.

Le danger tient au fait que si une trop grande quantité de méthane est libérée dans l’atmosphère, le monde sera plus chaud, quoi que nous fassions pour réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Des études récentes suggèrent que les émissions provenant de la fonte du pergélisol pourraient être beaucoup plus importantes qu’on ne le pensait. Et bien qu’il soit trop tôt pour en être sûr, certains scientifiques suspectent que ce scénario soit déjà en train de se dérouler : après être resté stables au cours de la dernière décennie, les niveaux de méthane ont commencé à augmenter à nouveau, et ces émissions pourraient provenir du permafrost arctique.

Ce qui est certain, c’est que l’Arctique se réchauffe plus vite que tout autre endroit sur Terre. Alors que la température mondiale moyenne a augmenté de moins de 1 ° C au cours des trois dernières décennies, le réchauffement de l’océan Arctique a été beaucoup plus important, de l’ordre de 3 ° C. Dans certaines zones où les glaces ont disparu, les températures ont augmenté de 5 ° C.


Ce réchauffement intense ne se limite pas à l’océan Arctique. Il s’étend vers le sud, en profondeur dans les terres émergées de la Sibérie, de l’Alaska, du Canada, du Groënland et de la Scandinavie, et y fait fondre la neige, les calottes de glace et de pergélisol. En 2007, la température de l’Arctique nord-américain a été en moyenne plus de 2 ° C supérieure à la moyenne observée de 1951 à 1980, et dans certaines régions de la Sibérie cette augmentation a atteint 3 ° C . En 2008, la température en Sibérie a été de 2 ° C supérieure à la moyenne.

La plupart de ces phénomènes résultent de rétroactions positives provenant de la disparition de la banquise, déclare David Lawrence, du Centre National de Recherche Atmosphérique à Boulder, Colorado. Ses études de modélisation montrent que pendant les périodes de forte diminution de la banquise, le réchauffement s’étend à quelques 1500 kilomètres à l’intérieur des terres. « Si la banquise continue à se réduire rapidement au cours des prochaines années, le réchauffement des terres arctiques et le dégel du pergélisol vont vraisemblablement accélérer », précise-t-il.

Les changements dans la configuration des vents pourraient accélérer encore le réchauffement. « La diminution de la banquise durant l’été implique que plus de chaleur soit absorbée par l’océan. Elle est ensuite restituée dans l’atmosphère au début de l’hiver. Ceci modifie la configuration des vents et favorise la perte supplémentaire de banquise », indique James Overland, un océanographe au Pacific Marine Environmental Laboratory de Seattle. « La grande question, potentiellement, c’est que nous pourrions avoir maintenant une rétroaction positive entre le régime des vents dans l’atmosphère et la diminution de la banquise. »

De fait, l’évolution des vent pourrait aussi être à l’origine de certains épisodes de froid et de neige en Amérique du Nord et en Chine au cours des derniers hivers, note M. Overland. Les flux inhabituels d’air chaud entre la Sibérie et le Pôle ont repoussé l’air froid vers le sud dans d’autres parties de la région.

Ce réchauffement rapide de l’Arctique indique qu’une hausse de la température mondiale de 3° C, probable durant ce siècle, pourrait se traduire par un réchauffement de 10° C dans le Grand Nord. Le pergélisol pourrait risquer de fondre sur plusieurs centaines de mètres de profondeur.

C’est là que ce phénomène devient d’importance mondiale. L’Arctique n’est pas seulement un miroir réfléchissant en train de se craqueler, c’est également un énorme réservoir de carbone et de méthane, emprisonnés dans les sols gelés et les formations de glaces sous marines.


Un quart de la superficie des terres de l’hémisphère nord est faite de pergélisol, un sol gelé en permanence. Par endroits, le permafrost profond, qui s’est formé au cours de la dernière glaciation, lorsque le niveau de la mer était beaucoup plus bas, s’étend loin dans l’océan, sous les fonds marins. De vastes zones de permafrost ont déjà commencé à fondre, entraînant une érosion rapide, la déformation de routes et de pipelines, l’effondrement de bâtiments et l’apparition de forêts « ivres » aux arbres penchés.

Le véritable problème, tient au fait que le pergélisol contient du carbone organique sous forme de plantes et d’animaux morts depuis des temps immémoriaux. Certains animaux, y compris le mammouth, y sont restés gelés durant des dizaines de milliers d’années. Lorsque le pergélisol fond, une grande partie de ce carbone est susceptible d’être relâché dans l’atmosphère.

Nul ne sait exactement combien de carbone est enfermé dans le pergélisol, mais il semble qu’il y en ait beaucoup plus que nous ne le pensions. Une étude internationale dirigée en 2008 par Edward Schuur de l’Université de Floride a doublé les estimations précédentes de la teneur en carbone du pergélisol, avec un chiffre d’environ 1.600 milliards de tonnes - soit environ un tiers de l’ensemble du carbone présent dans les sols du monde entier et deux fois plus que dans l’atmosphère.

M. Schuur estime que 100 milliards de tonnes de carbone pourraient être libérés par le dégel au cours de ce siècle, selon les scénarios de base. Si ce dégazement se produisait sous forme de méthane, l’effet de réchauffement serait l’équivalent à 270 années d’émissions de dioxyde de carbone aux niveaux actuels. « C’est une sorte de bombe à retardement au ralenti », prévient-il.

L’est sibérien, dont le permafrost est vieux de 40.000 ans, est une région particulièrement sensible. Elle contient à elle seule 500 milliards de tonnes de carbone, explique Philippe Ciais, co-président du Global Carbon Project, un réseau de recherche et d’analyse du cycle du carbone. La région Est de la Sibérie a connu par moment des températures de 7 ° C plus chaudes que la normale au cours de l’été 2007, précise-t-il.


L’augmentation de la température provoque une fonte saisonnière de la couche supérieure du sol à des niveaux plus profonds que la normale. Les microbes peuvent alors briser toute la matière organique présente dans la couche en train de dégeler, libérant non seulement du carbone, mais produisant également de la chaleur qui renforce la fonte en profondeur. La chaleur résultant de la décomposition est une autre rétroaction positive qui permettra d’accélérer la fonte, note M. Ciais.

De plus, si la profondeur de la fonte durant l’été est supérieure à celle de la recongélation durant l’hiver, il se forme alors une couche de sol non gelé en permanence, connue sous le nom de Talik, qui est prise en sandwich entre le pergélisol et la couche superficielle gelée. « Les Taliks permettent à la température de monter plus plus rapidement dans le sol, accélérant le dégel du permafrost sur le long terme », explique M. Lawrence.

Le carbone libéré par la fonte du pergélisol peut entrer dans l’atmosphère soit sous la forme de dioxyde de carbone, soit de méthane, qui est un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant, pour une quantité équivalente. Si la matière organique se décompose dans des environnements pauvres en oxygène comme le sont typiquement les sols marécageux et les lacs de ces régions, il se forme alors plus de méthane.

Les chercheurs ont étudié la région marécageuse de Stordalen dans le nord de la Suède depuis des décennies. La fonte du pergélisol y est rapide et, alors que l’humidité s’accroît, une quantité de plus en plus importante de méthane est libérée dans l’atmosphère, déclare Torben Christensen de l’Université de Lund en Suède. C’est le futur pour la plupart du permafrost de l’hémisphère nord, prévoit-il.

Ce ne sont pas seulement les zones marécageuses qui posent problème. Dans les zones basses, la perte de volume induite par la fonte des glaces du pergélisol, conduit à l’effondrement du sol et à la formation par l’eau de fonte de lacs thermokarst [1]

Les observations par satellites indiquent que le nombre et la superficie de ces lacs croissent de plus en plus. Comme le montrent les travaux réalisés par M. Walter et d’autres chercheurs, ils pourraient donc être une source importante de méthane.

Toutes ensembles, ces recherches les plus récentes dressent un tableau inquiétant. Étant donné que les modèles existants ne tiennent pas compte des effets de rétroaction, tels que la chaleur produite par la décomposition, le pergélisol pourrait fondre beaucoup plus rapidement qu’on ne le pensait généralement. « Au lieu de disparaître en 500 ans, le pergélisol le plus profond pourrait disparaître en 100 ans », indique M. Ciais.

Le pergélisol n’est pas la seule source de méthane dans l’Arctique. Les sédiments océaniques peuvent être riches en hydrates de méthane, une forme de glace contenant du méthane qui y est piégé. Les énormes quantités d’hydrate de méthane que l’on estime se trouver dans les fonds de l’océan Arctique sont particulièrement préoccupantes. En raisons de la froideur de ces eaux, les hydrates de méthane se trouvent plus près de la surface que dans la plupart des autres régions du monde. Ces dépôts sont donc beaucoup plus vulnérables au réchauffement des eaux de surface.

Juergen Mienert, de l’Université de Tromso en Norvège, qui a analysé les dernières éruptions des hydrates de méthane de l’Arctique, explique que les conditions actuelles sont similaires de façon inquiétante à celles qui ont existé par le passé, lorsque les eaux ayant subi un réchauffement ont pénétré les sédiments, ce qui déclenche la libération des hydrates. « Le réchauffement de la planète provoquera plus de rejets », dit-il.

Bien que la réduction de la superficie de la banquise en mai 2007 ait fait les gros titres, certains chercheurs affirment que ce qui est vraiment effrayant c’est la hausse des niveaux de méthane qui a été enregistrée simultanément. Alors que le niveau de méthane dans l’atmosphère avait plus que doublé depuis l’époque pré-industrielle, depuis à peu près une dizaine d’années il y avait eu peu de changements.

Puis, en 2007, plusieurs millions de tonnes de méthane supplémentaires sont entrées mystérieusement dans l’atmosphère. L’analyse détaillée des capteurs de méthane dans le monde donne à penser qu’une grande partie de celui-ci provenait du Grand Nord. M. Ciais indique qu’il semble que la plus grande source de méthane ait été le permafrost sibérien.

Ce phénomène donne encore lieu a controverses. Matt Rigby, chercheur au Center for Global Change Science du Massachusetts Institute of Technology, qui a analysé cette augmentation brusque de méthane, indique que nous ne pouvons pas encore affirmer que ce sont les émissions provenant de la fonte du pergélisol qui aient le plus contribué à cette hausse. « Mais 2007 a été exceptionnellement chaude en Sibérie, et nous nous attendions à une augmentation des émissions lorsque la température augmente », ajoute-t-il.

Cette hausse pourrait être un phénomène isolé - ou l’amorce de quelque chose d’important. « Une fois que ce processus a commencé, il pourrait bientôt devenir irréversible », explique M. Ciais.

Mme Walter est du même avis. A l’heure actuelle, elle estime que seulement quelques dizaines de millions de tonnes de méthane sont émises. « Mais il y a des dizaines de milliards de tonnes potentiellement disponibles pour être relâchées. » Et plus le réchauffement s’accélère, plus les émissions augmentent.

Le risque le plus inquiétant de tous est celui d’un emballement de l’effet de serre. Le carbone stocké dans le Grand Nord a le potentiel d’accroître la température de 10 ° C ou plus. Si le réchauffement de la planète provoque la libération dans l’atmosphère d’une plus grande quantité de gaz à effet de serre, ces émissions augmenteront encore plus le réchauffement et les émissions de carbone dans l’atmosphère. Finalement, ce processus de rétroaction se poursuivrait, même si nous avions réduit à zéro nos émissions à effet de serre. Une fois atteint ce point, le changement climatique serait alors hors de contrôle.

Il existe un autre sujet de préoccupation concernant la fonte des glaces de l’Arctique : la quantité croissante d’eau douce qui est apportée dans l’océan Arctique. Le diminution de l’épaisseur et de l’étendue de la banquise a déjà ajouté une grande quantité d’eau douce dans l’océan. Dans le même temps, les cours d’eau y déversent jusqu’à 10% d’eau en plus qu’ils ne le faisaient il y a un demi-siècle. C’est là en partie le résultat de l’augmentation des précipitations dues au réchauffement de l’air (l’air chaud peut contenir plus d’humidité), et en partie le résultat de la fonte du pergélisol, de la glace et de la neige. La fonte de la calotte glaciaire du Groënland libère également plus d’eau douce. si l’Arctique se réchauffe encore, cette quantité d’eau douce augmentera donc.

Touë ces apports supplémentaires d’eau douce pourraient affaiblir la « pompe » qui propulse la circulation thermohaline de l’océan. Son élément le plus célèbre est le Gulf Stream dans l’Atlantique Nord, mais cette circulation traverse toutes les mers. Elle prend origine dans l’extrême nord de l’Atlantique, au large du Groënland, où l’eau exceptionnellement dense plonge au fond de l’océan. L’eau devient plus dense en cette région, en partie parce qu’elle se refroidit, et en partie parce que la formation de la banquise en augmente la salinité. Avec une eau devenue un peu plus chaude et un peu moins salée en raison de tous les apports d’eau douce, le plus inquiétant est que cette pompe pourrait ralentir.

Les craintes ont diminué de voir ce courant océanique s’interrompre complètement, ce qui provoquerait une chute des températures dans le nord de l’Europe. Les modélisations du système climatique ne prévoient pas un arrêt durant le siècle prochain, affirme Stefan Rahmstorf, océanographe de l’Institut de Potsdam pour la Recherche sur le Climat.

Cependant, même un simple ralentissement de cette circulation océanique pourrait produire des changements spectaculaires. Les modèles climatiques suggèrent que des changements dans le régime de ces courants modifieraient la pluviosité dans le monde entier. Ces modèles sont corroborés par des études menées sur les évolutions du climat induites par les derniers arrêts de la circulation océanique.

La plus grande conséquence, indique Dong Buwen du Walker Institute for Climate System Research à l’Université de Reading, Royaume-Uni, serait vraisemblablement un bouleversement, et très probablement un effondrement complet de la mousson d’Asie, provoquant de graves sécheresses dans le sud de cette région du monde. « On pourrait avoir d’énormes répercussions sociales et économiques de ces pays », précise-t-il.

La mousson est en Asie la principale source d’eau pour les grandes zones les plus densément peuplées du continent. On estime que 2 milliards de personnes - soit un tiers des habitants de la planète - comptent sur elle pour produire leur alimentation. Que disparaisse la mousson et ils meurent de faim. Et tout cela pourrait résulter d’un réchauffement dans l’Arctique.

Personne ne peut être sûr que tout cela soit probable. En effet, les scientifiques du GIEC qui préparent ses rapports ne parviennent pas même à s’accorder sur la façon de quantifier les probabilités de tels événements. En conséquence, ces « scénarios de la peur » ont été à peine mentionnés dans leur dernière publication.

Néanmoins, les derniers résultats suggèrent que nous ne pouvons ignorer ces possibilités, étant donné en particulier que tout ce qui concerne le climat mondial est lié. La perte de la banquise arctique pourrait libérer de plus en plus de méthane contenu dans le pergélisol et les hydrates de méthane. Ce qui rendrait à son tour de plus en plus probable qu’ait lieu au cours du siècle une réduction spectaculaire de la force de la circulation océanique, pouvant se traduire par de brusques changements dans la mousson d’Asie.

Durant l’été, la banquise de l’océan Arctique rétrécit déjà beaucoup plus rapidement que ce que les modèles du GIEC avaient prévu. Une chose est sûre, ce ne sont pas seulement les ours polaires qui devraient se soucier de la réchauffement de l’Arctique.

Mots-clef : arctique, pôle, fonte, glace, banquise, montée des eaux

dimanche 19 avril 2009

Animation Anti-Pollution (Vidéo)


Non, ce n'est pas un tract écologiste plein de bonne volonté et ennuyeux. C'est un tract écologiste plein de bonne volonté et émouvant.
NB : le titre original de la vidéo est "Spilled Oil".



Mots-clef : pollution, marée noire, environnement, vidéo, animation

Animation Anti-Guerre (Vidéo)


Non, ce n'est pas l'équivalent en images d'un tract plein de bonne volonté et ennuyeux comme la pluie. C'est drôle - drôle et tragique -. Si l'anglais vous est un univers impénétrable, ce n'est pas un problème : les voix sont expressives. L'intrigue est simple : la guerre, il y a des gens qui sont faits pour (ou le croient, jusqu'à la désillusion cruelle) et ceux qui ne sont pas faits pour, et qui le savent. Cette vidéo me rappelle les soldats français et allemands qui, en 14-18, ont quelquefois fraternisé - ce à quoi leurs chefs mirent vite bon ordre -.
NB : le titre de l'animation est "Mortimer and Bracket".



Mots-clef : guerre, paix, fraternisation, animation, vidéo

samedi 11 avril 2009

George Harrisson, Eric Clapton : "While My Guitar Gently Weeps" (vidéo)


1er août 1971 : la guerre fait rage au Pakistan oriental, en lutte - soutenu par l'Inde - pour devenir le Bangla Desh. Le conflit est horriblement meurtrier, il fait des millions de morts et de réfugiés. Devant ce désastre, George Harrisson, particulièrement sensible à ce qui touche la région de l'Inde, tente de réunir des fonds pour venir en aide aux civils. 40.000 personnes (un chiffre énorme pour l'époque) assistent aux deux "Concerts Pour le Bangla Desh"...

Pour cette bonne cause, Harrisson réunira au Madison Square Garden de New York son collègue Beatle Ringo Starr, Bob Dylan, Eric Clapton, Ravi Shankar, Leon Russell, Badfinger et Billy Preston. "While My Guitar Gently Weeps", assez éloigné ici de la version originale, est marqué entre autres par le beau duo de guitares qui unit au final Harrisson et son ami Eric Clapton .



Mots-clef : George Harrisson, Ringo Starr, Bob Dylan, Ravi Shankar, Leon Russell, Badfinger, Billy Preston, concert for the bangla desh

Christian, le lion aimant. (vidéos)


Christian : c'était le nom que deux amis avaient donné à un lionceau, en vente, en 1969, dans un grand magasin de Londres, à l'étroit dans sa cage, et qu'ils avaient adopté. Christian était devenu affectueux et joyeux comme un jeune chien ... mais grand comme un jeune lion. Il fallut bien l'admettre, sa place n'était plus en Grande-Bretagne. Une chaîne d'entraide permit de le libérer dans la nature africaine, au Kenya, où il devint chef d'une harde et connut diverses aventures. Mais ...

Mais ses "parents adoptifs" ne l'avaient pas oublié - et décidèrent en 1972 d'aller lui rendre visite - Après quelques moments d'hésitation, Christian les reconnut. Ce qui se passa ensuite fut émouvant ... et heureusement, filmé. La première vidéo ci-dessous est plutôt un résumé, la seconde est encore plus étonnante, elle montre ce qui s'est passé après la rencontre entre le lion et ses amis. Elle montre également les parents de Christian, tournant en rond dans leur cage d'un zoo...
En 1973, John Rendall and Anthony 'Ace' Bourke retournèrent au Kenya, sans caméra, et parvinrent à retrouver Christian. Celui-ci les reconnut à nouveau. Il se jeta une fois de plus dans leurs bras, mais il était devenu énorme, et chacun des deux hommes se retrouva au tapis. Ils passèrent la nuit avec les lions, après quoi on perdit trace de Christian et de sa famille.
Si vous voulez en savoir plus, Wikipedia consacre une page à cette belle aventure.
Ah, j'oubliais : il y a des gens qui expliquent gravement que les animaux sont incapables de sentiments...






Mots-clef : lion, christian, nature, afrique, zoo, animaux

Frémissements dans certains milieux pro-israéliens ?


"Contact J", qui se présente comme "Mensuel d'expression du judaïsme belge", n'est pour le moins pas anti-sioniste. La lutte contre l'antisionisme figure d'ailleurs, sans surprise, dans les buts statutaires du Cercle Ben Gourion, duquel il émane tout comme Radio Judaïca. Le Cercle est également proche du Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique (CCOJB). La solidarité avec Israël est consubstantielle à ce journal comme au milieu dont il est issu. La lecture du dernier numéro en est d'autant plus intéressante.

Ainsi, un éditorialiste, que l'on entend aussi sur Radio Judaïca, commence son billet en énumérant toutes les raisons qu'il a eues et qu'il maintient de rejeter avec mépris l'idée d'un Etat palestinien. Mais ... il faut bien tenir compte des réalités, notamment de celles qui règnent désormais à Washington. Donc, écrit Isaac Franco, "il faut accompagner, fût-ce de mauvaise grâce, ce qui ne peut être empêché", sans quoi la parole israélienne sera tellement en porte-à-faux avec la réalité qu'elle en deviendra inaudible. Et l'auteur souhaite que le nouveau Premier Ministre israélien ait les coudées franches pour agir dans ce sens, débarassé si nécessaire "de ceux qui, fût-ce pour les meilleures raisons du monde, refusent encore cette équation".
Entendons-nous, il n'est pas question ici des droits du peuple palestinien, pas question de justice ni même d'humanité : il s'agit d'appliquer une Realpolitik, avec la plus mauvaise grâce du monde, parce qu'Israël est désormais forcé "de courir les risques d'un nouveau marché de dupes, la violence contre les territoires". Pareils préliminaires indiquent comment l'auteur peut voir un futur Etat palestinien : aussi faible et aussi petit que possible, une miette jetée à une opinion internationale exaspérée. Et bien sûr, la concession dont témoigne l'article contraste avec une situation où une coexistence entre deux Etats paraît, pour l'instant du moins, plus irréalisable que jamais. N'empêche que cette évolution n'est pas à ignorer.
D'autant qu'un vent d'ouverture semble souffler sur ce numéro. On y trouve par exemple l'interview d'un Palestinien victime de l'intervention sur Gaza. Il s'agit du Docteur Abou Al-Aisch, militant pour la paix et la compréhension mutuelle, dont la famille est morte sous les bombes. Il est récemment venu en Belgique, ayant été nommé citoyen d'honneur de la commune belge de Viroinval. Bien sûr, on peut rappeler que des centaines d'autres femmes et enfants sont morts de façon aussi navrante que cette seule famille dont le sort a touché l'opinion israélienne, mais on doit aussi saluer la brèche que ce drame a ouverte dans un mur de haine.
Autre brèche dans un autre mur : "Contact J" reprend une analyse (parue dans l'édition en anglais du journal israélien de centre-gauche Haaretz) du livre "Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine", livre de John Mearsheimer et Stephen Walt qui ébouriffe quelque peu l'opinion aux Etats-Unis et en Israël. L'auteur de l'article, David B.Green, souligne entre autres que les organisations juives qui combattent la politique israélienne sont honorables et qu'il est absurde de les traiter d'antisémites (ce dernier point devrait tomber sous le sens...). L'idée de l'article est que l'attitude d'Israël et de ceux qui la soutiennent est devenue tellement criticable, mène à un tel isolement, "que l'on ne rend pas service à l'Etat juif en soutenant inconditionnellement sa politique, et qu'en réalité, Israël aurait besoin d'une puissance comme les USA pour l'aider à se sauver d'elle-même". A ceux qui renâclent devant l'idée d'un Obama arbitre au Proche-Orient, Green fait observer : "Il ne semble pas y avoir de limite au bain de sang que les opinions publiques israélienne et palestinienne sont prêtes à tolérer. Au contraire, leur soif de violence semble grandir."
Reste à voir si une politique guidée par la main paternelle de l'Oncle Sam peut devenir réalité à Jérusalem, vu la coalition née des élections et les positions de Netanyahu sur les colonies juives de Cisjordanie et la création d'un Etat palestinien. En tout cas, il n'est pas inintéressant de constater ces nuances, dues sans doute à un contexte sur lequel pèsent les élections états-unienne et israélienne, mais aussi le bilan, finalement bien peu positif d'un point de vue israélien, de l'opération menée sur Gaza.
Enfin, le Cercle Ben Gourion - dont émane Contact J - est proche du Comité de Coordination des Organisations juives de Belgique (CCOJB), qui s'est illustré récemment comme pompier pyromane après la manifestation contre l'intervention israélienne à Gaza. Ce Comité avait porté plainte auprès de Centre pour l'Egalité des Chances contre le PS, le CDH, Ecolo et 83 ONG après la manifestation de Bruxelles contre les bombardements de Gaza, nous en avons longuement parlé. Contact J interviewe le directeur-adjoint de ce Centre, Edouard Delruelle, qui rappelle à ce sujet, sereinement, que "l'objet de cette manifestation est légitime", que "les organisateurs se sont efforcés d'éviter (mais en vain, il est vrai), tout débordement", "que dans leur toute grande majorité, les manifestants se sont abstenus de participer aux actes moralement répréhensibles", et que "nous considérons que la plainte du CCOJB à l'encontre des organisateurs de la manifestation du 11 janvier est disproportionnée". Après tout, on peut se réjouir que pareil propos (infiniment modéré) soit acceuilli dans pareil journal. Les raisons de se réjouir, dans ce dossier, sont si rares...


Mots-clef : contact j, israël, palestine, paix, haaretz, israel lobby, netanyahu, Abou Al-Aisch, ccojb, cercle ben gourion

jeudi 9 avril 2009

Voile Islamique : Le MRAX Débouté. Et Demain ?


Le MRAX (Mouvement Contre le Racisme, l'Antisémitisme et la Xénophobie) est dépositaire d'un bel et noble héritage, celui des personnes qui, peu après la Seconde Guerre Mondiale (1950), bouleversées par l'horreur révélée à la libération des camps, avaient fondé en Belgique un mouvement dédié à la lutte contre les haines qui avaient rendu cette abomination possible.
Ce même mouvement avait lutté pour que les travailleurs "importés" en Belgique au cours des années de prospérité se voient reconnus les droits et la considération qu'on leur devait.
Noble et bel héritage que la direction actuelle de ce mouvement a hélas écorné en se lançant, le 3 octobre 2005, dans un combat douteux.

Le MRAX a attaqué les réglements de l'Athénée royal de Gilly et de l'Athénée royal Vauban à Charleroi. Ces réglements interdisent le port du voile et, plus généralement, de "tout couvre-chef et/ou signe ostensible d'appartenance politique ou religieuse" dans ces établissements. La ministre de l’enseignement de l’époque (Marie Arena) les avait approuvés ; le MRAX affirmait que ces textes étaients porteurs de discriminations directes (atteinte aux droits fondamentaux des élèves musulmans) et indirectes (seul le foulard islamique aurait été visé). Le mouvement invoquait, pour agir, son objet social, "l'opposition aux discriminations, aux haines et aux préjugés". Le Conseil d'Etat vient de se prononcer. Il a estimé que les réglements attaqués étaient «loin de porter atteinte" à ces idéaux, et qu'au contraire ils y étaient favorables. La demande du MRAX a été déclarée irrecevable, parce que les réglements attaqués, au lieu d'être contraires à l'objet social du mouvement, ont "pour effet de le rencontrer et de le conforter". Cet avis rejoint celui de très nombreux progressistes : le port du voile porte atteinte à l'égalité hommes-femmes, en imposant à ces dernières une obligation qui n'a pas d'équivalent du côté masculin ; cette obligation repose sur une vision dévalorisante de la femme, réduite à un objet sexuel qui doit se protéger de la lubricité des hommes (pour qui cette vision n'est pas bien plus flatteuse). On peut ajouter que la pression du milieu sur les femmes musulmanes est terrible (lisez certains forums) et que cette "obligation religieuse" n'en est pas une, puisque, souligne la sociologue musulmane Leila Babès ("Le Voile Démystifié"), elle ne figure pas dans le Coran. La question a fait écrire des centaines de pages, nous en avons parlé ailleurs sur ce blog, n'égrenons pas à nouveau un chapelet d'arguments. Mais on peut s'étonner que le MRAX s'étonne de se voir renvoyer ses propres objectifs, et ne semble pas comprendre qu'il se mettait en porte-à-faux par rapport aux priorités que lui donnait sa première présidente Yvonne Jospa : "Lutter contre toute forme d'exclusion".

MRAX : Quelle Évolution ?

Le mouvement belge prend-il consciemment le risque de se décrédibiliser aux yeux de beaucoup d'antiracistes, de la même façon que l'a fait son correspondant français le MRAP ? La façon dont celui-ci s'aligne sur les revendications de certains courants musulmans lui a fait perdre beaucoup de partisans. En Belgique, le MRAX envisagerait de s'adresser à la Cour européenne des droits de l’homme, peut-être au Comité des droits de l’homme de l’ONU... Sa direction doit se prononcer le 22 avril sur ces options. Faut-il voir dans celles-ci une volonté d'exacerber au maximum le débat ? Faudra-t-il que, le dossier étant plus que jamais porté sur la place publique, les féministes et plus généralement les progressistes s'opposent plus frontalement à un mouvement pour lequel ils n'auraient dû avoir que de la sympathie ? Si l'on doit en arriver là, l'héritage des fondateurs aura été tristement perverti.
Cela dit, l'un des arguments avancés par le MRAX mérite qu'on s'y attarde un peu. Voyez l'article suivant ...


Mots-clef : mrax, voile, islam, laïcité, écoles, conseil d'Etat, arrêt, réglements

mercredi 8 avril 2009

Une Ruée Vers les Ecoles Musulmanes ?


"Si l'on interdit le port du voile dans les écoles, on va précipiter les musulmans en masse vers des écoles confessionnelles". C'est l'un des arguments utilisés par le MRAX (Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie) pour justifier son action contre les réglements scolaires qui, en Communauté Française de Belgique, interdisent le foulard dans l'établissement. Cet argument, nous l'avions déjà rencontré lors de la polémique qui avait entouré une pétition. Il avait été repris par Didier De Laveleye, directeur du MRAX, déclarant : "A partir du moment où certains établissements scolaires interdisent le port du voile - ce que nous condamnons - on va forcément vers l'émergence d'un réseau d'enseignement musulman."

Hier, le président du Mrax, Radouane Bouhlal, enfonçait le clou sur l'antenne de Télé-Bruxelles : "Aujourd'hui, 95% des écoles interdisent le foulard à l'école. Vous croyez qu'il va se passer quoi ? A un moment donné, les musulmanes en auront assez et vont créer des écoles musulmanes et on va se retrouver avec ce modèle de société là".
Evidemment, l'argument impressionne. Quand on y regarde de plus près, on doit pourtant se poser une question : pourquoi, sous prétexte que certaines écoles privées se livreraient à certaines pratiques, devrait-on appliquer celles-ci dans l'école publique ? Les partis démocratiques doivent-ils se lancer dans le racisme sous prétexte de ne pas en laisser le monopole à l'extrême-droite ?
En plus - nous y reviendrons - la communauté musulmane de Belgique ne prend pas le chemin d'écoles vouées à sa religion. Si certaines élèves ont été retirées d'écoles publiques, elles ont été acceptées dans des écoles chrétiennes ... où l'on admet le port de symboles religieux.

Des Chiffres

Cet argument-chantage, "vous allez les envoyer vers des écoles islamiques", ne date pas d'aujourd'hui. La querelle autour du foulard et du voile a suscité en France beaucoup plus d'émoi encore qu'en Belgique. Là, c'est une loi (non des réglements variables d'une école à l'autre) qui interdit le port des signes religieux à l’école publique. Elle date de 2003. Alors ? Les écoles musulmanes ont-elles poussé comme des champignons après la pluie ?
Non.
Selon des chiffres publiés en 2008, l'enseignement privé confessionnel français comptait alors 8000 écoles catholiques (deux millions d'élèves), 256 écoles juives (30.000 élèves) et ... 3 établissements musulmans (aujourd'hui 4) totalisant 400 élèves. (Sources : Revue Enseignement Catholique n°310, Fonds social juif unifié, Revue Le Monde de l’éducation 01/2008). Ainsi, le quotidien algérien El Watan notait en 2007 qu'en France : "Les écoles musulmanes n’ont pas la cote malgré la loi interdisant sur le port des signes religieux à l’école publique. Seules quelques centaines d’élèves ont rejoint ces établissements. Les parents sont plus sensibles aux résultats scolaires qu’à la religiosité. (...) Les responsables du collège-lycée musulman privé, Réussite, d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) font face à un déficit financier important. (...) Les 120 élèves qui fréquentent les six classes du collège s’acquittent de 2050 euros de frais d’inscription. (...) Malgré la loi de 2003 interdisant le port des signes religieux à l’école publique, la multiplication annoncée des écoles musulmanes n’a pas eu lieu."
Bien sûr, une seule école musulmane (Medersa Taalim oul-Islam, à Saint-Denis de la Réunion) bénéficie actuellement d'un contrat d'association avec l'Etat, ce qui allège sérieusement ses charges financières, les autres n'en bénéficient pas encore (il faut entre autres fonctionner depuis cinq ans pour y avoir droit), mais on aurait pu penser qu'une levée de portefeuilles allait avoir lieu pour soutenir l'établissement d'un réseau d'écoles musulmanes ! Les appels au soutien financier, dans un pays qui compte pourtant 4 à 5 millions de musulmans (la loi française interdit les études sur l'appartenance ethnique ou religieuse des résidents), n'ont guère donné de résultat. Et un participant à un forum islamique constate d'un ton désabusé "ce que je tiens à dire c'est que la communauté musulmane en France ne se mobilise pas assez voir presque pas du tout pour impérativement ouvrir ces écoles".

Qualité Avant Tout !

Encore suffit-il de flâner un peu sur les forums Internet musulmans de France pour constater que, comme le note El Watan, au-delà des véhémentes professions de foi, bien des parents attachent en fait plus d'importance à la qualité de l'enseignement et aux résultats scolaires qu'à la religiosité. Ceux qui souhaitent un développement d'écoles musulmanes ont parfois pour premier argument : "l'ecole publique je n'en veux pas elle est a l'enseignement ce que les hlm sont au logement... c'est a dire extremement mediocre sur tout les pts de vue. j'y mettrai mon enfant le jours ou elles feront de la selection et feront leurs job...." , un avis qui n'est pas isolé.
Et le lycée musulman Al-Kindi (Décines, près de Lyon, ouvert en 2007) en tire d'ailleurs argument pour tenter de remplir ses classes, puisqu'il clame, pour attirer des élèves : " Il est en effet constaté, comme le démontrent les récentes études officielles, que l’école publique traverse une crise." . De même, le lycée Averroes (ouvert en 2003 à Lille) se présente avant tout comme " Un lycée guidé par la réussite" et souligne "Depuis sa création, le Lycée Averroès a toujours affiché sa volonté d’offrir un enseignement de qualité."
Peu de musulmans s'attendent à une floraison d'écoles musulmanes. L'un d'eux note: "Vous voulez plus de 50 écoles privée musulmane en france, si on arrive à ce resultat dans un delai de 60 à 80 ans, c'est super..." Et un autre répond : "quand on veut vraiment que ses enfants soient de bons musulmans, on a qu'a les inscrire dans de bonnes mosquées qui sont la pour ca d'ailleurs ou il y a des cours d'arabe, de coran et d'islam,
ce n'est pas en isolant que l'on apprendra mieux notre religion!!
".

Autant donc pour le fantasme d'un enseignement public auquel la "loi foulard" aurait fait perdre tout son sang au profit d'un enseignement islamique...
Mais ce coup d'oeil ne concernait que la France. Et en Belgique ?
Une seule école musulmane, installée dans la grande Mosquée du Cinquantenaire à Bruxelles, est subventionnée par les pouvoirs publics. L'école Avicenne, récemment ouverte par la mosquée Al-Khalil de Molenbeek, n'est pas dans ce cas. On est loin d'un raz-de-marée ! Rappelons par ailleurs qu'il ne suffit pas d'ouvrir une école pour qu'elle soit reconnue ou subsidiée. Elle doit répondre à une série de conditions et de normes, par exemple utilisation de la langue de la région, respect des normes de l'Etat de droit, respect des données scientifiques généralement admises (oui, l'homme est le fruit d'une évolution, non, on ne peut pas à la fois diffuser le créationnisme et être reconnu...).
Voilà qui ramène à sa juste place l'argument brandi par le MRAX. Curieux argument d'ailleurs pour un pareil mouvement, puisqu'il joue sur des fantasmes caressés par l'extrême-droite !


Mots-clef : mrax, voile, islam, laïcité, écoles, conseil d'Etat, arrêt, réglements

samedi 28 mars 2009

Expulsions : une pétition.


C'est assez sympa que le syndicalisme ne soit pas seulement la défense de barêmes ou même d'emplois, mais vise parfois plus large et plus généreux. Le texte ci-dessous circule à la demande de la CGSP-Enseignement, qu'on applaudit bien fort. Il se rapporte à une situation que la Libre décrit plus en détail ici . Les professeurs et les élèves de l'athénée Léon Lepage se mobilisent pour empêcher l'expulsion, décidée par l'Office des Etrangers, de trois élèves et un ancien élève. Les trois premières ne parlent même pas la langue de leur pays, l'Albanie, vers lequel on veut les renvoyer. Elles sont en Belgique depuis dix ans. Le quatrième, réfugié venu du Kirghistan voici huit ans, qui vient d'entamer des études universitaires, risque d'être renvoyé pour raisons administratives à cause du décès de sa mère. Le préfet de l'athénée a dénoncé une logique absurde, administrative et inhumaine, qui touche des personnes intégrées auxquelles on n'a rien à reprocher.

Voici donc le texte :
"Vous savez peut-être déjà que 3 élèves de l'Athénée Léon Lepage (Beta, Rina et Dora HASMUJAJ) ainsi qu'un ancien élève (Niyaz KESHIKBAEV), actuellement étudiant à l'ULB, ont reçu un ordre de quitter le territoire.

Les élèves des classes concernées ont immédiatement rédigé une pétition qui a été signée par l'ensemble des élèves et des professeurs. De même, les professeurs ont rédigé des lettres de soutien à joindre à la procédure de recours.

La Régionale de Bruxelles de la CGSP Enseignement s'associe pleinement aux démarches entreprises par les enseignants et élèves de l'établissement et vous appelle à signer la pétition accessible en suivant le lien :
http://www.lapetition.be/en-ligne/-expulsion-lves-lepage-4036.html
Aussi, toute action de solidarité qui sera proposée à la Régionale, sera bien entendu couverte, qu'il s'agisse d'arrêt de travail, de concentration ou même de manifestation.
A titre informatif, voici le mail envoyé hier, par Philippe UYTTEBROEK, Président de la Régionale au Proviseur de l'établissement :

Monsieur Jean Marc Pierrard,

Voulez-vous bien informer l'ensemble des professeurs de l'Athénée Léon Lepage du soutien inconditionnel de la CGSP enseignement Régionale de Bruxelles dans la défense des trois élèves ayant reçu un avis d'expulsion à savoir Beta, Rina et Dora HASMUJAJ et un ancien élève Niyaz KESHIKBAEV. En ces temps durs pour tous et devant l'incurie gouvernemernementale à traiter de façon humaine et digne la politique d'asile dans ce pays il n'y a comme actions que la résistance et le soutien.

Pour la CGSP enseignement régionale de Bruxelles
Philippe UYTTEBROEK - Président
"

Mots-clef : régularisation, expulsions, étrangers, réfugiés

vendredi 27 mars 2009

L’antisémitisme et les boycotts


Une lettre ouverte a été écrite aux Etats-Unis par les "Activistes Juifs pour la Paix" en faveur de l'homme politique allemand Dierkes diffamé pour avoir appelé au boycott des produits israëliens (traduction française ci-dessous). Les auteurs cherchent à recueillir rapidement des signatures belges. Si vous êtes d'accord avec le texte, pouvez-vous envoyer votre signature à Mateo Alaluf
( malaluf@ulb.ac.be ) avant dimanche? Vous pouvez aussi, bien sûr, faire circuler la lettre.


"Sur l’antisémitisme, les boycotts et l’affaire Hermann Dierkes
Une lettre ouverte de militant/es juifs pour la paix

Nous sommes des militant/es pour la paix d’origine juive. Certains parmi nous s’identifient de cette façon ; d’autres pas. Mais nous nous opposons tous/tes à ceux qui prétendent parler au nom de tous les Juifs ou qui utilisent des accusations d’antisémitisme pour essayer de réprimer la contestation légitime.

Nous avons été indigné/es par les accusations à l’encontre de Hermann Dierkes, un syndicaliste et dirigeant du Parti de gauche (Die Linke) dans la ville allemande de Duisburg. En réaction à l’attaque israélienne récente contre Gaza, Dierkes a exprimé l’avis qu’une des façons dont les Palestiniens pourraient être aidés à obtenir justice serait de soutenir l’appel du Forum social mondial au boycott des marchandises israéliennes, de sorte à exercer une pression sur le gouvernement israélien.

Dierkes a été soumis à grande échelle à des dénonciations au vitriol l’accusant d’antisémitisme et d’appeler à une répétition de la politique de boycott des produits juifs prônée par les Nazis dans les années 1930. Dierkes a répondu en affirmant que « les mots d’ordre du FSM n’ont rien à voir avec les campagnes racistes antijuives de type nazi, mais visent seulement à changer la politique d’oppression des Palestiniens exercée par le gouvernement israélien. »

Personne n’a accusé Dierkes d’antisémtisme pour autre chose que son soutien au boycott. Et pourtant, il a été accusé de « pur antisémitisme » (Dieter Graumann, vice-président du Conseil juif central), de prononcer des mots équivalents à « une exécution de masse à la lisière d’une forêt ukrainienne » (Achim Beer, éditorialiste du Westdeutsche Allgemeine Zeitung), et de faire de la « propagande nazie » (Hendrik Wuest, secrétaire général de la CDU).

Nous, signataires, avons des points de vue différents sur l’opportunité et l’efficacité de l’appel au boycott des produits israéliens. Certain/es parmi nous pensent qu’un tel boycott est une composante essentielle d’une campagne de boycott, désinvestissement et sanctions qui peut mettre fin à quarante ans d’occupation israélienne ; d’autres pensent que le meilleur moyen d’exercer une pression sur le gouvernement israélien est un boycott plus sélectif, centré sur les institutions et firmes qui soutiennent l’occupation. Mais nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il est essentiel d’exercer une pression sur le gouvernement israélien si l’on souhaite que paix et justice l’emportent au Moyen-Orient, de même que nous sommes tous d’accord sur le fait qu’un appel au boycott d’Israël n’a rien à voir avec la politique nazie « N’achetez pas chez les Juifs ».

Il n’est pas plus antisémite de boycotter Israël pour mettre fin à l’occupation qu’il n’était anti-Blanc de boycotter l’Afrique du Sud pour mettre fin à l’apartheid. Les mouvements pour la justice sociale ont souvent appelé au boycott ou au désinvestissement, que ce soit contre le régime militaire en Birmanie ou contre le gouvernement du Soudan. Qu’ils soient opportuns ou pas, ces appels ne sont nullement discriminatoires.

La violence au Moyen-Orient a conduit, en effet, à certains actes d’antisémitisme en Europe. Il y a même eu à Rome un appel au boycott des boutiques appartenant à des Juifs, qui fut largement et adéquatement condamné. Nous déplorons un tel fanatisme. Les crimes d’Israël ne sauraient être attribués aux Juifs dans leur ensemble. Mais, en même temps, un boycott d’Israël ne saurait être présenté comme l’équivalent d’un boycott des Juifs dans leur ensemble.

Une forme aigüe et inquiétante de racisme qui se développe aujourd’hui en Europe est l’islamophobie et la xénophobie dirigées contre des immigrants de pays musulmans. Dierkes a été au premier plan des militant/es pour la défense des droits des immigré/es, tandis que certains de ceux qui accusent tous les critiques d’Israël d’être antisémites participent souvent eux-mêmes – à l’instar du gouvernement et de l’Etat d’Israël – à ces formes de racisme.

La Shoah a été un des événements les plus horribles de l’histoire contemporaine. C’est faire déshonneur à ses victimes que d’utiliser sa mémoire comme un gourdin pour réduire au silence ceux et celles qui critiquent à juste titre le traitement inqualifiable des Palestiniens par Israël.

Premiers signataires

Michael Albert, ZNet, USA
Phyllis Bennis, Institute for Policy Studies, USA
Ellen Cantarow, writer, USA
Noam Chomsky, Professor Emeritus MIT, USA
Lawrence Davidson, West Chester University, USA
Louis Kampf, Professor Emeritus MIT, USA
Joanne Landy, Campaign for Peace & Democracy, USA
Marvin Mandell, co-editor, New Politics, USA
Stephen R. Shalom, William Paterson University, USA
Stephen Soldz, co-founder, Coalition for an Ethical Psychology, USA
Howard Zinn, Professor Emeritus Boston University, USA"

Mots-clef :Israël, boycott, Palestine, Dierkes

jeudi 26 mars 2009

"Détail de l'histoire" : Le Pen a remis ça. (vidéo)


Pas à dire, le parrain de la fille de Dieudonné a de la suite dans les idées. En 1987, il avait affirmé que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire. Il avait remis ça en 2005 à la BBC, puis dans l'hebdo "Bretons" en avril 2008. Au journaliste qui lui objectait qu'on avait "déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer", Jean-Marie Le Pen avait répondu : "Mais ça, c'est parce que vous croyez à ça. Je ne me sens pas obligé d'adhérer à cette vision-là."

Au passage, Le Pen avait montré qu'il n'avait pas plus d'amour pour les musulmans que pour les juifs, parlant de la «banlieue parisienne, où en sortant du métro vous vous trouvez à Tombouctou ou Casablanca». Il avait ajouté : «La population musulmane qui s'implante à Quimper ne met pas la coiffe. Elle met le voile. Et la Bretonne qui habite ce quartier de Quimper, elle met aussi le voile pour ne pas avoir de problèmes». Voilà ce que déclare le grand pote de Dieudo. Après ça, il y a encore des beurs de banlieue pour croire que Dieudonné est leur copain et leur porte-voix, c'est à désespérer des moyens de communication modernes.
Toujours est-il que JMLP a remis le couvert au Parlement Européen. Il est mécontent parce que les députés envisagent de l'empêcher de présider, en tant que doyen (s'il est réélu), leur session inaugurale d'après les élections européennes du 7 juin. Pour cela, il faudrait modifier le règlement interne du Parlement (NB : chose faite désormais). A la tribune, le leader du FN a tout fait pour aggraver son cas, mais la coupe est déjà tellement pleine que cela ne change pas grand'chose. Voici donc le cirque Le Pen version mars 2009.



Mots-clef : Le Pen, Dieudonné, chambres à gaz, négationnisme, extreme-droite, parlement européen, vidéo

mercredi 25 mars 2009

"Le Hamas a voté pour l'extrême droite sioniste"


Le titre de cet article et l'article lui-même figurent entre guillemets, parce je n'en suis pas l'auteur. Je relaie ici un article de Shalom Archav, dont je n'approuve pas tous les termes, mais dont je partage l'idée fondamentale, c'est à dire qu'au moins une partie de la direction du Hamas et les sionistes durs sont partenaires, symétriques, ayant besoin les uns des autres. A l'heure où le profil du gouvernement israélien se clarifie, cette réflexion ne manque pas d'intérêt.



"Le scrutin du 10 février 2009 aura doté Israël du gouvernement le plus à droite de son histoire. Ce résultat fut largement acquis grâce au Hamas. On a beaucoup glosé sur les mobiles du mouvement islamiste à rompre la trêve de six mois en cours avec Israël depuis juin 2008. Les statistiques des tirs (mortiers et roquettes Qassam) sur le Sud israélien fin 2008-début 2009 parlent de manière éloquente : juillet, 12 ; août, 11 ; septembre, 4 ; octobre, 2 ; novembre, 193 ; décembre, 602 ; janvier, 493 ; février, 36 . Pourquoi cet emballement ? Pourquoi cette accalmie ? Les Qassam occasionnent des dégâts matériels et des pertes humaines minimes. Mais il est insupportable de vivre à Sderot et aux alentours de la Bande de Gaza sous les alertes incessantes, 24 heures sur 24, durant des années, dans l’angoisse permanente pour soi-même et pour les siens. Si, sur un plan militaire, ces missiles bricolés font l’effet de piqûres de moustique, ils possèdent un impact psychologique dévastateur. Ils exercent sur l’opinion un effet politique majeur. Le gouvernement d’Israël ne pouvait les ignorer, surtout à la veille d’un scrutin. Le maximum des tirs intervient en pleine campagne électorale - malgré l’opération Plomb durci qui se déchaine. En février, miracle, leur cadence chute. Leur but aurait-il été atteint ?

Issu et héritier des Frères musulmans, le Hamas aspire à restaurer un islam prétendument authentique. Il ne croit pas à l’Etat nation mais à la nation de l’islam. Il ne vise pas à créer un Etat palestinien. Pour lui l’existence même d’Israël, Etat juif en Palestine, constitue une vivante insulte à la oumma. Elle humilie la communauté des croyants. Car la Palestine est un waqf, terre islamique inaliénable. Les Juifs y sont peut-être tolérés, mais sous la bannière de l’islam. Comme foi, pas comme peuple, encore moins comme nation. Dans cette perspective, la colonisation en Cisjordanie constitue paradoxalement pour le Hamas sa meilleure alliée stratégique. Par son grignotage incessant, son saucissonnage de l’espace, son peuplement juif de la terre palestinienne, la colonisation empêche l’émergence d’un Etat palestinien viable. Or, sur l’aire géographique comprise entre la mer et le Jourdain, la population arabe est en train de devenir majoritaire - si elle ne l’est déjà. Faute de pouvoir conquérir ses droits légitimes sur un Etat libre et souverain aux côtés d’Israël, le peuple palestinien les revendiquera sur l’ensemble de la Palestine ex mandataire. Tôt ou tard, par sa suprématie démographique, il scellera la fin de l’Etat d’Israël, l’Etat sioniste à majorité juive. Cela, le Hamas, le Fatah et tous les Palestiniens le savent. Cela, la gauche et le centre sionistes israéliens le savent, de même qu’une partie de la droite nationaliste. Seule s’aveugle sur cette vérité l’extrême droite sioniste et messianique, irréductible partisane du Grand Israël et de « la terre que Dieu a donné aux Juifs. »

Le Hamas mise sur ce miroir juif de lui-même. Par d’opportunes campagnes d’attentats, le terrorisme palestinien a toujours « voté » pour la droite sioniste car celle-ci héberge le parti des colons. Ainsi en 2001, il vota Sharon, alors leader du Likoud, contre Barak. En 2003, il revota Sharon contre Mitzna. Celui-ci proposait pourtant de négocier sans conditions avec Arafat. C’est encore le cas en 2009. Face aux offensives terroristes palestiniennes, les Israéliens serrent les rangs. Ils choisissent les partis de droite et de droite extrême, les plus déterminés à « casser du Palestinien. » La pluie des Qassam visait à faire voter les Israéliens en ce sens. Pari tenu. Le mouvement israélien Shalom Archav - Peace Now dénonce aujourd’hui le doublement de population juive programmé en Cisjordanie et le danger, sous la houlette du nouveau gouvernement Netanyahu (Likoud), que « l’expansion des colonies croisse rapidement avec l’intention clairement affirmée de rendre impossible toute solution à deux Etats. » Sur ce dernier point Hamas et droite sioniste se trouvent en parfait accord politique.

L’équipe de Kol Shalom".


Mots-clef : Proche-Orient, Hamas, Israël

Franc-Maçonnerie : Interdit Aux Esclaves Et Aux Femmes

En France, le principal courant maçonnique, le Grand Orient de France, a décidé samedi à une majorité de 56 % de refuser l’initiation de femmes ou l’affiliation de sœurs dans ses ateliers. (Edit : cette règle a enfin été abandonnée en 2010). Une majorité de ce courant reste donc toujours fidèle à un texte fondateur qui stipule que "Les personnes admises en tant que membres d’une loge doivent être des hommes bons et sincères, nés libres, d’âge mûr et pleins de sagesse, ni esclaves, ni femmes, ni hommes immoraux ou de scandale, des hommes de bonne réputation".

Pour un milieu qui, souvent, fustige les religions pour leur caractère rétrograde, il n'y a pas de quoi être fier... Libération révèle même que des loges locales qui avaient initié des femmes ont subi des sanctions. Le Monde cite ce commentaire d'un franc-maçon : "La loge est un endroit fermé, particulier, et nous souhaitons y travailler en masculinité", propos qui n'empêche pas cet initié de récuser tout "sexisme". On pourrait accepter cet argument pour une sortie entre vieux copains, pas pour une organisation qui veut oeuvrer au progrès de la société. Et un lecteur du même journal ricane : "le Grand Orient utilise pourtant, pour écarter les femmes, les mêmes arguments que les ascètes chrétiens et les imams. Ironique, non ?" N'oublions pas néanmoins que le Grand Orient n'est pas toute la franc-maçonnerie française. Vous trouverez aussi des précisions dans un article de la Libre, qui précise aussi dans quels termes ce débat se présente en Belgique.


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Mots-clef : franc-maçonnerie, loges, femmes, féminisme, grand orient

Dieudonné à Bruxelles, Dieudonné à Strasbourg ?




Dieudonné se place doublement sous les projecteurs de l'actualité : d'abord en se présentant comme candidat "antisioniste" aux élections européennes du 7 juin. Ensuite en venant à Bruxelles prononcer une conférence. Le bourgmestre de Saint-Josse a tenté d'empêcher la soirée pour des raisons d'ordre public, mais le Conseil d'Etat n'a pas jugé ces raisons suffisantes.
Les commentaires sur certains sites permettent une fois de plus de constater que décidément, Dieudonné a deux remarquables attachés de relations publiques : l'ignorance et la manipulation.

Nombre de ses défenseurs sont persuadés que si une série d'organisateurs annulent ses spectacles, c'est uniquement parce qu'on l'a, je cite, "banni tel un lépreux pour un sketch où il représente un colon juif extrémiste". Il faut donc rappeler que le 26 décembre dernier, "Dieudo", qui avait déjà défendu Gollnisch quand celui-ci avait été attaqué pour propos négationnistes, a fait acclamer Robert Faurisson, condamné à plusieurs reprises pour ses thèses niant la Shoah ( « le mythe des chambres à gaz est une gredinerie", « Il n'a jamais existé une seule chambre à gaz d'exécution chez les allemands, pas une seule"). Il lui a fait remettre un prix par un technicien déguisé en déporté juif (décidément, Desproges avait raison, on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui). Même Jean-Marie Le Pen, présent dans la salle, a trouvé cela "peut-être un petit peu choquant".
Combien dans le public de Dieudonné savent-ils que celui-ci a été exclu de l'association Euro-Palestine pour ses fréquentations d'extrême-droite et négationnistes ?
Voilà pour l'ignorance. La manipulation, on l'a vue à l'oeuvre après le baptême de la fille de Dieudonné, dont le parrain n'est autre que le même Jean-Marie Le Pen. Après l'événement, on a vu circuler une vidéo, un extrait de spectacle dans lequel Dieudonné brouillait les cartes et présentait cette histoire de parrainage - sans jamais la nier explicitement - comme une invention destinée à faire parler de lui. Résultat, on a eu droit à des centaines de commentaires sur le thème "Dieudo est génial, il a fait gober ce canular à ces imbéciles de journalistes" - bien que Le Pen, tout comme des religieux catholiques, aient bien confirmé que oui, le parrainage en question n'était pas un canular mais bien une réalité. Notons en marge que la cérémonie était dirigée par l’abbé Laguérie, intégriste qui avait célébré en 1996 les obsèques du bourreau pro-nazi Paul Touvier.

De beaux voyages...

Faurisson, que Dieudonné accueille sur les photos ci-dessus, faisait partie en 2006 des négationnistes qui se sont rendus en Iran pour participer à la conférence organisée par Ahmadinejad.. Tiens, coïncidence, Dieudonné s'est lui aussi rendu en Iran en 2006, et il a participé la même année à une manifestation de soutien au régime iranien avant de retourner en visite de grande sympathie à Téhéran en 2007. Ce qui serait piquant si ce n'était ignoble, c'est que Dieudonné se présente comme un défenseur de la liberté d'expression, et qu'il sympathise avec un régime dont Amnesty International note : "Ces dernières années, de nombreuses personnes ont été victimes d'arrestation arbitraire, de procès inéquitable et d'emprisonnement pour avoir simplement exprimé leurs convictions.(...) Au nombre des autres sujets de préoccupation d'Amnesty International, citons la détention prolongée, souvent assortie d'un maintien au secret, le recours à la torture et aux mauvais traitements contre les prisonniers et notamment l'application de peines cruelles, inhumaines et dégradantes". L'Union Européenne a condamné "la fermeture de journaux, de magazines et de l’agence de presse "Iranian Labour News Agency" ainsi que les arrestations et les persécutions dont font l’objet des journalistes, des blogueurs et des défenseurs des droits de l’homme". Dieudonné se rend aussi, en 2006, et joue, en 2008, en Syrie, dont Amnesty International note que les tribunaux "prononcent souvent des peines d'emprisonnement très sévères à l'encontre des personnes soupçonnées d'être des opposants au régime", et où les journalistes et blogueurs ont souvent les honneurs des cellules. Le chevalier de la libre expression fera le voyage de 2006 en compagnie d'Alain Soral (dont l'itinéraire a erré du Parti Communiste au Front National et à la fondation de sa propre association « néonationaliste »), de Thierry Meyssan (oui, l'homme de "L'Effroyable Imposture", ) et de Fréderic Chatillon, jadis étoile du Groupe Union Défense, le GUD, formation de l'extrême droite française dont la dialectique s'exprimait notamment par la batte de base-ball. (Il est vrai que la libre expression, Dieudonné en a montré sa conception quand il a affirmé - évidemment sans aucune preuve - que Bruel soutenait personnellement l'armée israélienne (sic) et que le chanteur trouvait normal "qu'on tue des enfants palestiniens". Bruel, qui avait fait jouer ensemble, en symbole de paix, un pianiste israélien et un pianiste palestinien, n'a pas apprécié, et cette diffamation a valu une condamnation à Dieudonné).

... et de curieuses alliances

C'est donc une inquiétante nébuleuse qui se coagule autour de l'humoriste politicien : le gratin du Front National côtoie (dans un espace VIP, quand même) les jeunes des banlieues lors de spectacles-meetings, les conspirationnistes du 11 septembre font leur jonction avec l'ultra-droite (logique, ça), un site catholique intégriste qui soutient l'évêque négationniste Williamson (oui, celui de la gaffe du Pape) exulte devant le baptême célébré par l'abbé Laguérie et salue en Dieudonné un "national-révolutionnaire"... Cette ratatouille ne plaît pas à tout le monde, y compris chez ceux auxquels le public de Dieudo est susceptible de prêter l'oreille : le rappeur Joey Starr déclare : "On se demande s'il n'a pas confondu combat et fonds de commerce", le comédien Thomas N'gijol (qui est d'origine camerounaise, comme Dieudonné) s'exclame : "Il y a une arabe sur les affiches du FN, Dieudo fricote avec Le Pen, et y'a un rasta (NB : Doc Gynéco) à L'UMP... Moi je sais pas où je vais finir, c'est vrai ! Au Ku Klux Klan, peut-être ? ". N'empêche que ces voix discordantes sont loin de couvrir les rugissements d'un public conquis d'avance parce qu'il croit se reconnaître dans le manipulateur qui arpente la scène. Dieudonné, drapé dans la bannière de l'antisionisme, banalise auprès de ces jeunes une extrême-droite qui pourtant a autant de haine pour les beurs et les blacks que pour les juifs, qui titre toujours que "L'Immigration Ruine la France" ou que "Sarkozy veut métisser les français, pas les arabes", etc. Jeu de manipulations complexes dans lesquels on trouve aussi bien des personnages douteux en quête d'un nouvel avenir politique que des Etats à la recherche de leviers en Europe. Dieudonné se présente comme un candidat anti-sioniste, c'est un escroc et il importe que, comme la liste Euro-Palestine, les organisations qui soutiennent la lutte des Palestiniens le dénoncent comme tel.
Mots-clef : Dieudonné, Saint-Josse, élections européennes, Soral, Meyssan, GUD, FN, Le Pen, anti-sionisme

Robert Johnson : Sweet Home Chicago


Une voix haut perchée, plutôt fine, une guitare acoustique Gibson L1, et 27 ans d'existence : c'est peu, selon les standards d'aujourd'hui, pour laisser une trace dans l'histoire de la musique. Robert Johnson (1911 - 1938) n'eut pas besoin de plus pour laisser un sillage qui éblouit encore. Vous trouverez plus de détails à son sujet ici et sur bien d'autres pages : l'oeuvre de ce musicien est l'une des fondations du blues et du rock. Innombrables sont les adaptations de ses compositions, comme par exemple ce "Sweet Home Chicago".

Keith Richards, des Rollingstones, a paraît-il demandé la première fois qu'il a entendu Johnson " Who's the other guy playing with him ? ", "Qui est l'autre type qui joue avec lui ? " - or Johnson jouait seul...
Cette vidéo comporte quelques "trous" dans le son, mais les images d'époque ont trop de charme...



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mardi 24 mars 2009

Buddy Guy, Eric Clapton etc : Sweet Home Chicago


Vous avez bien la version originale de Robert Johnson dans l'oreille, celle qui figure dans l'article précédent ? OK. Laissez passer quelques années, nous voici à Dallas en 2004, pour le Crossroad Guitar Festival. Et revoici "Sweet Home Chicago". Aux guitares, Buddy Guy (en grande forme !) et Eric Clapton, mais aussi Robert Cray (noir à la chemise blanche), Jim Vaughan (blanc à la chemise noire - frère de feu Stevie Ray Vaughan) ; le monsieur très cool qui porte un chapeau et un costume est Hubert Sumlin, moins connu mais grande pointure.



Mots-clef : Buddy Guy, Eric Clapton, Jim Vaughan, Robert Cray, Robert Johnson, Hubert Sumlin, blues, sweet home chicago

mercredi 11 mars 2009

Vidéo : Miles Davis, Coltrane etc. : So What


Premier morceau de l'album Kind Of Blue (1959), "So What" est un tournant du jazz, improvisation modale sur une grille d'accords simplissime, par des musiciens qui se fatiguaient des labyrinthes harmoniques du bop.

Miles Davis - of course -, maître de cérémonie, à la trompette, John Coltrane - of course - au saxo, Winton Kelly au piano, chacun hallucinant dans son genre... Davis qui revient dans le solo de piano, rien qu'avec les deux notes du riff... Le thème qui survit à la fin sur la basse solitaire de Paul Chambers, soutenue par la seule batterie de Jimmy Cobb... Beauté, exploration, fièvre sereine.





Mots-clef : Miles Davis, John Coltrane, Kind of Blue, So What, modal, jazz

Vidéo : So What, Herbie Hancock and Friends


Hé oui, encore le "So What" de la vidéo précédente ! Encore que ... ce n'est pas tout à fait le même, et ce n'est rien de le dire ! Cette fois, le maître de cérémonie s'appelle Herbie Hancock, et si l'ombre de Davis plane sur la scène, l'esprit comme le tempo sont pour le moins plus âpres que dans sa version, à faire rugir le public qui encaisse cette coulée de lave.

Tony Williams aux drums, Wayne Shorter au sax, Wallace Roney à la trompette (est-ce l'une de celles qu'il reçut de Miles ?), Ron Carter à la basse, et évidemment au piano, Hancock qui décolle d'une façon incroyable aux environs de 8'00.





Mots-clef : Herbie Hancock, Tony Williams, Wayne Shorter, Wallace Roney, Ron Carter, jazz, so what

Pétition : régularisation des sans-papiers !


« Je soutiens les sans-papiers sur leur chemin vers la dignité... ». Un badge et une pétition en faveur de l’application de l’accord de gouvernement sur la régularisation des sans-papiers. Pour rappeler au Premier Ministre, à la Ministre de la politique d’asile et de migration mais aussi à l’ensemble des membres du gouvernement les engagements qu’ils ont pris en mars 2008.

Pour une régularisation juste des sans-papiers !
Pour l’application de l’accord de gouvernement !
Pour des critères clairs !
Pour la prise en compte de l’ancrage durable !

Lancée le 16 janvier 2009, cette pétition avait reçu ce 11 mars reçu 11657 signatures. Le texte complet et la possibilité de signer électroniquement se trouvent ici. Attention, si vous vous demandez "Mais ne l'ai-je pas déjà signée ?", il est possible de lancer une recherche dans la liste des signataires, pour éviter les doublons.

Mots-clef : sans-papiers, pétition

Fortis : Banque Publique ?


Les "oui", les "non" et les "peut-être" se succèdent en ce moment concernant l'avenir de Fortis. L'on n'évoque guère, parmi les scénarios possibles, celui proposé dans Tribune, l'organe de la CGSP (Centrale Générale des Services Publics, syndicat membre de la Fédération Générale du Travail de Belgique), par le Vice-Président Fédéral Alain Lambert. Sa proposition a pourtant le mérite du bon sens. Je la lui emprunte et vous la soumets.

FORTIS, une banque publique ?
La chance à saisir !
Le fiasco du dossier Fortis est aussi une belle occasion pour l’État belge. Celle de prendre ses responsabilités en matière de politique économique ; celle aussi d’offrir aux petits épargnants la sécurité financière qu’ils méritent, via une grande banque publique. Fortis, mais aussi Dexia, Ethias ou encore KBC, ce sont plus de 20 milliards d’euros que nos gouvernements ont mis sur la table pour sauver les banques de la déroute. Chez nous, comme partout dans le monde, on assiste à la mise sous perfusion d’un système capitaliste à bout de souffle !
Sans même s’interroger sur l’opportunité de sauver le capitalisme (rappelons-le quand même, cette doctrine impose à tous les mêmes lois que la guerre : chacun pour soi et que le plus fort - le plus riche - gagne ; tout va s’autoréguler), les gouvernements ouvrent largement les bourses publiques. Par contre, ces mêmes gouvernements invoquent les « nécessaires équilibres budgétaires » lorsqu’il s’agit de venir en aide aux plus démunis...
Et quand l’État met la main au portefeuille, qui doit se serrer la ceinture in fine ? Les services publics, bien sûr ! Tant les agents que les usagers. Des usagers des services publics qui sont généralement déjà parmi les plus faibles au sein de notre société.
Autrement dit, une fois de plus, Reynders, l’homme qui continue à parler à l’oreille des riches, affaiblit encore les plus démunis pour renforcer les mieux nantis parmi les nantis !
Car c’est bien le contribuable qui paie la facture de la faillite de la sacro- sainte « autorégulation des marchés » chère au néolibéralisme. Alors que les banques continuent à frauder le fisc sans vergogne par le biais des paradis fiscaux pour assurer leur sauvetage, l’État n’a pas hésité à s’endetter lourdement. Résultat, toujours pas de lutte contre la grande fraude fiscale et l’augmentation de la charge de la dette publique est passée à 450 millions d’euros, soit un coût annuel de 100 euros par ménage (selon le bureau fédéral du plan) ! Merci Didier Reynders.
Alors nous pensons que, puisque le contribuable paie, il doit en bénéficier : l’État est aujourd’hui propriétaire de Fortis à 100%, et bien qu’il le reste !
Pourquoi une banque publique ?
L’État pourra ainsi en maîtriser les flux financiers, participer aux bénéfices et les réinvestir dans des projets éthiques, utiles sur le plan social et en faire profiter les citoyens et les travailleurs. Pour justifier les milliards injectés dans les banques, notre libéral ministre des finances a expliqué vouloir avant tout protéger les épargnants. Peut-être. Mais en cédant ensuite cette banque après l’avoir assainie à BNP Paribas, il privatise une fois de plus une entreprise après en avoir collectivisé les pertes !
Protéger les petits épargnants, ce serait plutôt leur offrir la sécurité et la solidité d’une vraie banque publique. Le « non » des actionnaires de Fortis à BNP Paribas nous en donne l’occasion. En devenant une banque publique,Fortis devrait aussi se recentrer sur les missions essentielles d’une banque : récolter l’argent sous forme de dépôts et le transformer en crédits, afin d’encourager les investissements dans des projets éthiques de développement durable qui, à leur tour, viendront soutenir l’emploi.
Épargner, en toute sécurité...
En tant qu’organisme public, Fortis banque pourrait être gérée sans impératifs de profits à court terme.Elle pourrait alors bannir de ses préoccupations toute activité spéculative et ainsi éviter de faire courir à ses clients des risques qu’ils n’ont pas choisis. Souvenons-nous du temps où la loi belge distinguait clairement épargne et finance,interdisant même aux banques de mélanger les genres.Les épargnants avaient alors le choix de prendre des risques ou non avec leurs économies en choisissant les banques où les déposer. Aujourd’hui, ils n’ont plus le choix puisque la loi permet aux banques d’épargne de se lancer dans les spéculations financières sans aucun gardefou. Et elles ne s’en privent pas.Ainsi, même si les petits épargnants ne veulent pas spéculer, les banques le font avec leur argent mais certes pas pour eux : le but est bien de maximiser les profits de la banque, pas de l’épargnant. On a vu le résultat ! Une banque publique fonctionne avec une tout autre approche.
À chacun son métier...
Ce n’est pas le métier des pouvoirs publics, rétorqueront certains. Mais ce n’est pas ce qu’on leur demande répondrons-nous. L’Autorité publique n’est là que pour baliser les objectifs de l’institution bancaire : priorité aux projets économiques et sociaux et non à la réalisation de bénéfices à court terme. Les parlementaires auront un rôle primordial à jouer en exerçant un contrôle démocratique sur la banque publique qui doit rester au service de l’intérêt général, d’une économie durable et de l’emploi. Garder Fortis aux mains de l’État, ce serait aussi la garantie de maintenir le centre de décision en Belgique. Loin d’un retour en arrière, la création d’une banque publique se justifie aujourd’hui plus que jamais. Les banques
privées viennent elles-mêmes d’en faire la preuve ! La crise actuelle, véritable faillite du système capitaliste et de son dogme du marché autorégulé, fait elle-même la démonstration que les pouvoirs publics doivent, plus que jamais, maîtriser l’organisation de la société. Elle nous offre par là même une formidable occasion de réaffirmer haut et fort la légitimité des services publics en réponse aux besoins sociaux. Ne la manquons pas !
Alain Lambert,
Vice-président de la CGSP fédérale.

Mots-clef : banque, banque publique, cgsp, fortis, secteur public, finances